
Bravant le sexisme, l’antisémitisme et les difficultés économiques, la galeriste Berthe Weill a fait le pari de miser sur des talents encore inconnus plutôt que sur des figures déjà sur le devant de la scène artistique, écrivant alors un chapitre encore méconnu de l’histoire de l’art moderne. Pourtant sa trajectoire, un temps presque effacée, n’est pas encore inscrite aujourd’hui au firmament des marchands d’art où figurent en bonne place Daniel-Henry Kahnweiler, Paul et Léonce Rosenberg, Ambroise Vollard ou Paul Guillaume. L’exposition Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde qui s’est tenue au Musée de l’Orangerie du 8 octobre 2025 au 26 janvier 2026 avait pour objectif de lui rendre la place qui est la sienne.
- Berthe Weill en quelques dates
- Le parcours de l’exposition
- Travail de recherche des archives
- « Ma résolution est inébranlable ; on verra bien ! »
- « J’achète les trois premiers Picasso »
- « Notre-Dame des Fauves »
- « Le cubisme soulève les passions »
- « Groupe des plus éclectiques »
- « Je dois lutter seule »
- En savoir plus
Photos ©humanitelles
Selon les commissaires de l’exposition, Marianne le Morvan, fondatrice et directrice des archives Berthe Weill, et Sophie Eloy, attachée de collection au Musée de l’Orangerie, cette exposition est le parcours d’une femme qui a fait de sa galerie un combat et qui, pendant 40 ans, a trouvé par l’art un biais d’émancipation.
Toutes les deux estiment que Berthe Weill a inauguré et tenu une place centrale parmi les marchands découvreurs, différents des grands marchands dont l’optique était plus capitaliste.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34
Combat que Raoul Dufy lui rappelle en 1907 en voyant la vitrine de sa galerie envahie de bibelots : « Vous avez l’air de lâcher la peinture, vous avez tort mille fois. Soutenez-nous tous, mais faites-le avec ardeur, sans mollesse, avec conviction ou ne le faites pas du tout, et alors un autre prendra votre place et il ne le faut pas. Allons, bon dieu, du courage, vous voyez bien que vous embêtez pas mal de gens déjà. Tâchez d’en embêter encore davantage et plus si cela est possible, trouvez un peu de galette, bon Dieu et allez-y ! »
« Place aux jeunes » En 1901, Berthe Weill ouvre une galerie au 25 rue Victor-Massé, dans le quartier de Pigalle, en bas de Montmartre. Elle choisit alors de s’engager aux côtés des artistes de son temps, en contribuant à leur révélation puis à l’essor de leur carrière. Parmi eux se trouvent certains des plus grands noms des avant-gardes, Pablo Picasso, Henri Matisse, Amadeo Modigliani, Suzanne Valadon, comme d’autres artistes moins en vue. Avec un enthousiasme et une persévérance sans faille, elle a été leur porte-voix et les a soutenus pendant près de quarante ans jusqu’à la fermeture de sa galerie en 1940, dans le contexte de la persécution des Juifs pendant la guerre.
Dès 1933, elle est la première marchande à publier ses souvenirs ; sous le titre Pan ! Dans l’œil…; elle relate trois décennies d’activité faisant œuvre de pionnière de ce genre littéraire qui, depuis, a fait de nombreux émules.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Berthe Weill en quelques dates
| 1865 | Berthe Weill naît à Paris au sein d’une famille juive modeste. |
| Vers 1880-1900 | Elle entre en apprentissage auprès d’un marchand d’estampes et de tableaux. À sa mort, elle décide de s’installer à son compte. En 1897, elle ouvre une boutique d’antiquités et d’objets d’art au 25 rue Victor-Massé. |
| 1901-1917 | Weill montre un intérêt grandissant pour la peinture des jeunes artistes. Aidée par l’agent catalan Pere Mañach auquel elle s’associe quelques mois, Weill transforme son commerce. La Galerie B. Weill est inaugurée le 1er décembre 1901. En 1903, elle loue la boutique adjacente à la sienne pour s’agrandir, continuant les expositions de jeunes artistes grâce à la vente d’antiquités financièrement plus profitable. |
| 1917-1920 | La galeriste s’endette pour déménager son activité au 50 rue Taitbout, dans un grand espace vétuste qu’il faut rénover. Du 3 au 30 décembre 1917, elle présente la seule exposition monographique de Modigliani qui fit scandale de son vivant. En 1920, la galerie déménage au 46 rue Laffitte dans un très grand espace avec un étage. La situation financière de Berthe Weill devient progressivement plus confortable. |
| 1921-1926 | Le rythme des expositions s’intensifie. La 100ème exposition a lieu du 14 au 18 février 1921, puis, en novembre, le premier Bulletin de la Galerie B. Weill est publié. La première exposition collective autour d’un sujet, « La Fleur », est organisée en 1925 avec la participation de près de 70 artistes. Désormais, une exposition thématique différente a lieu chaque fin d’année. La Galerie B. Weill fête ses « noces d’argent » – vingt-cinq ans d’activité – le 28 décembre 1926. |
| 1931-1933 | Berthe Weill commence la rédaction de ses Mémoires peu avant de fêter, en décembre 1931, le « jubilé » des trente ans d’activité de sa galerie par un bal d’enfants et un bal costumé. À cette occasion, elle organise une exposition de près de 100 artistes qu’elle a présentés depuis ses débuts. Pan ! dans l’œil…ou Trente ans dans les coulisses de la peinture contemporaine (1900-1930) est publié en 1933 chez l’éditeur et libraire Jacques Lipschütz. Quelques mois plus tard, Berthe Weill met en vente sa collection personnelle au salon Bollag, à Zurich, en Suisse. |
| 1934-1940 | La nouvelle Galerie B. Weill est inaugurée en 1934 au 27 rue Saint-Dominique. Comme symbole de renouveau, Berthe Weill reprend la numérotation de ses Bulletins à partir du numéro 1. Faute de moyens, elle doit pourtant vite arrêter les publications de la galerie mais rédige, à partir de 1938, des textes « prophétiques » imprimés sur ses cartons d’invitation. La dernière exposition identifiée de la Galerie B. Weill a lieu du 20 mai au 2 juin 1940. |
| 1941 | Weill se fracture le col du fémur en janvier. D’abord hospitalisée à Paris, puis cloîtrée chez elle, elle n’est pas dénoncée. Elle a placé une amie à la tête de sa galerie afin de contourner la loi d’« aryanisation » obligeant les marchands juifs à cesser leur activité. À la fin de l’année la galerie est définitivement fermée. |
| 1946-1951 | La Société des amateurs d’art et des collectionneurs organise en 1946 une vente aux enchères publiques en faveur de la marchande en mauvaise santé et devenue très pauvre. En 1948, elle est décorée de la Légion d’honneur peu avant une exposition « Hommage à Berthe Weill » à l’Akadémia Duncan à Paris. |
| 1951 | Le 17 avril, Berthe Weill meurt à son domicile de la rue Saint-Dominique, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ses obsèques ont lieu au crématorium du Père-Lachaise. |
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Le parcours de l’exposition
[Les six sections sont sous-titrées par une citation du livre Pan ! Dans l’œil.]
Le début de l’exposition présente des satiristes et des affichistes du début du XXᵉ siècle, artistes qui, à l’époque, sont à la mode. C’est aussi le quartier dans lequel s’inscrit la galerie de Berthe Weill, rue Victor-Massé, au cœur de la vie nocturne et des fêtes qui se déroulent dans le bas Montmartre.
Le parcours se poursuit par l’ouverture de sa galerie et les œuvres que l’on pouvait, bien sûr, y voir.
Puis l’exposition se focalise sur l’émergence du fauvisme, un moment extrêmement prégnant de cette histoire.
Ensuite, nous arrivons à la salle où nous faisons vraiment connaissance avec la marchande, puisque invisibilisée.
Enfin, nous parlons de son importance dans l’émergence du cubisme.
Et le parcours se continue par la place qu’elle prend dans l’école de Paris, et en particulier avec l’exposition de Modigliani, avant de montrer les œuvres souvent moins connues qu’elle a présentées dans l’entre-deux-guerres, et en particulier avec des artistes, qu’aujourd’hui, nous avons un petit peu oubliés.
Pour terminer l’exposition, nous avons voulu revenir sur la fin de l’histoire et de la galerie et de la vie de Berthe Weill. Nous faisons honneur à son intérêt pour l’abstraction, en montrant, notamment, une très belle composition d’Otto Freundlich.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34
Pour Sally Bonn, maître de conférence en esthétique à l’Université Picardie Jules Verne, auteure, critique d’art et commissaire d’exposition, Berthe Weill est une figure singulière du début du 20e siècle qui méritait sans aucun doute une exposition pour lui rendre hommage tant elle a participé par ses choix à l’art en train de se faire, avec un éclectisme étonnant dont rend compte l’exposition. Et cet éclectisme démontre une joie, une vitalité, une pugnacité et une énergie que les difficultés politiques, sociales – notamment l’antisémitisme et la misogynie – et financières n’emportent pas. Cet éclectisme déroute parfois, mais les œuvres présentées sont quand même majeures, et l’on découvre avec l’intérêt d’autres œuvres, elles oubliées.
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′
Travail de recherche des archives
Réussir à identifier les tableaux autrefois exposés était souvent difficile. Il a fallu travailler à partir des catalogues, dans lesquels il n’y a pas d’illustrations ni de dimensions. Nous sommes ici au plus près de ce qu’elle a véritablement exposé.
Il était important pour nous de montrer des documents qui témoignent de son activité éditoriale, par exemple.
Nous disposions de peu d’éléments avant que Marianne Le Morvan ne s’engage dans cette étude.
Ça nous a paru vraiment très important de ne pas seulement montrer les peintures, mais de laisser aussi une place à ce rapport plus intime à sa carrière.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34
Oui, selon Stéphane Corréard, éditorialiste au Journal des Arts, ce qu’il faut souligner c’est qu’il y a eu un travail de recherche très important sur ces activités, sur les archives de la galerie et sur la biographie de Berthe Weill qui, effectivement permet de rendre compte, d’une manière renouvelée, de l’effervescence artistique qui régnait à Paris au cours de la première moitié du 20e siècle qu’elle couvre. Car elle ouvre sa première boutique en 1897 à Montmartre et ferme sa dernière galerie en 1939, comme on peut s’en douter. C’est donc la réhabilitation d’une figure qui était jusqu’alors floue dans l’histoire de l’art, un nom que nous connaissions mais sans forcément y accoler une biographie et une activité. C’est une pionnière qui s’est battue contre vents et marées pour imposer sa vision de la peinture. Il y a une phrase issue de sa biographie publiée en 1933 qui la résume : « Cette vie, je me la suis faite ».
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′

