
Les portraits des femmes astronomes brossés dans cet article émanent d’une synthèse effectuée à partir du livre de Yaël Nazé Femmes astronomes, paru en 2022 aux éditions du CNRS dans la collection « Biblis ».
Les références ajoutées ne font que compléter la bibliographie présente dans l’ouvrage. Et pour aller beaucoup plus loin dans la compréhension des découvertes de ces différentes astronomes, il faut absolument lire les encadrés présents dans chaque chapitre de la publication de l’autrice.
- La moitié du ciel
- Les astres chevelus. Le dévouement des deux Caroline
- La classification des étoiles. La patience d’Annie & Co
- Les étoiles pulsantes. Henrietta Swan Leavitt
- Les usines stellaires. Margaret Burbidge
- La matière noire. Vera Rubin
- Les phares de l’espace. Susan Jocelyn Bell
- Quelques liens sur la place des femmes en astronomie
Yaël Nazé nous met d’emblée au défi de citer cinq femmes scientifiques (Euh…)

et nous révèle, quelques lignes plus tard, que la plus ancienne femme astronome vivait au 24-23ème siècle avant notre ère. Un hiatus entre le narratif et la réalité. Une habitude me direz-vous !
La moitié du ciel
Partons à la découverte de l’astronomie au féminin. Et commençons par le commencement. Durant l’Antiquité, la fille de l’empereur babylonien Sargon Ier, En-Hedu-Anna, « prêtresse de l’ornement du ciel », dirige les observatoires.
La fille du roi égyptien Aganike (19ème siècle av. J.-C.) se consacre à l’étude du ciel.
La Grecque Aglaonike (5ème siècle av. J.-C.) comprend le mécanisme des éclipses de lune et passe aux yeux de ses contemporains pour une dangereuse sorcière.
Mujeres astrónomas y matemáticas en la antigüedad
Fundación Canaria Orotava de Historia de la Ciencia, juin 2004, 80 p.
Enheduana
Wikipédia
Vidéo. ENHEDUANNA, princesse-prêtresse et 1er écrivain du monde
La Nymphe et la Sorcière – Podcast, Youtube, 21 février 2025, 1 18′ 09
Vidéo. She Who Wrote : Enheduanna and Women of Mesopotamia, ca. 3400–2000 B.C.
The Morgan Library & Museum, October 14, 2022 through February 19, 2023, 4’24
Enheduanna : le premier auteur identifié de l’histoire était une autrice
Courrier international, 10 novembre 2022 (Abonné.e.s)
Vidéo. Lecture : She Who Wrote : Enheduanna and Women of Mesopotamia ca. 3400-2000 BC
The Morgan Library & Museum, Friday, October 14, 2022, 51’24
Vidéo. Enheduanna, première autrice de l’histoire – Culture Prime
Titiou Lecocq
France tv culture, Youtube, 17 mars 2022, 5’27
Vidéo. En’Hedu’Anna, une princesse éclairée | Femmes & science
Le Blob, Youtube, 29 décembre 2020, 3’35
Audio. Enheduanna : première poétesse de l’Histoire
Les Odyssées du Louvre, France Inter, 5 mai 2020, 17′
Enanedu et les prêtresses-enum du dieu Nanna à Ur à l’époque paléo-babylonienne
Charpin, Dominique and Béranger, Marine and Fiette, Baptiste and Jacquet, Antoine
ARCHIBAB 4. Nouvelles recherches sur les archives d’Ur d’époque paléo-babylonienne, 22, SEPOA, pp. 187-210, 2020, Mémoires de N.A.B.U.
Le premier auteur de l’histoire était une autrice
Titiou Lecoq
Slate, 7 juin 2019
Enheduanna, la Grande prêtresse du pays de Sumer
Orphélya, 20 avril 2019
En-hedu-Ana, une femme auteure en pays de Sumer au IIIe millénaire ?
Jean-Jacques Glassner
Topoi. Orient-Occident, 2009 Suppl. 10, pp. 219-231 In Femmes, cultures et sociétés dans les civilisations méditerranéennes et proche-orientales de l’Antiquité
La princesse Enheduana
Jean-Jacques Glassner
Pour la Science, n° 370 « Le femmes en Mésopotamie », août 2008, pp. 42-44 (Abonné.e.s)
Aganice ou Aglaonice de Thessalie
Wikipédia
Aglaonice of Thessaly – (Aglaonica / Aganice / Aganica)
Women’s Legacy
Hypathie (355 ou 370-415), fille du philosophe Théon attaché au Musée d’Alexandrie, écrit plusieurs ouvrages d’astronomie et de mathématiques, tous perdus aujourd’hui. Elle construit également un astrolabe pour l’évêque de Ptolémaïs, Synesius de Cyrène. Dans la cité d’Alexandrie, elle devient une légende vivante auprès de qui on vient chercher des conseils avisés. C’est le cas d’Orestes, le préfet païen romain à qui Cyrille, l’évêque local, cherche querelle. Celle-ci dégénérant, Cyrille cherche un coupable qui s’avérera être… une coupable. Hypathie, la charismatique néoplatonicienne, conseillère d’Orestes le païen, accusée d’empêcher les deux hommes de se réconcilier, sera écorchée vive et démembrée.

Hypatia, Alfred Seifert, before 1892 (1850–1901)
Hypatie
Wikipédia
Hypathie, mathématicienne et philosophe
L’histoire par les femmes
Hypatia of Alexandria
Encyclopedia.com
Hypatia of Alexandria
She is an astronomer
Hypatia
Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College
Hypatia of Alexandria
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Audio. Hypatie d’Alexandrie, enseigner les maths envers et contre tout
La saga des maths, france inter, 24 août 2025 (1ère diffusion le mardi 14 janvier 2025), 15′
Vidéo. Hypathie d’Alexandrie
FemmesetSciences, Youtube, 22 mai 2025, 3’44
Vidéo. Hypatie, dernière lumière d’Alexandrie (avec le Prof de Latin-Grec)
Maths en tête – Alexandre Morgan, Youtube, 4 décembre 2024, 12’56
Audio. Série. « Les femmes de science » Épisode 5/5 : Hypatie : la plus ancienne scientifique dont l’existence est attestée
Petites histoires de science, radiofrance, 4 juillet 2024, 17′
Derrière l’assassinat de la philosophe Hypatie d’Alexandrie, un sombre complot politique
Clelia Martínez Maza
National Geographic, 25 mars 2024
Audio. Hypatie d’Alexandrie, mathématicienne, astronome et philosophe néoplatonicienne
Le « vrai » métier des philosophes, France Culture, 22 août 2023, 3′
Hypatie : comment la philosophe d’Alexandrie a été assassinée
Marie-Françoise Baslez, professeur émérite d’histoire des religions de l’Antiquité, université Paris-Sorbonne
Le Monde Histoire & Civilisations, 4 août 2023
Audio.PODCAST. Hypathie, philosophe du IVe siècle, tuée pour avoir enseigné
Ouest France, 24 août 2022, 22’56
Hypatie d’Alexandrie : femme antique, figures contemporaines
Anne-Françoise Jaccottet
La Vie des idées, 27 décembre 2021
Hypatia d’Alexandrie, l’histoire d’une humaniste assassinée. Les récits des auteurs antiques
Odysseum, Ministère de l’éducation nationale, 27 octobre 2020
Hypatia, mathématicienne et astronome. Une révolution scientifique et culturelle
Odysseum, Ministère de l’éducation nationale, 27 octobre 2020
Les lettres de Synésios de Cyrène à Hypatia d’Alexandrie Un étudiant écrit à son professeur
Odysseum, Ministère de l’éducation nationale, 27 octobre 2020
Hypatia d’Alexandrie, « Le vacillement d’une civilisation »
Odysseum, Ministère de l’éducation nationale, 27 octobre 2020
1 Hypatia of Alexandria (355 or 370–415)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 51–64 (Abonné.e.s)
Vidéo. Hypathie d’Alexandrie, une étoile brillante de l’Antiquité
Futura – le média qui explore le monde, Youtube, 21 février 2018, 3’01
Autour du meurtre d’Hypathie
Christian Lacombrade
Pallas. Revue d’études antiques n° 2, 1954, pp. 17-28
Peu nombreuses dans l’Antiquité, la situation des femmes astronomes n’évolue guère au Moyen-Âge. Quelques reines dans l’empire byzantin, Fatima de Madrid dans le monde arabo-musulman, Hildegarde de Bingen, une moniale érudite en Europe, et une exception en Asie, Sonduk ou Sondak (610-650), fille du monarque du royaume de Silla en Corée. N’ayant pas de fils, il choisit sa fille pour lui succéder. Elle fait construire la Tour de la Lune et des étoiles considéré comme le premier observatoire d’Extrême-Orient.