Leonetto Cappiello (1875-1942), Vercasson (imprimeur), Odette Dulac, 1901
« Ma résolution est inébranlable ; on verra bien ! »
Berthe Weill, née à Paris dans une modeste famille juive d’origine alsacienne, est placée en apprentissage, très jeune, auprès de Salvator Mayer, un marchand d’estampes renommé. Elle apprend le commerce des œuvres d’art et rencontre les différents protagonistes de la scène artistique parisienne, ainsi que de nombreux collectionneurs. Peu après le décès du marchand en 1897, elle s’associe avec l’un de ses frères pour ouvrir une boutique d’antiquités et d’objets d’art, au 25 rue Victor-Massé dans le quartier de Pigalle, alors épicentre du Paris nocturne, des théâtres et des cabarets. Cette adresse se trouve en bas de Montmartre, où beaucoup d’artistes d’avant-garde vivent et travaillent, souvent dans une grande précarité. Sans ressources financières importantes, elle diversifie les activités de sa galerie pour trouver des solutions économiques viables. Elle vend des livres et expose des gravures d’artistes aux côtés d’œuvres d’illustrateurs et de caricaturistes tels Jules Chéret et Théophile Steinlen. Berthe Weill commence à se faire une réputation. Alors que l’antisémitisme virulent qui s’exprime en cette fin de XIXe siècle s’incarne dans l’affaire Dreyfus et divise dangereusement la France, elle prend position avec courage en exposant dans sa vitrine des volumes et dessins originaux en faveur d’Alfred Dreyfus et de son défenseur, Émile Zola.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Ils sont sept frères et sœurs. Comme elle a une constitution assez fragile, dans ses jeunes années elle va être placée par ses parents chez un cousin éloigné de la famille, Salvator Mayer, qui est marchand d’estampes rue Laffitte. Auprès de lui, elle va tout apprendre. Elle va apprendre à repérer les artistes émergents, qui sont nombreux à venir dans cette galerie ainsi que les rudiments du commerce. Elle va acquérir une maîtrise parfaite de la façon de rendre une boutique rentable. Elle va expliquer savoir le faire et ne pas appliquer les règles. Donc, je crois que son combat était d’un autre ordre.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34

Odilon Redon, Le Prisonnier [dit aussi Le Captif], vers 1880
L’œuvre de Redon joue un grand rôle dans l’engagement de Berthe Weill pour l’art de son temps. Mayer, l’antiquaire chez qui elle avait fait ses classes, avait constitué un stock de dessins de l’artiste, que sa veuve cède ensuite à la jeune marchande. Celle-ci conclut : « Du nouveau, voilà qui doit nous plaire. Nous sommes attirés peu à peu vers cette fameuse école moderne qui doit régir ma vie : fatal penchant ! ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
« J’achète les trois premiers Picasso »
En 1900, Pere Mañach, le fils d’un industriel catalan, s’est établi comme marchand de tableaux à Paris, où il s’est donné pour mission de promouvoir la jeune génération espagnole. Il présente Berthe Weill à Picasso, tout juste arrivé de Barcelone. Elle lui achète des œuvres dès ce moment et repère dans l’atelier Le Moulin de la Galette, première grande toile que le peintre de vingt et un ans exécute à Paris. Elle le vend à un prix important pour un si jeune artiste. Ainsi, elle réalise une quinzaine de ventes, avant même l’exposition « Picasso » à la galerie d’Ambroise Vollard l’année suivante.
En 1901, à trente-six ans, Berthe Weill, aidée par Mañach, transforme sa boutique, qui devient la « Galerie B. Weill » – son prénom n’est pas mentionné, sans doute pour faire oublier qu’elle est une femme. Elle est officiellement inaugurée le 1er décembre avec une exposition qui rassemble un ensemble de diverses œuvres très récentes de Pierre Girieud, Fabien Launay et Raoul de Mathan, ainsi que des terres cuites d’Aristide Maillol, qui rencontre peu de temps après le succès pour ses bronzes. Le critique d’art Gustave Coquiot signe une préface pour le premier catalogue.
Berthe Weill, qui repère les talents émergents dans le vivier des Salons, les encourage à se présenter à sa galerie, se constituant ainsi une notoriété de découvreuse.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Ce qui est intéressant dans sa trajectoire, c’est qu’elle est une sourcière. Elle a un bâton de sourcier pour trouver les talents les plus prometteurs. Elle va être souvent la toute première à présenter en galerie des artistes qui, alors, sont complètement inconnus et qui vont devenir très rapidement célèbres. C’est elle qui sera la première à vendre Pablo Picasso à Paris. Ce qui va l’intéresser, c’est de constater ce bouillonnement artistique et de vouloir devenir la porte-parole de tout ce foisonnement.
Elle est la première marchande de Matisse, de Maillol. Elle va être la première marchande des artistes dits fauves. On a Derain, de Vlaminck, Matisse de nouveau, Metzinger, Bonnard. Elle va exposer Picabia avant les autres. Elle va beaucoup s’intéresser à l’avant-garde cubiste.
Elle va être la première marchande d’Alfred Réth, de Diego Rivera, Mexicain à Paris, de Fernand Léger. Elle va être la seule à exposer Modigliani du vivant de l’artiste, en 1917. Elle va beaucoup exposer les femmes peintres et sculptrices : Hermine David, Suzanne Valadon, Émilie Charmy, Alice Halicka, Meta Vaux Warrick Fuller.
Oui, Meta Vaux Warrick Fuller, artiste africaine-américaine venue en France parfaire sa formation. Elle a été remarquée par Rodin, qui l’a encouragée à continuer, et elle fait partie de la toute première exposition de la galerie de Berthe Weill, avec une œuvre qui s’intitule Les Malheurs, qu’on a pu retrouver. Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34
L’exposition s’ouvre avec la figure de Picasso et se clôt sur cet artiste par une lettre exposée que Berthe Weill lui écrit où elle lui dit : « Dans quelques jours on doit m’expulser », c’est en 1939, « faute de paiement de loyer, etc. », et elle lui demande de lui prêter des dessins qu’elle pourrait vendre pour continuer à exister. Il y a quelque chose d’un peu tragique, estime Sally Bonn, dans cette espèce de mouvement de boucle. Malheureusement, l’histoire ne nous dit pas si Picasso a répondu favorablement à sa requête, commente Stéphane Corréard.
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′

Pablo Picasso (1881-1973), La Mère, 1901

Jacqueline Marval (1866-1932), Minerve, 1900

Pablo Picasso (1881-1973), La Fin du numéro, 1901

Pablo Picasso (1881-1973), L’Hétaire [ou Courtisane au collier de gemmes], 1901
Très vite, la carrière de Picasso prend son envol. Il se focalise sur la vie parisienne, les lieux de divertissement, reflétant son désir d’être vu comme un observateur de la vie française moderne plutôt que comme un peintre espagnol. Weill présente une première exposition en avril 1902, puis le montre à nouveau à des dates très rapprochées malgré l’absence de vente, alors que Mañach retourne en Espagne et que leur association prend fin. Dès 1904, l’intérêt des collectionneurs pour Picasso est très vif.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Clownesse Cha-U-Kao, 1895
Weill cesse progressivement de montrer les artistes emblématiques du Montmartre de la fin du XIXème siècle mais reste attachée à l’œuvre de Toulouse-Lautrec, alors surtout célèbre pour ses affiches. En 1904-1905, elle défend son travail avec conviction et ténacité. Elle n’expose pas ce tableau mais un pastel (non localisé) sur le même sujet, une danseuse de cabaret qui a inspiré un ensemble d’œuvres à Lautrec.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Fabien Launay (1877-1904) – Victorien Fabien Vieillard dit Fabien Launay,
Le Tournesol, 1902

Henri Matisse (1869-1954), Le Lit [dit aussi Ma chambre à Ajaccio], 1898

Pablo Picasso (1881-1973), Nature morte, 1901

Henri Matisse (1869-1954), Première nature morte orange, 1899
En avril 1902, je vends pour la première fois une peinture de Matisse » se souvient Berthe Weill dans ses Mémoires. Elle souligne quelques lignes plus loin les débuts difficiles de l’artiste : « Henri Matisse, clerc de notaire, lâche tout pour la peinture, à l’exemple de Gauguin. C’est très dur, n’est-ce pas Matisse ? […] Natures mortes de qualité, figures qui me stupéfient ; j’en pris quelques-unes pour essayer d’y intéresser les gens ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Paco Durrio, Pot anthropomorphe, entre 1900 et 1905