Fátima de Madrid
Wikipedia
Vidéo. Fatima de Madrid, mathématicienne et astronome
Nuance, Youtube, 19 mai 2023, 51 »
Fátima de Madrid, entre el mito y la realidad
Elisa Garrido Moreno. Dpto. de Historia y Teoría del Arte (UAM)
AMIT – Madrid
Hildegarde de Bingen
Wikipedia
Hildegarde de Bingen. Une prophétesse visionnaire
Jean-Claude Schmitt, historien, directeur d’études à l’EHESS
BnF – Les Essentiels
Vidéo. Hildegarde de Bingen – Visionnaire du Moyen Âge
Daniela Bensch Official, Youtube, 8 décembre 2025, 15’37
Audio. S1 E1 : Hildegard Von Bingen, une religieuse visionnaire
Un orchestre à soi, Arts & spectacles, 2024, 5′ 23
Audio. Hildegard von Bingen, religieuse, scientifique, artiste
Musicopolis, France Musique, 8 avril 2021, 25′
Vidéo. Hildegarde de Bingen – l’abbesse savante – Mini-bio#25
Sur les épaules de géantes, Youtube, 19 septembre 2018, 2’59
Vers 1150, Hildegarde von Bingen, quatre siècles avant Copernic
Petites histoires des sciences, 1 avril 2015
Queen Seondeok of Silla
Wikipédia
Sondok
Encyclopedia.com
Et si, à la fin du Moyen-Âge et durant la Renaissance, les universités fleurissent en Europe, les femmes en sont exclues et les couvents fermés dans les pays protestants. La seule voie d’éducation possible est donc la famille, entre volonté paternelle, encouragements et participation aux travaux du mari.
Alors, filles de, femmes de, sœurs de ? Une réalité bien plus complexe !
Pour exemples, la Polonaise, Maria Cunitz, qui traduit les travaux de Kepler et améliore ses tables astronomiques, l’allemande Maria Margarethe Winkelman Kirch, qui découvre toute seule la comète de 1702 et à qui l’on propose le poste d’astronome de la cour du tsar.
Maria Cunitz
Wikipédia
Maria Cunitz
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Maria Cunitz’s Urania Propitia, Possibly the Earliest High-Level Printed Scientific Book Written by a Woman
History of Information.com
Vidéo. Women in Astronomy – Maria Cunitz
Introduction to Astronomy, Youtube, 1er mai 2024, 4′
Vidéo. Maria Cunitz Mini-bio#8
Sur les épaules de géantes, Youtube, 4 octobre 2017, 2’54
The 17th-Century Lady Astronomer Who Took Measure of the Stars
Leila McNeill
Smithonian magazine, March 2, 2017
Maria Cunitz, la ‘Palas de Silesia’
Marta Macho Stadler, doctora en matemáticas, profesora del Departamento de Matemáticas de la UPV/EHU y colaboradora en ::ZTFNews y la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU
Mujeres con ciencia, 12 septembre 2016
Maria Winkelmann
Wikipédia
Kirch, Maria Winkelmann (1670–1720)
Encyclopedia.com
Maria Margarethe Winckelmann Kirch
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Vidéo. Maria Kirch, bonne poire de la comète | Femmes & sciences
Le Blob, Youtube, 18 octobre 2021, 3’33
Vidéo. Maria Winkelman
Sur les épaules de géantes, Youtube, 17 mars 2021, 1’18
Maria Kirch, la première femme qui a découvert une comète, a été éclipsée par son mari
Numerama, 4 mai 2019
Entretien avec une astronome du XVIIe siècle
Qui était Jeanne Dumée ? Pourquoi n’a-t-elle pas osé publier Entretien ? Et quelle est sa place dans l’histoire en tant que femme de science ?
BnF, Gallica, 18 Octobre 2023
Sophie Brahe

Sophie Brahe, 1602
Sophie Brahe, sœur de Tycho Brahe, assiste son frère très jeune. Devenue veuve, elle se mesure à lui en élaborant un jardin qui s’avère être si réussi qu’il recommence le sien. Il lui enseigne la chimie. Elle devient une pharmacienne hors pair. Mais ce qui l’intéresse par-dessus tout, c’est de comprendre l’univers. Tycho Brahe considère sa sœur comme une incontestable collègue de travail. Beaucoup des résultats attribués à Tycho Brahe sont en réalité l’aboutissement d’un travail commun. Il souhaite inclure une lettre de Sophie dans l’un de ses ouvrages mais décède avant sa parution.
Sophie Brahe
Wikipédia
Chronologie : Sophie Brahe soeur de Tycho Biographie. Voici votre chronologie en 15 dates
Kronobase
Brahe, Sophia (1556–1643)
Encyclopedia.com
Sophia Brahe
She is an astronomer
The Astronomer’s Sister : Sophie Brahe
Michael Webster
Published by Michael Webster, october 2025
Vidéo. Women in Astronomy – Sophia Brahe
Introduction to Astronomy, Youtube, 24 avril 2024, 4′
Vidéo. Sophie Brahe Mini-bio#9
Sur les épaules de géantes, Youtube, 11 octobre 2017, 2’29
Sophia Brahe, astronome et horticultrice
Guillaume Laour
L’alguier d’Agathe de Gourcuff, 9 janvier 2017
La hermana del astrónomo, Sophia Brahe (1556-1643)
Sandra Ferrer Valero, periodista
Mujeres con ciencia, 26 de octubre de 2014
Sophia Brahe, astronome, médecienne, chimiste, horticultrice, alchimiste, astrologue, généalogiste
Les aventures d’Euterpe, 21 décembre 2012
Les Lumières
Passeuses de savoir, et pas seulement assistantes
Les Lumières se répandent sur l’Europe, et la situation évolue. Les femmes sont plus instruites, souvent grâce à la présence d’une père ou d’un frère. Celles qui sont privilégiées tiennent un salon, où il est question de science. Reine Lepaute et Marie-Jeanne de Lalande permettent à Joseph-Marie de Lalande de faire aboutir des calculs astronomiques difficiles. Gabrielle-Emilie de Breteuil, marquise du Châtelet, traduit en français les Principia de Newton.
De la salle à manger au Collège royal : les espaces savants des collaboratrices en astronomie de Jérôme Lalande
Isabelle Lémonon-Waxin
Cahiers François Viète, n° III-11, 2021, pp. 21-48
Galantes disciples ou curieuses interlocutrices : les femmes dans le dialogue scientifique, après Fontenelle
Armand Guilhem
Littérales, n° 48, 2021, pp. 129-154
Astronomie des dames
Colette Le Lay
Dix-Huitième Siècle , 2004, n° 36 , pp. 303-312 In Femmes des Lumières
Nicole-Reine Lepaute
Wikipédia
Nicole-Reine Lepaute
Encyclopedia.com
Nicole-Reine Etable de Labrière Lepaute
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Nicole-Reine Lepaute
She is an astronomer
Nicole-Reine Lepaute (1723-1788)
Philippe Garcelon
PG Astronomie
Naissance de la mathématicienne et astronome Nicole-Reine Lepaute
Françoise Combe, professeur au collège de France, membre de l’Académie des sciences
France Mémoire
Vidéo. Pleins feux sur les femmes des Lumières – Nicole Reine Lepaute
Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Youtube, 2 décembre 2025, 7’27
Trois siècles de femmes astronomes : Nicole-Reine Lepaute
Observatoire de Paris, 11 février 2023
Audio. Nicole-Reine Lepaute, chercheuse de comètes au XVIIIe siècle
Lavande Grimbert
Ici. radiofrance, 11 février 2023, 2′
Nicole-Reine Lepaute, la minuciosa e incansable astrónoma calculadora
Marta Macho Stadler es doctora en matemáticas, profesora del Departamento de Matemáticas de la UPV/EHU y colaboradora en ::ZTFNews y la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU
Mujeres con ciencia, 5 de enero de 2022
Nicole-Reine Lepaute et l’Hortensia
Guy Boistel, Docteur en histoire des sciences et des techniques, Lauréat de l’Académie de Marine (Centre François Viète, Nantes)
CC, n° 108, Hiver 2004, pp. 13-17
Marie-Jeanne de Lalande
Wikipédia
Marie-Jeanne Amélie Harla – de Lalande
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Marie-Jeanne (dite Amélie) Lefrançois-de Lalande (1768–1832)
Observatoire de Paris, 17 février 2023
Amélie Le Français de La Lande, la calculadora astronómica que ayudó a los navegantes a conocer su latitud
Marta Macho Stadler es doctora en matemáticas, profesora del Departamento de Matemáticas de la UPV/EHU y colaboradora en ::ZTFNews y la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU.