Paco Durrio (1868-1940), Broche : Égyptienne au serpent, avant 1904

Paco Durrio (1868-1940), Boucle de ceinture, avant 1904

Paco Durrio (1868-1940), Pendentif, avant 1904

Jean Metzinger (1883-1956), Champs de pavots, 1904

Robert Delaunay (1885-1941), Paysage aux vaches, 1906

Raoul Dufy (1877-1953), Paysage en Provence, 1905
L’artiste fait ses débuts sur les cimaises de Berthe Weill, à qui il vend un pastel en 1902. Il est régulièrement associé au groupe « Fauve » par la marchande, bien qu’un peu en marge de ce courant. Weill tisse avec Dufy de solides liens d’amitié et de confiance au fil d’une relation au long cours faite d’encouragements mutuels. Il est l’artiste le plus montré avec une exposition personnelle et 35 expositions collectives.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Raoul Dufy (1877-1953), La Rue pavoisée, 1906

Émilie Charmy (1878-1974), Piana Corsica, 1906

Maurice de Vlaminck (1876-1958), Le Restaurant de la Machine à Bougival, 1905

Maurice de Vlaminck (1876-1958), Le Cultivateur, 1905

Béla Czóbel (1883-1976), Nus de garçons [dit aussi Garçons assis], 1907

Béla Czóbel (1883-1976), L’Homme au chapeau de paille, 1906
L’exposition particulière de Béla Czóbel en mars 1908 a un succès moral très appréciable « […] je le crois très doué », écrit Weill se souvenant d’avoir organisé la première exposition de l’artiste hongrois en France. Elle porte un intérêt très vif à son œuvre fortement imprégné de fauvisme. Alors qu’il est violemment attaqué par des critiques xénophobes, elle contribue à le distinguer parmi ses contemporains. Adolphe Basler, marchand critique et relation professionnelle de la galeriste, est probablement le sujet de ce portrait.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
« Notre-Dame des Fauves »
La salle VII du Salon d’automne de 1905 réunit les peintures de Matisse, Maurice de Vlaminck, André Derain, Albert Marquet… Elle est jugée inacceptable par beaucoup de critiques en raison de l’affranchissement des règles de la perspective et du modelé au profit de l’exaltation des couleurs pures, ainsi que d’une simplification des formes. Un buste placé au centre de la pièce fait écrire au critique Louis Vauxcelles dans un article du Gil Blas : « C’est Donatello parmi les Fauves. » La formule plaît tellement que la salle est rebaptisée « la cage aux Fauves ».
La Galerie B. Weill prend une part importante dans la reconnaissance de ce mouvement en présentant régulièrement des expositions collectives qui rassemblent les différentes configurations du groupe, constitué principalement d’élèves de Gustave Moreau, réunis autour de Matisse. Elle commence à s’intéresser à ces artistes dès 1902, bien avant le scandale du Salon d’automne. Lorsqu’il éclate en 1905, ces peintres ont déjà été montrés plusieurs fois chez la marchande. L’année précédente elle a demandé au critique Roger Marx, fervent défenseur de cette constellation, de préfacer le catalogue d’une exposition, œuvrant ainsi stratégiquement à créer le contexte nécessaire à leur reconnaissance. De même, elle a contribué à faire de Raoul Dufy, dont elle est proche, un artiste fauve contre la volonté de Matisse, qui refuse de l’accueillir dans son cercle. Bientôt Weill constate que « les Fauves commencent à apprivoiser les amateurs ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

André Derain (1880-1954), Pont de Charing Cross, vers 1906
Derain expose à la Galerie B. Weill à partir d’octobre 1905, peu avant qu’il ne s’engage avec Ambroise Vollard qui l’encourage à effectuer deux séjours à Londres – dont est issue cette composition caractéristique du fauvisme. En 1907, il rejoint le marchand Daniel-Henry Kahnweiuler cependant que Weill, qui a contribué à son éclosion, continue à vendre régulièrement ses œuvres jusqu’à la fin des années 1930.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026


Raoul de Mathan (1874-1938), La Cour d’assises, 1908
Raoul de Mathan (1874-1938), Le Cirque, 1909
Raoul de Mathan, marqué par le deuxième procès d’Alfred Dreyfus auquel il a assisté en 1899, capture dans ses œuvres la théâtralité des salles d’audience. En 1908 et 1909, il peint deux toiles aux formats comparables représentant la cour d’assises puis le cirque, suivant des compositions qui se font écho. Exposé dès l’inauguration de la Galerie B. Weill en 1901, Mathan participe régulièrement, entre 1902 et 1920, à la programmation de Weill qui le qualifie de « peintre de talent ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Pierre Girieud (1876-1948), Nu au bas noir, 1905
Cette œuvre est exposée à la Galerie B. Weill en décembre 1905 aux côtés d’Émilie Charmy, Othon Friesz et Jean Metzinger. Girieud vient alors de montrer cinq tableaux au Salon d’automne. Le critique Louis Vauxcelles le compte parmi les « oseurs, [les] outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et au sots le droit de rire ». Weill montre son travail en 1901, dans l’exposition inaugurale de la galerie, puis jusqu’en 1934.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Émilie Charmy (1878-1974), Autoportrait, 1906-1907
Impressionnée par les peintures d’Emilie Charmy au Salon des indépendants de 1905, Berthe Weill décide aussitôt de promouvoir son travail, louant l’indépendance d’une artiste qui ne fait partie « d’aucune chapelle ». Cette rencontre marque le début d’une amitié qui unit les deux femmes jusqu’à la disparition de la marchande. Elles s’épaulent et tissent des liens quasi familiaux. Weill présente les œuvres de l’artiste pendant près de trente ans au fil de 30 expositions.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Émilie Charmy et Berthe Weill, c’est une histoire d’amitié de toute une vie. Elles se rencontrent en 1905 au Salon des indépendants. C’est probablement l’artiste que Berthe Weill a le plus montré, le plus souvent.
Émilie Charmy est une artiste que l’on peut associer au fauvisme au début, avec ses peintures de Corse, dont nous montrons un exemple dans l’exposition. Mais elle est surtout connue pour ses très nombreux autoportraits. Celui que nous montrons est un tableau où elle se représente elle-même de façon extrêmement simple, frontale, sur un fond d’une couleur assez indéterminée, un peu vert. Elle a les bras presque le long du corps, juste un peu déhanchée, en affirmant, en revanche, la modernité de sa silhouette, de son visage. Elle se montre maquillée avec du rouge à lèvres, un regard très perçant. Elle regarde son interlocuteur, spectateur, avec des cheveux dans une coupe courte et très moderne, une robe assez simple, une sorte de marinière. En fait, ce tableau est très simple, mais il a une très grande force en ce sens que c’est une peinture qui est extrêmement directe et qui nous parle sans aucun détour. C’est probablement l’une des choses qui ont séduit Berthe Weill dans la personnalité d’Émilie Charmy, et pas seulement dans sa personnalité, mais aussi dans sa peinture, puisque c’est une histoire qui a ces deux dimensions. Ce n’est pas seulement une amie, ce n’est pas seulement une peintre, elle est les deux.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34