Mujeres con ciencia, 12 mai 2021
Vidéo. Marie-Jeanne de Lalande – Calculatrice infatigable – Micro-bio 13
Sur les épaules de géantes, Youtube, 9 septembre 2020, 1’18
Émilie du Châtelet
Wikipédia
Châtelet, Émilie du (1706–1749)
Encyclopedia.com
Emilie du Châtelet
Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College
Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil Marquise du Châtelet
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Entre science et philosophie : Émilie du Châtelet, figure majeure de l’Europe des Lumières
Andrea Reichenberger
EHNE, Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe
Vidéo. La chandelle d’Emilie du Châtelet
Maths en tête – Alexandre Morgan, Youtube, 12 novembre 2025, 9’57
Audio. Émilie du Châtelet et le calcul différentiel
La saga des maths, France Inter, 24 août 2025 (1ère diffusion le mardi 14 janvier 2025), 16′
Audio. Série. « Vulgariser les sciences, une histoire » – Épisode 1/4 : Émilie du Châtelet, la science à la vitesse des Lumières
Le Cours de l’histoire, France culture, 16 juin 2025, 58′
Vidéo. Emilie du Châtelet plus que la traductrice de Newton #shorts
Sur les épaules de géantes, Youtube, 10 septembre 2024, 56 »
Émilie du Châtelet : divulgadora de Newton y Leibniz en Francia
Alejandro Pla, profesor de Filosofía
Mujeres con ciencia, 2023
Emilie du Châtelet, ou l’ambition audacieuse d’une femme de science
Denis Delbecq
Le Temps, 27 décembre 2023 (Abonné.e.s)
Vidéo. La passionnée – Emilie du Châtelet – Sur les épaules de géantes #7
Sur les épaules de géantes, Youtube, 23 octobre 2019, 10’18
Audio. Emilie du Châtelet (1706 – 1749)
Le Mardi des auteurs│09-10, France Culture, 1er octobre 2006, 1 28′
Mary Fairfax Grieg Somerville

Mary Fairfax, Mrs William Somerville, 1780 – 1872, Thomas Phillips
Mary Fairfax Grieg Somerville, illettrée jusqu’à l’âge de 10 ans, tombe un jour sur un article relatif à l’algèbre. Son intérêt pour la science et les mathématiques, sa soif d’apprendre inquiètent sa famille qui lui confisque ses chandelles pour l’empêcher d’étudier le soir. Elle se met à résoudre les problèmes mentalement. Forcée de se marier à un cousin, mais veuve rapidement et ayant hérité, elle peut se consacrer à l’étude. Elle épouse en seconde noce un autre cousin, le médecin William Somerville, qui, conscient de l’intelligence de sa femme, l’incite à continuer ses activités. Le couple correspond avec le mathématicien Laplace. Le souhait est émis que Mary traduise en anglais la Mécanique céleste de ce dernier qu’elle est une des rares à comprendre. Elle ne se contente pas de traduire l’ouvrage abscons. Elle vérifie tous les calculs, le complète avec des schémas et explicite tous les résultats de manière claire. William recopie les manuscrits et relit les épreuves. Son introduction à la Mécanique céleste est si remarquable qu’elle la développe en un livre à part. Le co-découvreur de Neptune, Adams, reconnaîtra son influence sur ses travaux. Elle se joindra aux premiers combats en faveur des droits des femmes.
Mary Somerville
Wikipedia
Somerville, Mary Fairfax (1780–1872)
Encyclopedia.com
Mary Somerville
She is an astronomer
Mary Fairfax Greig Somerville
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Mary Fairfax Somerville
Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College
Vidéo. Passeuse de science – Mary Somerville – #Mini-bio 40
Sur les épaules de géantes, Youtube, 2 octobre 2019, 3’45
Vidéo. Mary Somerville, autrice de bestsellers scientifiques #shorts
Sur les épaules de géantes, Youtube, 1’32
5 Mary Fairfax Greig Somerville (1780–1872)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 87–95 (Abonné.e.s)
Mary Somerville (1780-1872)
Nieves Zuasti Soravilla, profesora de Enseñanza Secundaria (IES Virgen de la Paz)
Mujeres con ciencia, 24 agosto 2017
En Chine, Wang Zhenyi, fervente partisane de l’égalité homme-femme, rédige plusieurs traités d’astronomie à propos de la précession des équinoxes ou des éclipses. Son neveu fera imprimer ses derniers travaux.
Wang Zhenyi
Wikipédia
Wang Zhenyi, astronome et poétesse chinoise
L’Histoire par les femmes
Wang Zhenyi
She is an astronomer
Vidéo. Wang Zhenyi : une pionnière des sciences en Chine !
Culture i, Youtube, 27 mars 2025, 1’32
Vidéo. Wang Zhenyi, l’étoile du XVIIIe siècle qui a révolutionné l’astronomie et la poésie en Chine
pantheonia, Youtube, 2 mars 2024, 1’20
Strong Women : Wang Zhenyi
Sofia Ng
Ava Technology, Jul 28, 2023
Wang Zhenyi (1768-1797) : una científica apasionada por la poesía
Yolanda Sáez del Río, licenciada en Ciencias Biológicas, profesora de Educación Secundaria y estudiante del Máster en Cultura Científica
Mujeres con ciencia, 6 août 2021
El universo de Wang Zhenyi
Arantza Muguruza Montero
Mujeres con ciencia, Vidas científicas, 4 enero 2018
Vidéo. Wang Zhenyi Mini-bio#7
Sur les épaules de géantes, Youtube, 20 septembre 2017, 2’15
Les succès romantiques
Des aptitudes spécifiques ! Les taches répétitives…
Les hommes dépensent beaucoup d’énergie à prouver que l’éducation serait nuisible aux femmes, que leur développement intellectuel se ferait au détriment de leurs organes reproducteurs, et que même si elles ont les compétences requises, il n’y a pas d’emploi pour elles. Une éducation de haut niveau serait la cause d’une concurrence néfaste entre les hommes et les femmes. Quant aux observations astronomiques, il est considéré comme contraire à la morale qu’une femme soit seule la nuit dans un observatoire. Leur présence n’est admise qu’en cas de pénurie de personnel. De nombreux professeurs d’université n’acceptent pas de dispenser leurs cours aux femmes. Cependant les premières universités féminines apparaissent, notamment aux États-Unis. Mais les femmes diplômées d’astronomie ont bien du mal à trouver du travail, ou bien celui qu’on leur confie est marqué par les clichés de l’époque. Considérées comme étant dotées de beaucoup de patience et aptes aux tâches répétitives, les femmes astronomes professionnelles et amatrices « choisissent » le peu de branches de l’astronomie où leurs prédispositions sont appréciées : étude des comètes, des astéroïdes, des étoiles variables ou des taches solaires. Ces travaux ne les exposent pas aux dangereuses vapeurs nocturnes et requièrent des talent de dessin, matière dans laquelle toutes les femmes de la bonne société excellent… Enfin, on leur confie les travaux indispensables mais très ennuyeux, comme remettre de l’ordre dans la nomenclature lunaire.
Engagées par les observatoires, quelques femmes deviennent des computers. Traiter les observations, les calibrer, les mesurer sont des travaux effectués par des esclaves féminines fort peu rémunérées.
Malgré le nombre croissant de femmes présent dans le domaine de l’astronomie à la fin du 19ème et au début du 20ème, la Royal Astronomical Society (RAS) au Royaume-Uni n’intègre que des hommes, mais accorde le titre de membres honoraires à Caroline Herschel et Mary Somerville par exemple. Il faudra attendre 1916 pour voir les premières femmes devenir membre de la RAS à part entière.
Plus récemment
En 2005, le président de l’université de Harvard déclarait « que des différences de nature génétiques, innées, jouaient un rôle dans la moindre réussite de la gent féminine en mathématiques et en sciences… ».
Le contexte n’est guère satisfaisant. On ne compte qu’un quart des étudiantes en fin de carrière académique, une situation encore pire dans les domaines scientifiques. Parmi les pays adhérents à l’Union astronomique internationale (UAI), la proportion de femmes en France était de 27% en 2021. Pas mal ! Par ailleurs, elle comptait de nombreuses femmes astronomes à des postes à responsabilité. Notons que la proportion de femmes astronomes professionnelles diminue en France comme partout ailleurs. La société, comme aux siècles derniers, a une immense influence : en Allemagne, abandon de la carrière scientifique incompatible avec un enfant ; en Italie, salaires peu gratifiants à l’université, celui de la femme est donc un salaire d’appoint : en Argentine, possibilité d’avoir des aides familiales à bas coût et différence de salaire importante entre diplômés et non diplômés, une situation favorable aux femmes scientifiques. Bref, la place des femmes dans les sciences reste minoritaire.
Les astres chevelus. Le dévouement des deux Caroline
Les deux Caroline se sont intéressées aux comètes, ces astres chevelus qui, depuis toujours, fascinent l’humanité.
Caroline Herschel

Caroline Herschel, Martin Francois Tielemans, 1829
Carolina Lucretia Herschel est née le 16 mars 1750 à Hanovre. Son père Isaac, jardinier, est devenu musicien dans l’armée prussienne grâce à un énorme travail. Sa mère Anna, illettrée, considère l’éducation comme un danger. Et si elle accepte qu’Isaac s’occupe de ses fils, il n’est aucunement question qu’il s’occupe de ses filles. Conscient de la soif de connaissance de Carolina, il lui enseigne en cachette le violon et lui apprend à reconnaître les constellations. Tombée gravement malade à deux reprises, défigurée et sans fortune, sa seule perspective est de devenir servante ou gouvernante, travail qui nécessite qu’elle apprenne le français. Hors de question pour la mère qui la réduit au statut d’esclave familiale à son service. En effet, son père et ses frères sont souvent absents. Ils accompagnent les troupes en tant que musiciens pendant la guerre de Sept Ans. Isaac, malade à son retour, reprend des cours à sa fille mais meurt précocement. Deux de ses frères, Alexander et William, partent pour l’Angleterre. Elle reste seule avec sa mère et deux autres frères qui la condamnent à « être la Cendrillon de la famille ». Se rendant compte de la situation de leur sœur, Alexander et William obtiennent, non sans peine, que Caroline les rejoignent.
William est devenu l’organiste de la Chapelle octogonale de Bath, et Alexander prend également part à la vie musicale de la cité. Ils espèrent faire de Caroline une chanteuse renommée. Entre l’apprentissage du clavecin, la répétition des chants seule, quelques notions d’arithmétique, Caroline devant s’occuper du budget et de la maison de son frère, elle passe de la tutelle de sa mère à celle de William. Ce dernier s’est découvert une nouvelle passion, l’astronomie. Ses devoirs musicaux et ce nouveau hobby ne lui laisse que peu de temps à consacrer à sa sœur qui acquiert une bonne maîtrise de sa voix, au point qu’elle peut entrevoir une belle carrière et l’accession à l’indépendance financière. Il n’est pas question de chanter sous la direction d’un autre que William. Et si elle continue un temps une activité musicale, sans être l’interprète principale, elle se tourne vers la nouvelle activité de William, l’astronomie. Comme elle se révèle très habile au polissage des miroirs, il l’emploie comme apprentie. Elle construit aussi des tubes de télescope en carton. La renommée de William grandit. Ses télescopes sont d’excellent qualité. Grâce à l’un d’entre eux, il découvre une planète. Une première ! Il la nomme Georgium Sidus en l’honneur du roi Georges III qui, pour le remercier, lui alloue une pension. William et Caroline abandonnent définitivement la musique. Il fournit à sa sœur un petit télescope et, tout aussi douée que pour le polissage des miroirs, elle découvre quatre nébuleuses et un amas inconnus. Elle envisage même de se lancer dans la confection d’un catalogue. Impressionné (et/ou envieux) des résultats de sa sœur, il décide de balayer lui-même l’ensemble du ciel en utilisant un télescope plus puissant. Il est vite confronté à un problème technique pour noter ses observations, l’utilisation de la lueur d’une chandelle ruine sa vision nocturne. La solution est Caroline qui se retrouve chargée de noter les observations nocturnes de son frère, et de les inventorier pendant la journée en vue d’une publication future.
Elle donnera littéralement de sa chair lors d’un accident où, après avoir glissé dans la neige, elle vient se planter sur un crochet de boucher.
Il lui arrive de mener ses propres observations. C’est ainsi qu’en 1986, elle fait la découverte d’une comète. Elle en prévient la Société royale et devient du jour au lendemain une sorte de curiosité : Une femme qui fait une découverte ! Et c’est ainsi qu’elle devient la première femme au monde à être payée pour faire de l’astronomie. Et si elle ne veut pas de la pension que William veut lui verser, car il va se marier, elle accepte celle versée par le roi. Le mariage de William étant vécu comme un abandon, une trahison, elle refuse de dépendre de lui. Et même s’il a toujours besoin d’elle, elle dispose de plus de temps libre, et elle se remet à la recherche de comètes. Elle en repère six entre 1788 et 1795, et une dernière le 14 août 1797. Les astronomes professionnels ne cachent pas leur admiration. Lassée de ces recherches, elle décide d’entamer une révision du catalogue stellaire de Flamsteed. Elle découvre qu’il a oublié 561 étoiles. Elle décide ensuite de réorganiser les observations de William et, de plus, calcule les coordonnée précises de toutes les étoiles qui servent à localiser les nébuleuses. William meurt en 1822. Elle décide d’aller à Hanovre et, même exilée, poursuivra sa carrière scientifique. Notamment en aidant son neveu qui, voulant observer les nébuleuses de son père, a besoin de leur position précise, et non de celles des étoiles proches servant à les repérer. Caroline réécrit son catalogue. Pour ce travail, la Société royale d’Astronomie lui décerne une médaille. John, qui en est le président, estime que l’institution aurait pu mieux faire. Mais elle sera cependant honorée trois fois. Elle meurt le 9 janvier 1848.
William Herschel ne serait jamais devenu un astronome si célèbre sans sa sœur. S’il a fait preuve de curiosité, d’inventivité et a élaboré des théories, il lui doit « les calculs, la difficile mise en forme des résultats, la longue élaboration des catalogues ».
Caroline Herschel
Wikipedia
HERSCHEL Caroline Lucretia (1750-1848)
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Caroline Herschel
Biographies of Women Mathematicians, Agnes Scott College
Vidéo. Caroline Herschel : la géante méconnue de l’astronomie
Futura – le média qui explore le monde, Youtube, 24 juin 2024, 9’52
Caroline Herschel, Mary Somerville, Jessica Mink y el planeta Urano
Marta Macho Stadler, doctora en matemáticas, profesora del Departamento de Matemáticas de la UPV/EHU y colaboradora en ::ZTFNews y la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU.