Pierre Girieud (1876-1948), Portrait de l’artiste peintre Émilie Charmy, 1908

Kees Van Dongen (1877-1968), La Jarretière violette, vers 1910

Émilie Charmy (1878-1974), Portrait de Berthe Weill, 1910-1914
Charmy représente Weill, sa marchande et surtout son amie avec, comme attribut, une montre-bracelet, signe ostensible de son statut professionnel. Le portrait, peu conventionnel, évoque les chemins inhabituels qu’elles ont toutes deux choisis, poursuivant des carrières passionnément indépendantes. Weill a exposé Charmy 30 fois en vingt-huit ans.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
« Le cubisme soulève les passions »
Le rôle joué par Berthe Weill dans la présentation des œuvres cubistes a été presque oublié, bien qu’elle ait accompagné dès leurs débuts beaucoup d’artistes dont la carrière a connu une période cubiste. Ainsi, elle montre les œuvres de Jean Metzinger, qu’il soit néo-impressionniste, fauve ou cubiste, de 1903 à 1922, avant une ultime exposition en 1939. Elle contribue dans l’ombre, comme elle l’avait fait quelques années plus tôt avec les fauves, à façonner une avant-garde qui partage la leçon de Paul Cézanne sous des formes multiples. La galeriste insiste sur les difficultés à faire apprécier cette peinture, tandis que le débat qui fait rage depuis 1912 autour de la réception du cubisme exprime souvent, sous des dehors de querelle esthétique, des considérations à caractère nationaliste. Certains réclament, sans succès, que les cubistes soient interdits d’exposition dans les bâtiments publics ; d’autres souhaitent différencier « les indépendants français et les indépendants étrangers ». Lorsque le mouvement s’éparpille, peu avant la guerre, la marchande a montré presque tous les protagonistes du cubisme. Exceptionnellement, elle programme en 1914 trois expositions personnelles consacrées à Jean Metzinger, Alfréd Réth et Diego Rivera.
Elle porte ensuite ses efforts sur ceux que Georges Braque nommait les « cubisteurs » : André Lhote, Louis Marcoussis, Léopold Survage, Alice Halicka…
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Diego Rivera (1886-1957), Tour Eiffel, 1914
En 1914, lorsque Berthe Weill organise une exposition personnelle de peintures de Diego Rivera, c’est la première fois que l’œuvre du peintre mexicain arrivé en Europe en 1907 est montré à Paris. Guillaume Apollinaire le remarque et le juge « pas du tout négligeable ». Weill, au risque de minimiser le talent qu’elle promeut, rédige la préface du catalogue de l’exposition sous forme d’une tribune à l’humour acide sur le danger d’encenser trop tôt les artistes.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Albert Gleizes (1881-1953), Le Port (Marseille), 1912
En 1913, Weill expose ensemble Fernand Léger, Albert Gleizes et Jean Metzinger peu après que les deux derniers ont publié le traité Du cubisme en marge de l’exposition de la « Section d’or », à la galerie La Boétie à Paris. Au même moment, Guillaume Apollinaire retrace les origines du mouvement dans Les Peintres cubistes. Malgré ces efforts coordonnées, la galeriste insiste sur les difficultés à faire apprécier cette peinture : « Trois peintres cubistes notoires […] exposent un ensemble qui doit porter… fiasco ! « .
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

André Lhote (1885-1962), Le Port de Bordeaux, 1914
Berthe Weill, comme le marchand Eugène Druet, montre les peintures d’André Lhote dès 1910, puis régulièrement jusqu’en 1937. Elle apprécie le travail du peintre, qu’elle ne se décourage pas de vendre : « Reviendra-t-il, le temps où mon ami André Lhote, lors de sa première exposition d’ensemble, rue Victor-Massé, vendit le tout ? Peut-être ! Le bel ensemble qu’il présente ici, en ce joli mois de mai [1925], tentera-t-il les amateurs ? Eh ! bien ! non !… Je puis vous assurer qu’ils ont tort… »
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Alice Halicka (1894-1975), Nature morte au violon, 1918
Weill soutient l’œuvre d’Halicka en l’associant à quatre expositions collectives et en lui organisant en 1922 une présentation personnelle couronnée de succès. Dès 1914, Apollinaire la remarque, soulignant « des dons […] qui lui permettent de construire savamment son tableau sans déformer la composition ». Berthe Weill montre l’œuvre de la peintre dans sa galerie jusqu’en 1926, et leur relation illustre l’exemplarité de la marchande dans la promotion des artistes femmes.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Jean Metzinger (1883-1956), Nu debout, 1911