Mujeres con ciencia, el 13 de marzo de 2024
Caroline Herschel, humble chasseuse de comètes et de nébuleuses
Aurélie Coulon
Le Temps, 28 décembre 2023 (Abonné.e.s)
William et Caroline Herschel, une fratrie d’astronomes de génie
Carlos Prego Meleiro
Le Monde Histoire & Civilisations, 30 novembre 2023 (Abonné.e.s)
Caroline Herschel, première femme astronome, manque toujours de reconnaissance deux siècles plus tard
Kris Pardo, Assistant professor of Physics and Astronomy, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences, États-Unis
Science infused site d’actualités,
The first lady’s comet
Dr Patricia Fara, Emeritus Fellow of Clare College, Cambridge
The Royal Society, 8 May 2023
Vidéo. Caroline Herschel, la première femme à être payée pour faire de l’astronomie
la fille dans la lune, Youtube, 25 novembre 2021, 6’22
Caroline Herschel, astronome de l’ombre à la lumière
Jean-Baptiste Feldmann
CIELMANIA : le blog de Jean-Baptiste FELDMANN, photographe du ciel, 3 février 2021
Vidéo. Caroline Herschel | Femmes et sciences
Le Blob, Youtube, 12 octobre 2020, 4,37
4 Caroline Lucretia Herschel (1750–1848)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
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Caroline Lucretia Herschel
Riad Hadar
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Carolyn Jean Spellmann Shoemaker

Carolyn Jean Spellman Shoemaker est née le 24 juin 1929 à Gallup au Nouveau-Mexique. Son père Leonard est éleveur de volailles. Sa mère Hazel est enseignante. Rien ne la prédispose à une carrière scientifique. Elle obtient une maîtrise d’histoire et de sciences politiques à l’université de Chicago. Lors du mariage de son frère, elle fait la connaissance d’Eugene Shoemaker, un géologue. Ils doivent se quitter quelques jours après leur rencontre : Eugene poursuit son doctorat à Princeton, elle part enseigner à l’école de Petaluna. Une expérience décevante ! Eugene Shoemaker et Carolyn Spellman partent camper sur le plateau du Colorado, une curiosité géologique. Ils se marient, elle tombe enceinte et se consacre à l’éducation de leurs trois enfants. Parallèlement, Eugene prospecte des gisements d’uranium sur le sol américain et brûle d’explorer la lune. Son rêve rendu inaccessible du fait d’une maladie, il devient président du comité de sélection des astronautes auxquels il inculque les bases de la géologie. Une fois les enfants élevés, Caroline s’ennuie et demande à Gene s’il n’a pas une idée pour l’occuper. Il lui propose de travailler sur la recherche d’astéroïdes. En 1980, elle entame l’examen des plaques photographiques d’une même région du ciel, prises à 45 minutes ou une heure d’intervalle, en quête de ces gros cailloux qui représentent une menace possible pour la terre. Après avoir utilisé la technique du « blinking », elle va se servir du stéréoscope que Gene confie d’abord à Eleanor Helin, mais découvrant que cette dernière ne l’utilise pas, il délégue à sa femme ces recherches. Celle-ci s’approprie les procédés d’observation afin d’être en mesure d’analyser ses propres plaques photographiques. Le couple propose en 1982 un nouveau projet : ils se servent du télescope de 18 pouces du mont Palomar pendant sept nuits chaque mois, aux alentours de la nouvelle lune, ce qui permet à Carolyn de découvrir, non seulement un astéroïde proche de la Terre, un NEO – elle en dénichera plus de 800 – mais aussi de trouver sa première comète à la fin de l’année 1983. En onze ans, elle en décele 32, plus que personne ne l’avait jamais fait. Parmi les astéroïdes, notons la présence des « Troyens », plus difficiles à déceler mais aussi nombreux que les objets de la ceinture d’astéroïdes.
Grâce à l’aide que les Shoemaker reçoivent, notamment celle de l’astronome amateur David Lévy, ils découvrent en 1993, l’une des comètes les plus impressionnantes du XXè siècle : Shoemaker-Lévy 9.
Leurs travaux consacrés aux comètes et astéroïdes vaut aux époux Shoemaker la médaille Rittenhouse, en 1988, le tire de Scientists of the year en 1995 et la médaille de la NASA en 1996 pour « réussite scientifique exceptionnelle ». Ils se sont également passionnés pour les empreintes laissés à la surface de la Terre par les impacts passés, ce qui les amènent à passer trois mois par an en Australie à partir de 1984. En 1997, ils ont un accident qui coûte la vie à Eugen et de multiples blessures à Carolyn. Elle continuera ses recherches sur les astéroïdes et les comètes jusqu’à sa mort en 2021.
« Bien sûr, c’est Gene qui lui a tout appris en science ; évidemment, c’est lui qui imaginait les projets. Toutefois, séparer Gene et Carolyn n’aurait aucun sens : sans lui, elle n’aurait certes pas fait d’astronomie, mais sans elle, il n’aurait à l’évidence pas été bien loin dans sa quête d’astéroïdes ou dans l’étude des cratères australiens. »
Carolyn S. Shoemaker
Wikipédia
Carolyn Shoemaker, American astronomer
Britannica
Carolyn Shoemaker (1929-2021)
NASA
Vidéo. Women in Astronomy – Caroline Shoemaker
Introduction to Astronomy, Youtube, 25 septembre 2024, 5’22
Vidéo. Carolyn Shoemaker – Ep. 04-09
Nine Hour Films, Youtube, 11 avril 2024, 2’30
Vidéo. A Gathering in Memory of Carolyn Shoemaker
Explore Scientific, Youtube, 22 mai 2022, 1 39′ 32
Carolyn S. Shoemaker (1929–2021). Co-discoverer of first comet known to collide with a planet in modern times
David H. Levy
Nature, 26 August 2021
Vidéo. Carolyn S. Shoemaker
Wiki4All, Youtube, 17 août 2021, 1’12
Vidéo. Palomar 5M dome, interview with Gene & Carolyn Shoemaker, David Levy & 18″ telescope
William Spizzirri, Youtube, 27 juillet 2015, 17’05
La classification des étoiles. La patience d’Annie & Co
Chaque galaxie compte plusieurs centaines de milliards d’étoiles, et le nombre de galaxies est encore indénombrable. Comment comprendre, assimiler cet immense ensemble ? Les astronomes ont en leur possession plusieurs éléments : position, luminosité, couleur, mouvement, variabilité… Mais, progressivement, il s’est avéré que la clé de constitution des étoiles se trouvait dans l’analyse de leurs spectres. Le plus vaste projet astronomique auquel on s’est attelé est devenu un des plus grands succès féminins.
La spectroscopie, la science du spectre, est assez ancienne puisqu’on peut la relier à Isaac Newton au XVIIème siècle. Il fait tomber un rayon de soleil sur un prisme et observe qu’il s’est décomposé une multitude de faisceaux colorés. Il nomme cet arc-en-ciel « spectre ». Ces couleurs sont des éléments constitutifs de la lumière ordinaire.
En 1802, William Wollaston renouvelle l’expérience et découvre une série de stries noires dans le spectre solaire. Il pense que ces « raies » représentent les divisions naturelles entre les couleurs.
Joseph Fraunhofer analyse de manière plus méthodique ces lignes. Il en recense plus de 570, un peu trop pour qu’il soit question de « séparations entre les couleurs ». En 1823, il ne se limite plus à l’examen de la lumière du soleil : il étudie le spectre d’étoiles brillantes, comme Sirius. Il constate que tous les astres ne disposent pas du même spectre. Le nombre, la position et, particulièrement, l’intensité relative des raies changent d’une étoile à l’autre. Et comme il n’existe qu’un petit nombre de motifs spectraux différents, on détient un outil pour classer les étoiles.
L’astronome Angelo Secchi (1818-1878) est le premier à le réaliser. En 1867, il définit trois groupes (étoiles blanches, jaunes ou rouges), auxquels viendra se greffer un quatrième l’année suivante, affinant ainsi sa première classification. Personne ne s’entend sur l’interprétation de ces quatre types stellaires. Edward Charles Pickering (1849-1919) est nommé à la tête de l’observatoire de Harvard dans ce cadre. Il trouve un laboratoire exsangue. Par ailleurs, afin de conférer du prestige à ce dernier, Pickering doit trouver un sujet le différenciant des autres groupes astronomiques américains. Il s’oriente vers la réalisation d’un catalogue stellaire présentant, en plus de leur position, la luminosité précise des étoiles. Le premier catalogue publié s’appuie sur des observations faites à l’œil nu. Mais il choisit de recourir à la photographie. Ce procédé permet d’accumuler aisément les observations, et Pickering est certain que c’est en rassemblant le plus de données possible que surviendra une compréhension approfondie du ciel. Mais tout cela entraîne des dépenses. L’achat d’un bon télescope, l’édification d’un observatoire et le salaire du personnel employé à étudier les clichés nécessitent de l’argent. Il bénéficie des fonds Boyden, persuade une vieille dame excentrique et très riche, Miss Catherine Wolfe Bruce, de lui faire un don conséquent. Il lui faut également obtenir de l’argent pour garantir la bonne marche de l’observatoire. Madame Mary Anna Palmer, veuve d’Henry Draper, premier photographe d’un spectre stellaire, celui de l’étoile Véga en 1872, lui fournira. Elle souhaite en effet que la mémoire de son défunt mari soit entretenue de manière pérenne, et Pickering lui suggère de créer le « Henry Draper Memorial ». Ce mémorial est supposé permettre la réalisation d’un nouveau grand catalogue dans lequel les étoiles seront classées selon leur spectre. Pickering se sert de systèmes optiques capables d’enregistrer d’un seul coup, sur une même plaque photographique, le spectre de toutes les étoiles d’un même champ. Mais pour analyser la masse colossale de données amassées par son observatoire, il faut à Pickering « un personnel attentif au détail, patient, ne cherchant pas d’avancement, ne rechignant pas au travail routinier et bon marché ». Il va le trouver chez… les femmes. Payées 25 à 35 cents de l’heure, elles travaillent six jours par semaine, sept heures par jour. Elles ne possèdent ni le titre d’astronome, ni le droit de vote. Dès 1886, ces pionnières s’étant révélées efficaces, Pickering élargit l’équipe et rehausse l’importance de leurs travaux. Il est extrêmement fier de son « harem ». Il est très attentif à la rentabilité de son équipe et vérifie tous les jours les performances de chacune. Grâce à ses collaboratrices, Pickering établira le catalogue Henry Draper, basé sur un nouveau système de classification toujours en cours aujourd’hui, établi en particulier par Williamina Fleming, Antonia Maury et Annie Cannon.

Harvard Computers at work, including Henrietta Swan Leavitt (1868–1921), Annie Jump Cannon (1863–1941), Williamina Fleming (1857–1911), and Antonia Maury (1866–1952).
Harvard Computers
Wikipédia
1875 : quand les femmes du Harvard College Observatory changeaient le cours de l’astronomie
TV5Monde, 12 décembre 2016
El ‘harén de Pickering’: 13 mujeres para la historia de la astronomía
20 minutos, 22 juin 2015
The Women Who Mapped the Universe and Still Couldn’t Get Any Respect
Natasha Geiling
Smithsonian magazine, September 18, 2013
Williamina Paton Fleming

Williamina Paton Fleming est née le 15 mai 1857 à Dundee en Ecosse. Fille de Robert Stevens, artisan sculpteur et pionnier de la photographie, et de Mary Walker, elle devient enseignante à 14 ans. Elle épouse James Orr Fleming en 1877 avec qui elle émigre à Boston. Celui-ci la quitte alors qu’elle est enceinte de leur premier enfant. Elle devient servante chez Edward Charles Pickering. Conscient de l’intelligence exceptionnelle de Williamina, il lui alloue un poste à mi-temps à l’observatoire. Elle lui en sera éternellement reconnaissante. Au début, elle apprend, auprès de Nettie A. Ferrar, à mesurer la magnitude ou la position des astres, ou à analyser leur spectre. Mais Nettie A. Ferrar, qui était chargée du Henry Draper Memorial, se marie et abandonne son travail selon la coutume de l’époque. En 1881, Williamina Paton Fleming s’adonne à plein temps à l’astronomie. Très vite, elle devient le bras droit du directeur. Elle s’occupe, entre autres, du recrutement des nouvelles candidates, et s’implique en outre dans la cause des femmes. Parallèlement, elle mène à bien ses recherches et conçoit, à la demande de Pickering, un nouveau système de classification stellaire. Elle choisit de classifier les étoiles en quatorze groupes, référencés de A à O, en faisant abstraction de la classe J, car en allemand le J s’apparente à la lettre I. Elle y adjoint les deux classes P et Q qu’elle destine exclusivement à des cas particuliers. Son critère de classification « repose sur la mesure de l’intensité des raies de l’hydrogène dans le spectre stellaire : les étoiles de classe A arborent les raies les plus fortes, puis leur intensité décroît progressivement pour les classes suivantes B, C, D… » Elle inventorie plus de 10 000 étoiles en fonction de ce nouveau critère, dans le but de l’élaboration d’un catalogue publié en 1890. Par ailleurs, elle montre que certaines étoiles variables ont un spectre bien spécifique et qu’il est possible d’en découvrir rien qu’en examinant rapidement leur spectre. Elle peut également se prévaloir de la découverte de 59 nébuleuses, de 94 des 107 étoiles de type Wolf-Rayet connues de son vivant, ainsi que de 10 des 28 novae repérées avant son décès. Tout ceci en élevant son fils. Elle n’aura jamais de véritable reconnaissance publique. Pickering réussira à la faire nommer « conservateur des photographies astronomiques ». Elle recevra la médaille d’or de la Société astronomique du Mexique : hors de question de récompenser une femme sur le territoire des États-Unis ! Elle décède le 21 mai 1911.
Williamina Fleming
Wikipédia
FLEMING Williamina (1857-1911)
Universalis.fr (Abonné.e.s)
Williamina Fleming
Encyclopedia.com
Williamina Fleming
She is an astronomer
Williamina Paton Fleming
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Williamina Fleming
Women Astronomical Computers at the Harvard College Observatory, The Harvard Plate Stacks
Fleming, Williamina Paton Stevens. Journal of Williamina Patton Fleming. 1900
Harvard Library
Williamina Fleming, de la poussière aux poussières d’étoiles
Nicolas Guillermin
L’Humanité, 2 août 2023 (Abonné.e.s)
Vidéo. Williamina Fleming | De femme de ménage à astronome
la fille dans la lune, Youtube, 14 juin 2023, 5’13
Vidéo. La femme qui a révolutionné l’astronomie
Réel media, Youtube, 2’04
12 Williamina Paton Fleming (1857–1911)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 133–142 (Abonné.e.s)
Williamina Fleming, la astrónoma accidental que descubrió más de 300 estrellas
Rocío Pérez Benavente, periodista
Mujeres con ciencia, 5 avril 2018
Williamina (Mina) Paton Fleming
Riad Hadar
Photoniques, n° 86, 2017, p. 20-21
Brief life of Williamina Fleming, spectrographic pioneer and astronomer. Brief life of a spectrographic pioneer: 1857-1911
Alan Hirshfeld
Harvard Magazine, January-February 2017
Williamina Fleming : Star of Scotland
Sue Nelson
This extract is a chapter from the women in STEM anthology, A Passion For Science : Tales of Discovery and Invention, décembre 2015
Antonia Caetana Maury

Antonia Caetana Maury est née le 21 mars 1866 à Cold Spring on Hudson, dans l’état de New York. Elle est la fille du révérend Myton Maury et de Virginia Draper, la sœur de Henry Draper. Manifestant une intelligence précoce dans de nombreux domaines, et issue d’une famille fortunée, elle a la chance de pouvoir faire des études universitaires et obtient un diplôme en sciences (chimie-mathématiques) au Vassar College. C’est grâce à son père qu’elle entre à l’observatoire de Harvard. Pickering hésite à embaucher une diplômée qui sera payée 25 cents de l’heure. Par ailleurs, la veuve Draper le dissuade d’employer sa nièce. Mais la jeune femme, informée du projet de son père, se révèle enthousiaste. Elle intégrera l’Observatoire en 1888. Pickering lui enjoint de travailler sur le spectre de l’étoile Sirius. Constatant que Antonia Maury possède de grandes dispositions pour la spectroscopie, Pickering la charge de l’analyse des spectres de haute résolution des étoiles les plus brillantes de l’hémisphère céleste Nord. Cependant, en plus de l’observation, elle privilégie la théorie et va donc très lentement. Cette démarche contrevient aux exigences d’Edward Charles Pickering. Leur relation se détériore. En 1891, elle s’en va enseigner. Cependant, selon Pickering, elle doit terminer ce travail ou confier la tâche à quelqu’un d’autre. Elle est d’accord pour l’achever, mais exige que son nom soit écrit noir sur blanc sur ses travaux. Après quelques péripéties, le nouveau catalogue reprend la classification de 681 étoiles brillantes, mais, trouvant peu adapté le système établi par Williamina Fleming, Antonia Maury en élabore un autre comprenant 22 groupes notés par des chiffres romains et y ajoute trois divisions a, b, c. Pickering juge ce système peu pratique car source d’erreurs pour le travail de routine qu’il escompte. Cependant, l’astronome danois Ejnar Hertzsprung, qui tente d’évaluer la luminosité réelle des étoiles, remarque la méthode d’Antonia. Il s’aperçoit que les étoiles blanches sont toujours très brillantes, mais que les étoiles rouges sont soit très brillantes, soit très peu lumineuses. Il découvre par hasard le travail d’Antonia publié en 1897, et note que toutes les étoiles qui appartiennent à la catégorie c sont toutes des étoiles brillantes. Dans une lettre adressée à Pickering, il estime que : « négliger les propriétés c dans la classification des spectres stellaires est, je pense, comparable à l’attitude d’un zoologue qui voit des différences cruciales entre une baleine et un poisson et continue cependant à les classer ensemble. » Il est rejoint par Henry Norris Russel qui parvient à la conclusion analogue : il y a bien des étoiles rouges peu lumineuses et des étoiles rouges brillantes. En 1922, l’Union Astronomique internationale adopte officiellement la division c.