Odilon Redon, Étude de torse, 1911
Weill se souvient : « Les acheteurs du Musée de Lyon, menés par Jacques Martin, le grand peintre lyonnais connu, viennent et m’achètent une superbe aquarelle de Jongkind et une très belle et très importante peinture d’Odilon Redon ». Martin est probablement entré en contact avec la galeriste par l’entremise de la plus proche amie de Weill, Emilie Charmy. Celle-ci avait suivi les cours de Martin, qui lui avait fait rencontrer le cercle de l’école moderne de peinture lyonnaise.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
« Groupe des plus éclectiques »
Au début du XXe siècle, des artistes du monde entier viennent chercher l’émulation et la reconnaissance à Paris. Berthe Weill participe à cette effervescence en rendant visibles des talents qui cherchent à échapper aux discriminations ainsi qu’aux difficultés économiques. Ils sont natifs de partout en Europe, des confins de l’Empire russe, de Norvège, de Pologne, d’Espagne, d’Italie ou de Grèce jusqu’à l’Empire austro-hongrois, ou même les États-Unis. Sa curiosité la conduit à donner leur chance à des artistes, ne suivant aucun dogme, mais plutôt son instinct, son œil et ses sympathies. Elle adopte une position engagée en participant, exposition après exposition, à la lutte contre certains défenseurs d’un bon goût français aux résonances xénophobes et antisémites. Si le nom de Berthe Weill est étroitement associé aux avant-gardes de la première moitié du XXe siècle, elle s’intéresse également à des personnalités n’appartenant à aucun courant précis. L’attention qu’elle porte aux jeunes artistes ne faillit jamais, malgré les vicissitudes, et c’est ainsi qu’elle encourage, en organisant une ou plusieurs expositions, des figures aujourd’hui dans l’ombre ou parfois tombées dans l’oubli.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Pour Sally Bonn, il faut quand même signaler et souligner les très grandes difficultés que Berthe Weill a rencontrées tout au long de sa vie. Issue d’une famille très modeste, elle ne bénéficiait pas, comme ses collègues masculins, d’un apport. Elle n’a donc pas pu constituer une collection. Et ce qu’on voit c’est que, dès son installation en 1901 rue Victor Massé, elle commence à découvrir, Picasso, par exemple, mais aussi Matisse. La liste des artistes dont elle a participé à la reconnaissance est absolument étourdissante. Et on peut être un peu surpris quand on parcourt l’exposition par une forme d’éclectisme. Il y a des cubistes, il y a des fauvistes, on finit par l’abstraction création. Raoul Dufy, Marquet, Gleizes, Léger et des peintres qu’on connaît moins, voire qu’on ne connaît pas. Et donc cet éclectisme est intéressant aussi parce qu’il est le signe à la fois de son intérêt, de son énergie et de sa vitalité. Quand elle dit « Place aux jeunes », elle a vraiment cette volonté de montrer l’art en train de se faire. Donc, on est, avec cette exposition et la figure de cette galeriste, dans un moment de pure actualité. Mais cette pure actualité est foncièrement liée aux difficultés qu’elle a rencontrées. En effet, la plupart des artistes qui passaient par sa galerie, qu’elle découvrait, allaient dans d’autres galeries puisqu’elle n’arrivait pas à les suivre, ne pouvait pas leur donner l’argent, etc., puis finalement disparaissaient. Donc elle a été obligée de suivre un mouvement permanent parce que les artistes changeaient de galerie.
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′
Une figure mal connue mais, pour Stéphane Corréard, digne d’un soap dans une télénovela. C’est quand même rare que les galeristes soient les héros de ce genre de feuilleton, parce que femme et juive, qui doit en effet combattre toute sa vie pour s’imposer avec un certain flair et surtout une grande dose de courage. Son flair est réel, elle est la première à exposer Picasso et Matisse, mais ce flair est aussi généreux parce qu’elle en a exposé 300. Il y a effectivement beaucoup de seconds couteaux dans l’exposition, néanmoins, elle transforme ses faiblesses en force. Elle est condamnée à la découverte par son manque de moyens.
Juive, Berthe Weill accompagne aussi avec peut-être plus d’ouverture que les autres marchands de son époque le cosmopolitisme de l’École de Paris. Parce que, si l’on ne prend que les Français de souche dans cette École, il n’y a personne, il y a Dufy et Braque. Tous les autres sont des étrangers et, certes, ils ont été bien accueillis à Paris mais Berthe Weill les a encore plus accueillis, avec encore plus d’ouverture, et là on voit effectivement des peintres comme Archipenko, un Ukrainien qui est venu à Paris, qui est resté peut-être dix ans en France, mais avec très peu de succès. Diego Rivera, le Mexicain qui est ici représenté par une Tour Eiffel de 1914 très étonnante et très réussie. Effectivement, elle repère les artistes tôt. Elle fait le pari de la jeunesse. Je voudrais également évoquer un très beau portrait d’Émilie Charmy par Pierre Girieud sur fond orange, lumineux, magnifique et une très belle et très subtile nature morte de 1921 de Paul-Elie Gernez, un tout petit artiste qui appartient au musée de Strasbourg.
Et effectivement, ces lacunes, par exemple le fait que beaucoup de ces œuvres – c’est très bien indiqué sur les cartels – parfois on ne sait pas si elles sont passés par sa galerie, parfois il y a des doutes, parfois ce ne sont pas celles-là mais d’autres finalement. Ça crée quelque chose d’extrêmement émouvant je trouve dans cette quête que les commissaires ont eue d’aller à la redécouverte de cette femme dont on a effacé les traces. Car le problème n’est pas qu’elle a laissé peu de traces, il réside dans le fait qu’on les a effacées.
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′

Édouard Goerg (1893-1969), Portrait de Mademoiselle W [Berthe Weill], 1926

Raoul Dufy, Trente ans ou la Vie en rose, 1931
Depuis 1925, Berthe Weill convie chaque année « ses » artistes à une exposition thématique. Ils y présentent une œuvre, exécutée pour l’occasion ou une plus ancienne. En décembre 1931, celle consacrée à « La Joie de vivre » célèbre également les trente ans d’existence de la galerie. Dufy peint alors une des représentations hédonistes qui faisaient dire à Gertrude Stein: « Dufy, c’est le plaisir ». Le tableau témoigne également de l’amitié sincère entre la marchande et l’un des artistes qu’elle a le plus montrés.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Ça paraît vraiment très important de ne pas seulement montrer les peintures, mais aussi de laisser une place à ce rapport plus intime à sa carrière.
Je pense à un grand format de Raoul Dufy, qui était très mystérieux jusqu’à encore quelques années, qui appartient au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. C’est un tableau tout rose, avec un grand bouquet de fleurs sur un guéridon, avec une atmosphère très alerte, parce que Raoul Dufy est un artiste joyeux. Il y a un bonheur et une atmosphère douce qui se dégagent de ce tableau. En plus, comme il est grand, nous sommes tout de suite projeté.e.s dans la couleur. En bas de ce tableau, il y a une inscription « 1901-1931, 30 ans ou la vie en rose ». Une phrase très mystérieuse, jusqu’à ce que je comprenne, qu’en fait, il s’agit d’une toile qui a été peinte pour une des expositions à thème que Berthe Weill faisait en fin d’année. L’année des 30 ans de la galerie, c’était sur le thème de la joie de vivre.
Ce tableau appartenait à une femme formidable, Mathilde Amos qui était l’héritière d’une brasserie de l’est de la France et qui a mis sa fortune au service du mécénat d’artistes. Elle achetait beaucoup d’œuvres auprès de Berthe Weill. Cette œuvre a été achetée directement pour l’anniversaire des 30 ans de la galerie, le soir de l’accrochage.
Mathilde Amos a eu un destin absolument tragique. Puisqu’elle avait fait don de sa collection au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, certaines toiles y étaient déjà installées et le reste était en usufruit, resté dans son appartement. Malheureusement, elle va périr dans un très grand incendie, avec toutes les toiles. Donc, cette œuvre témoigne aussi d’un petit miracle et du souvenir des gens qui ont participé à la grande aventure de la galerie. Pour qu’on n’oublie pas Mathilde Amos. Elle est un peu dans l’aventure en étant présente à travers ce tableau.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34