Après la publication de son catalogue, elle abandonne une nouvelle fois son poste, donne des conférences, des cours d’astronomie. Elle revient à l’observatoire en 1908 pour se vouer à l’étude des étoiles binaires. A la mort de Pickering, étant donné l’état financier très détérioré de l’observatoire, son successeur ne dispose plus des moyens nécessaires pour lui verser un salaire. Elle refuse un poste à l’observatoire de Victoria au Canada. En 1920, elle reçoit le Pickering fellowship, une bourse qui finance un moment ses recherches.
En conflit permanent avec le système, elle n’aura obtenu que peu de reconnaissance de l’université de Harvard. « Elle a pourtant eu plusieurs intuitions géniales : outre l’idée de ses « divisions », elle a aussi compris que les étoiles des premières de ses classes, souvent présentes au sein de nébuleuses gazeuses comme la nébuleuse d’Orion, sont des étoiles jeunes. »
Elle recevra le prix Cannon en 1943, et décède dans l’indifférence (presque) générale, le 8 janvier 1952.
Antonia Maury
Wikipédia
Antonia Maury ’1887
Vassar Encyclopedia
Antonia Maury
Encyclopedia.com
Antonia Maury
Women Astronomical Computers at the Harvard College Observatory, The Harvard Plate Stacks
Antonia Maury
She is an astronomer
Vidéo. Women in Astronomy – Antonia Maury
Introduction to Astronomy, Youtube, 24 juillet 2024, 5’12
Vidéo. Antonia Maury – Ep. 03-21
Nine Hour Films, Youtube, 22 mars 2024, 2’30
14 Antonia Caetana de Paiva Pereira Maury (1866–1952)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 149–156 (Abonné.e.s)
Scientist of the Day. Antonia Maury
Linda Hall Library March 21, 2019
Antonia Maury (1866-1952) : la mujer que conocía las estrellas
Uxue Razkin, periodista y colaboradora del blog de la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU Zientzia Kaiera
Mujeres con ciencia, 9 mai 2019
The ‘Renegade’ Woman Who Sorted the Stars
Merrill Fabry
Time, March 21, 2016
Annie Jump Cannon

Annie Jump Cannon est née le 11 décembre 1863 à Dover dans le Delaware. Son père, Wilson Cannon, un constructeur de bateaux, est devenu sénateur. Sa mère, Mary Jump, ancienne quaker et astronome, communique très tôt à sa fille aînée sa passion du ciel. Son père conscient des aptitudes intellectuelles de sa fille, l’encourage à faire des études. A 17 ans, Annie Cannon intègre le Wellesley College dont elle sort en 1884 pourvue d’un diplôme universitaire en Sciences, orientation physique. Elle rentre à Dover. En 1892, elle entreprend un voyage. Elle va notamment en Espagne pour observer une éclipse du soleil. A son retour, elle veut gagner sa vie, être indépendante, mais doit respecter les traditions et… s’ennuyer ferme. Juste après le décès de sa mère survenu en 1894, elle prend la décision de revenir à l’université. Elle est embauchée comme assistante à Wellesley et prend part en 1896 aux premières expériences sur les rayons X effectuées aux États-Unis. Mais, toujours passionnée d’astronomie, elle entreprend de suivre des cours au Radcliffe College lié à Harvard, pour obtenir un diplôme de plus dans cette spécialité. C’est dans ce contexte qu’elle est amenée à rencontrer Pickering qui lui propose de perfectionner sa formation théorique par des observations pratiques à l’observatoire. Elle voue cinq heures en journée à ses recherches à Harvard et passe ses soirées à l’observation des étoiles variables, tout en étudiant en mène temps. Elle quitte Wellesley pour devenir membre permanent de l’observatoire. Annie Cannon et Antonia Maury, bien que très différentes, sont toutes deux extrêmement intelligentes. Pickering charge Annie Cannon de l’examen des étoiles australes. Comme Antonia Maury, elle constate que le système de Williamina Fleming n’est pas parfait. Elle n’adopte pas pour autant le système de Maury. Elle échafaude une nouvelle classification qui se réfère à celle de Fleming. Elle trouve une suite qui lui paraît plus logique : O B A F G K M. De plus, elle subdivise ces différents types spectraux en 10 sous-classes étiquetés de 0 à 9. En 1910, l’International Solar Union adopte officiellement son système encore employé actuellement. Pour retenir ces types spectraux, une petite phrase mnémotechnique un brin macho prévaut très vite : « Oh, Be A Fine Girl, Kiss Me ». Les étudiantes américaines ont remplacé « girl » par « guy ».
Annie Cannon ambitionne de revoir le catalogue « Henry Draper » en y incorporant 50 000 étoiles plus brillantes que la huitième magnitude. Afin de gagner un temps précieux durant l’étude des plaques, une assistante relève minutieusement le choix de la classification stellaire qu’Annie Cannon lui crie pour chaque étoile avant d’examiner la prochaine. A ce rythme effréné, elle parviendra à répertorier en tout 225 300 étoiles. La classification des étoiles ne constituant pas sa seule activité, elle retourne aux étoiles variables. En juillet 1939, elle repère la dix millième étoile variable… Elle en aura trouvé 277, sans oublier cinq novae et une binaire spectroscopique. Par ailleurs, elle conserve 300 000 fiches recouvrant toute la bibliographie du domaine.
Lorsque Fleming meurt en 1911, elle le remplace en tant « conservatrice des photographies astronomiques ». Elle obtient six diplômes honorifiques, reçoit le Ellen Richards Prize en 1932. Elle rend sur-le-champ l’argent de ce prix à l’American Astronomical Society, pour créer le Annie Cannon Prize récompensant le travail d’une femme astronome. Elle recevra aussi le Draper Award. Ce n’est qu’à 75 ans qu’Annie Cannon se verra attribuer un poste d’astronome à l’université.
« Le monde entier est unanime : sans son catalogue et sa classification, beaucoup de progrès décisifs en astronomie auraient été impossibles, en particulier la théorie de l’évolution stellaire de Russell. »
Annie Jump Cannon
Wikipédia
CANNON Annie Jump (1863-1941)
Universalis.fr (Abonné.e.s)
Annie Jump Cannon
Britannica
Cannon, Annie Jump (1863–1941)
Encyclopedia.com
Annie Cannon
She is an astronomer
Annie Jump Cannon
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Annie Jump Cannon
Women Astronomical Computers at the Harvard College Observatory, The Harvard Plate Stacks
Annals of the Astronomical Observatory of Harvard College. Volume 92
The Henry Draper catalogue 4h, 5h and 6h
J. Cannon, Curator of astronomical photographs and Edward C. Pickering, Director of the Observatory
Cambridge, Mass. Published by the Observatory, 1918
Il y a 80 ans disparaissait Annie Jump Cannon, la première scientifique à avoir classifié les étoiles
Coralie Lemke
Sciences et Avenir, 13 avril 2021 (Abonné.e.s)
Annie Jump Cannon
Kerri Lee Alexander
National Women’s History Museum, 2020
13 Annie Jump Cannon (1863–1941)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 143–148 (Abonné.e.s)
Annie Jump Cannon: ‘Computer’ Who Classified the Stars
Elizabeth Howell
Space, November 12, 2016
Annie Jump Cannon, 1863-1941
Priscilla. F. Bok
Publications of the Astronomical Society of the Pacific, Vol. 53, n° 313, June 1941, p. 168
Annie Jump Cannon : Los ojos que nunca se cansaron de mirar al cielo
Uxue Razkin, periodista y colaboradora del blog de la Cátedra de Cultura Científica de la UPV/EHU Zientzia Kaiera
Mujeres con ciencia, 16 janvier 2020
Cecilia Helena Payne-Gaposchkin

« Pour Cecilia Payne, l’observation doit nécessairement conduire à la théorie : elle décide de tenter de comprendre le système de classification de Cannon, un système empirique qui doit sûrement reposer sur une base physique. »
Cecilia Helena Payne-Gaposchkin est née le 10 mai 1900 à Holywell Lodge dans le Buckinghamshire. Elle est la fille aînée du musicien, historien et avocat Edward Payne et de la peintre Emma Pertz.