Jules Pascin (1885-1930), Deux femmes couchées, 1927

Jules Pascin (1885-1930) , Portrait de Mme Pascin (Hermine David), 1915-1916
Après leur rencontre en 1910, Weill expose Pascin dans sa galerie à 23 reprises. La présence de la marchande lors des grands moments de la vie de l’artiste atteste de leur proximité. Ainsi, elle est assise à sa droite au dîner célébrant ses quarante ans. Peu après le suicide du peintre, en 1930, elle conclut Pan ! dans l’œil… par : « Et ce dernier mot à la mémoire de mon pauvre Pascin […] C’est pour moi, un devoir pieux de clore ces mémoires par ces quelques mots dictés par l’amitié ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Jules Pascin (1885-1930), Claudine au repos, 1913
Au travers des lettres et des souvenirs rédigés par l’homme politique américain Carter Harrison IV, ancien maire de Chicago, on peut retracer l’achat qu’il fait de ce tableau, parmi un ensemble d’œuvres d’artistes français, à Berthe Weill, rencontrée en 1921. Lors de l’Exposition universelle de 1933 à Chicago, il tient à faire une place à l’art parisien, et notamment aux œuvres contemporaines que lui-même collectionne. Il donne ces peintures en 1936 au musée de sa ville, l’Art Institute.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Paul-Elie Gernez (1888-1948), Nature morte, 1921
Esprit inventif, audacieux et original, Weill suit courageusement son instinct sans fléchir devant les préjugés et les ressources financières des autres marchands d’art, souvent plus importantes que les siennes. Ainsi en 1917, elle organise, à l’instigation du poète d’origine polonaise, Léopold Zwoboroski, la seule exposition personnelle consacrée à Modigliani de son vivant. L’écrivain Blaise Cendrars, fervent admirateur du peintre, préface le catalogue avec un rapide poème intitulé « Sur un portrait de Modigliani ». Le 3 décembre 1917, trente-deux œuvres, surtout des peintures, sont dévoilées rue Taitbout, où la galerie a déménagé au cours de la même année. Quatre nus devenus emblématiques sont présentés. Leurs poils pubiens apparents déclenchent le scandale et le désordre, qui braquent le projecteur sur la Galerie B. Weill. Le commissaire du poste de police situé en face ordonne à la marchande d’ »enlever toutes ces ordures ! », exerçant sa censure pour « outrage à la pudeur ». L’échec commercial de l’exposition est cuisant malgré les cinq œuvres achetées par Weill pour soutenir Modigliani dont elle admire la peinture. Elle note dans pan ! Dans l’œil… « Nus somptueux, figures anguleuses, portraits savoureux. »
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Amedeo Modigliani (1884-1920), Femme au ruban de velours, vers 1915

Amedeo Modigliani (1884-1920), Nu au collier de corail, 1917
Pour la brochure publiée par Berthe Weill en accompagnement de l’exposition de 1917, Blaise Cendrars écrit : Sur un portrait de Modigliani / Le monde intérieur / Le cœur humain avec ses 17 mouvements dans l’esprit et le va-et-vient de la passion. » L’absence de précision du catalogue sur les quatre nus présentés dans l’exposition ne permet pas de prouver définitivement la présence de ce tableau, qui fait partie de la vingtaine de nus féminins peints par Modigliani dans les dernières années de sa vie.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Suzanne Valadon (1865-1938), La Chambre bleue, 1923
Lorsqu’en 1913 Weill commence à montrer les œuvres de Valadon, celle-ci dessine et peint depuis une vingtaine d’années. L’artiste noue une relation régulière et fructueuse avec la marchande, qui contribue au développement de sa renommée et constate « le succès ascendant de Valadon. Mais que de détracteurs ! Son grand mérite est, malgré tout, de ne faire aucune concession… grande artiste ! ». Les deux femmes affirment leur détermination, leur audace et leur faculté à transgresser les règles.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Suzanne Valadon (1865-1938), Nu à la couverture rayée
[dit aussi Gilberte nue assise sur un lit], 1922

Alfréd Réth (1884-1966), Forme dans l’espace, 1934
Formé à Nagybánya, creuset du modernisme hongrois, Réth s’installe à Paris en 1905 où il profite de l’enseignement de l’école de peinture de Jacques-Emile Blanche et fréquente le salon de Gertrude Stein, écrivaine et collectionneuse. Berthe Weill montre son œuvre dans une exposition personnelle, en 1914, au moment où il explore les chemins du cubisme, puis à la fin des années 1930, alors qu’il s’est engagé auprès du groupe Abstraction-Création dont le but est de promouvoir et de diffuser l’art abstrait.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026

Alfréd Réth (1884-1966), Les Cyclamens, 1912
Berthe Weill fait le choix de promouvoir les artistes sans préjugés de genre ou d’école. Ainsi, elle montre avec obstination l’œuvre d’Émilie Charmy, de Suzanne Valadon, soulignant que « la lutte de la femme est dure et il faut […] une force de volonté exceptionnelle pour sortir à peu près indemne de cette fange ». Fidèle, elle apprécie la peinture d’Odette de Garets dès 1924 et continue ensuite à vendre ses peintures jusqu’en 1940. Elle laisse libre cours à ses enthousiasmes, de Georges Capon pour qui elle organise cinq expositions personnelles de Georges Kars.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
Et elle porte une attention particulière à l’art des femmes, ce qui est quand même assez particulier et rare à l’époque constate Stéphane Corréard. Deux, notamment, sont excellemment représentées dans l’exposition : Suzanne Valadon qui, maintenant, est bien reconnue avec les expositions récentes, notamment deux tableaux sublimes, dont Le Nu à la couverture rayée qui appartient au musée d’art moderne de Paris et Émilie Charmy, une personnalité qui est aussi en train d’affirmer sa singularité. Il y a un autoportrait velouté de 1906-1907 qui est à la fois puissant et d’une grande délicatesse. Hermine David qu’on connaît comme la compagne de Pasquin est ici représentée par une éblouissante suite de quatre gravures. Pour moi, ça a été une découverte totale, je connaissais son nom comme modèle mais je ne pensais pas que c’était une artiste aussi intéressante. Il y a une des premières artistes afro-descendante américaine, Meta Vaux Warrick qui était venue à Paris étudier chez Rodin. Il y a une sculpture très belle, mais c’est une petite sculpture. C’est peut-être une faiblesse de l’exposition qui, pour montrer l’éclectisme, a multiplié le nombre d’artistes. Certes cela a pour vertu de donner moins de place à l’histoire officielle mais ne permet pas de saisir la personnalités des figures moins connues.
Source : Audio. Critique expo : L’hommage mérité à Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, Les Midis de Culture, France Culture, 13 novembre 2025, 11′

Kees van Dongen (1877-1968), La femme au canapé, avant 1920

Emilie Charmy (1878-1974), Autoportrait, 1906

Suzanne Valadon (1865-1938), Portrait de Mme Zamaron, 1922

Odette des Garets (1891-1967), Brodeuse, 1927

Georges Kars (1880-1945), Portrait de femme, 1926

Georges Émile Capon (1890-1980), La Java, 1925

Kees Van Dongen (1877-1968), La Perruche, vers 1910
« Je dois lutter seule »
À la fin des années 1930, Berthe Weill choisit de montrer des artistes qu’elle n’a pas encore promus. Elle s’attache alors à des tenants de l’abstraction, proches du groupe « Cercle et Carré », puis de l’association « Abstraction-Création ». C’est ainsi qu’elle décide en 1939 d’exposer les œuvres d’Alfred Réth ou celles d’Otto Freundlich dans la galerie qu’elle occupe, depuis 1934, rue Saint-Dominique, et qu’elle devra bientôt fermer en conséquence des mesures antisémites prises à partir de 1940. Berthe Weill, qui ne publie plus de bulletins après 1935, accompagne certains de ses cartons d’invitation de courtes pensées. Sous l’Occupation, elle n’est pas arrêtée mais vit dans un grand dénuement. En 1946, une vente aux enchères est organisée pour mettre fin à ses difficultés financières. Elle regroupe plus de quatre-vingts œuvres offertes par des amis de longue date, artistes et galeristes concurrents. Berthe Weill peut alors prendre sa retraite. En 1951, à sa disparition, elle a défendu plus de trois cents artistes et organisé des centaines d’expositions aux quatre adresses successives de sa galerie : 25 rue Victor-Massé ; 50 rue Taitbout à partir de 1917 ; 46 rue Laffitte de 1920 à 1934, et enfin 27 rue Saint-Dominique.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026


1. Jeanne Kosnick-Kloss (1892-1966), Composition, 1934
2. Otto Freundlich (1878-1943), Composition, 1939
Elle assumait parfaitement le terme de féminisme. Le fait d’être installée en tant que femme seule, en tant que marchande dans un milieu masculin est évidemment très féministe.
Elle ne va pas faire de dissociation sur l’accrochage. Elle va exposer des peintres, qu’ils soient femmes ou hommes, de la même manière.
Et c’est comme cela que nous terminons l’exposition, sur la présentation de deux peintures, l’une d’Otto Freundlich et l’autre de sa compagne, Jeanne Kosnick-Kloss. Berthe Weill a montré les deux de la même manière, sans faire de différence entre les artistes hommes et les artistes femmes.
Source : Vidéo. EXPOSITION BERTHE WEILL – Entretien avec les commissaires, Musée de l’Orangerie, Youtube, 25 novembre 2025, 10’34

Seule marchande d’art figurant dans l’ensemble des portraits exécutés par César Aubin, Berthe Weill est distinguée des autres effigies, presque toutes solitaires, par la compagnie d’André Derain, Pablo Picasso, Fernand léger, Georges Braque et Marc Chagall. Ils l’entourent amicalement alors qu’elle est caricaturée en mère juive. Le dessinateur livre un instantané de la scène artistique parisienne, un an avant la publication des souvenirs de Berthe Weill, écrivant tous deux la même histoire avec chacun sa propre irrévérence.
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026






César Aubin (1892-1974) – Leurs figures 56 portraits d’artistes, critiques et marchands d’aujourd’hui avec un commentaire de Maurice Raynal, 1932

Louis Cattiaux (1904-1953), La Vierge attentive [dit aussi La Vierge à l’étoile], 1939
Entre 1936 et 1939, Weill invite Cattiaux à montrer ses œuvres dans sa galerie et lui consacre une exposition personnelle. Cette peinture au couteau et caractéristique d’une première étape picturale saluée par le journal Marianne (21 juin 1939), qui déplore que « le métier probe, l’attitude sans atermoiements ni servilité de Cattiaux, ont déplu, et le silence a trop souvent accueilli les manifestations de ce peintre qui mérite pourtant un autre traitement ».
Source : Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde, Musée de l’orangerie, 8 octobre 2025 – 26 janvier 2026
En savoir plus
Berthe Weill
Wikipédia
Audio. La galeriste Berthe Weill, découvreuse des grands artistes du début du XXe siècle, à l’honneur au Musée de l’Orangerie
Julien Baldacchino
France Inter, 12 janvier 2026, 1′
En vidéo : le flair prodigieux de Berthe Weill, qui a révélé Modigliani et tant d’autres génies
Juliette Touin
BeauxArts, 9 décembre 2025
Qui est Berthe Weill, la première galeriste française exposée au musée de l’Orangerie ?
Zoé Schulthess Marquet
Vogue, 20 novembre 2025
Pan ! Dans l’œil de Berthe Weill, visionnaire de l’art moderne
Marie Simon Malet
The Gaze of a Parisienne, 16 octobre 2025
Au Musée de l’Orangerie, les trésors de Berthe Weill, galeriste éclectique
Philippe Dagen
Le Monde, 12 octobre 2025 (Abonné.e.s)
Berthe Weill au musée de l’Orangerie : portrait d’une galeriste qui aimait les jeunes
Valérie Gaget
France Info, 11 octobre 2025
Au musée de l’Orangerie à Paris, une grande marchande oubliée des artistes de l’avant-garde sort de l’ombre
Jérôme Coignard
Connaissance des arts, 2 octobre 2025
Pan ! dans l’œil !… ou trente ans dans les coulisses de la peinture contemporaine 1900-1930
Berthe Weill
Préface de Marianne Le Morvan
Éditions Bartillat, 2025
Qui était Berthe Weill ?
Marianne Le Morvan
Fonds d’archives de la galeriste d’avant-garde Berthe Weill, 2021
BERTHE WEILL (1865-1951)
Marianne Le Morvan
Doctorante en histoire de l’art, auteur de la première biographie de la marchande de tableaux : « Berthe Weill, La petite galerie des grands artistes (1865-1951) », L’écarlate, 2011
Berthe Weill, galeriste (Paris, vers 1865 – L’Isle-Adam, avril 1951)
Françoise Job
In Se convertir, Archives Juives, 2002/1, Vol. 35, Les Belles lettres, pp. 147- 151
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