Très tôt ses proches tirent profit de sa curiosité intellectuelle pour l’intéresser à l’astronomie en particulier. Cependant, si ce domaine lui plaît, c’est la botanique qui la passionne. Mais la famille privilégie l’éducation du garçon. Si elle veut rentrer à l’université, elle doit en prendre en charge le financement de ses études. Pour obtenir une bourse, elle parachève son éducation scientifique. Décrocher cette bourse en science naturelle l’autorise à intégrer le Newham College relevant de l’université de Cambridge, et qui a pour vocation d’impulser l’enseignement des sciences auprès des femmes. Elle choisit d’assister à des cours de botanique, de chimie et de physique. En 1919, elle assiste à un exposé de Sir Arthur Eddington sur la théorie de la relativité générale d’Einstein, où il expose les expériences qu’il a conduites pour la vérifier. En extase, elle décide de consacrer sa vie à l’astronome et suit autant de cours que lui laisse son emploi du temps.
Elle décroche son diplôme en sciences en 1923. Elle ne peut pas devenir chercheuse, enseignante tout au plus, ce qu’elle ne souhaite pas. Elle se met en relation avec Harlow Shapley, le nouveau directeur de l’observatoire de Harvard et, étonnamment, recueille une bourse pour partir aux Etats-Unis, avec en tête l’idée de regagner l’Angleterre. Mais le champ d’action dans son pays étant toujours aussi limité, elle restera à Harvard et ne rentrera jamais en Angleterre.
« Classer, c’est bien ; encore faut-il comprendre la cause physique profonde qui se cache derrière le système de classification ! » A l’époque, on sait que les types spectraux successifs doivent correspondre à des températures de surface décroissantes. Des théoriciens ont établi une première échelle de températures superficielles, mais celle-ci est encore approximative : on doit valider les calculs par des observations et des mesures précises. C’est ce que Cecilia suggère de réaliser. Donald Menzel, un étudiant de Henry Russell ayant eu la même idée, leurs chefs respectifs Shapley et Russell conviennent alors de leur faire examiner des raies différentes : à lui les raies d’atomes neutres, donc les étoiles froides, à elle les raies d’atomes ionisés, donc les étoiles chaudes.
Pour exposer ses conclusions, Cecilia a élaboré deux graphiques. Le premier comporte les mesures de l’intensité des raies spectrales observées en fonction des différents types spectraux. Le second repose sur les travaux théoriques de Meghnad Saha et montre l’intensité des raies d’après la température superficielle. Les deux graphiques se ressemblent à s’y méprendre : la litanie O B A F G K M se rapporte bien à une suite de températures décroissantes ! « L’intuition de Cannon cachait bien une réalité physique sous-jacente. »
En se servant de l’échelle de température qu’elle a estimée, Cecilia Payne arrive à évaluer des paramètres atomiques encore ignorés, et en plus à spécifier la composition des étoiles. Selon ses observations, l’hélium et l’hydrogène sont bien plus abondants dans les étoiles que sur la Terre. Russell juge les conclusions de Cecilia irrecevables. Elle obtempère. Mais quelques années plus tard, il est bien obligé, à l’instar d’autres astronomes, de reconnaître qu’elle a raison. Il publie un article sans évoquer la contribution capitale de Cecilia…
Elle publie les résultats de ce travail sur les étoiles dans sa thèse défendue en 1925, qu’elle a écrite en six semaines. C’est la première thèse allouée pour des recherches menées à l’observatoire de Harvard. Elle refuse un emploi très tentant à l’observatoire de Lick car Shapley souhaite à tout prix qu’elle reste. Elle doit se plier aux desiderata du directeur de l’observatoire, qui fixe les thèmes de recherche réalisés dans son établissement, et l’un des domaines porteurs est la photométrie. Cecilia étudie les magnitudes stellaires et, en particulier, les étoiles variables. Elle s’occupe aussi des publications de l’observatoire dont elle devient l’éditrice.
Dans les années 30, plusieurs de ses amies proches décèdent. Elle se détermine à s’ouvrir au monde et voyage en Europe durant l’été 1933. Elle visite des observatoires, et va en Russie et en Allemagne malgré le climat politique régnant dans ces deux pays. C’est lors de ces pérégrinations qu’elle va rencontrer Sergei Gasposchkin, venu exprès à Göttingen pour voir « Miss Payne ». Être russe, avoir fui le stalinisme et vivre en Allemagne nazie n’est guère évident. Cecilia le soutient dans sa fuite, lui procure un emploi à Harvard et lui obtient un visa. Le couple se marie l’année suivante et Cecilia reste à son poste contrevenant à la tradition. Pire, elle publie un article alors qu’elle est enceinte. Elle prouvera une fois encore son anticonformisme pendant la guerre.
Elle s’attelle avec son mari à une étude précise des étoiles variables. Ils se penchent en premier lieu sur les 2000 étoiles variables les plus brillantes de notre galaxie, ce qu’ils réalisent en cinq ans seulement. Puis ils décident de s’adonner pendant cinq autres années à l’étude du comportement de 3 à 4000 étoiles variables des Nuages de Magellan. Le couple a mesuré près de deux millions de magnitudes stellaires !
Ils sont ainsi capables de déterminer les courbes caractéristiques des changements de luminosité des étoiles observées, offrant, de la sorte, la possibilité de les classer en plusieurs catégories, et d’essayer d’imaginer un schéma cohérent permettant de mieux appréhender la nature de ces astres. Ils démontrent en outre la présence d’une relation entre la période et la forme des variations de luminosité des céphéides.
Le parcours professionnel de Cecilia Payne est décevant en raison de ses mauvais salaires et statut. Elle reçoit le premier prix Cannon en 1934, en 1976 le prix… Russell, mais n’obtient pas la prestigieuse médaille Bruce car elle est une femme ! Il faut attendre 1956 pour qu’elle soit enfin nommée professeur et qu’elle devienne chef du département d’astronomie. Une première pour une femme.
« Son souhait le plus cher ? Que l’on se souvienne d’elle, non pour ses idées ou ses découvertes, mais pour ce qu’elle appelle le « principe de Payne-Gasposchkin » : un scientifique doit constamment se demander si ce qu’il recherche est son propre avancement ou celui de la Connaissance… »
Cecilia Payne-Gaposchkin
Wikipédia
Payne-Gaposchkin, Cecilia Helena
Encyclopedia.com
Cecilia Payne-Gaposchkin
She is an astronomer
Cecilia Payne-Gaposchkin
Women Astronomical Computers at the Harvard College Observatory, The Harvard Plate Stacks
Cecilia Helena Payne-Gaposchkin
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Audio. Cécilia Payne : au cœur des étoiles
Sciences chrono, France Culture, 5 décembre 2025, 58′
Cecilia Payne, étoile brillante mais longtemps occultée de l’astronomie
Pascaline Minet
Le Temps, 30 décembre 2023 (Abonné.e.s)
Cecilia Payne : l’astronome qui a fait parler les étoiles
Celles qui osent,
Vidéo. Cecilia Payne | Geniale Frauen
Irgendwas mit ARTE und Kultur, Youtube, 26 janvier 2023, 2’51
Vidéo. Cecilia Payne – L’astrophysique au début du 20e siècle | Cherchez la femme ! | ARTE
Courts Toujours, Youtube, 3 janvier 2023, 2’51
Vidéo. Cecilia Payne, la femme qui a découvert de quoi sont faites les étoiles
la fille dans la lune, Youtube, 29 juillet 2022, 6’12
Cecilia Helena Payne-Gaposchkin
Lucie Leboulleux
Photoniques, n° 100, 2020, p. 24-26
Vidéo. De quoi sont faites les étoiles ?
Donald Walther
Le Monde, 3 août 2019, 11’19
Chercheuses d’étoiles (1/4). Notre série documentaire vous raconte comment la jeune astronome Cecilia Payne a découvert, en 1925, les premiers indices sur la composition des étoiles.
Cecilia Payne-Gaposchkin: “La astrónoma que descubrió la composición de las estrellas”
Aitziber Lopez, doctora en química por la UPV/EHU
Mujeres con ciencia, 20 octobre 2017
Advice to the Young from Pioneering Astrophysicist Cecilia Payne-Gaposchkin, Who Discovered the Composition of the Universe
Maria Popova
The Marginalian, 26 juillet 2017
Cecilia Payne-Gaposchkin : What is the Universe made of ?
Alice Sheppard
Originally published in the ebook A Passion for Science: Stories of Discovery and Invention, décembre 2015
January 1, 1925 : Cecilia Payne Gaposchkin and the day the universe changed
Richard Williams
APS, January 1, 2015
Vidéo. Chercheuses d’étoiles : des révolutions dans l’espace
Le Monde, 8 août 2020, 51’49
01:37 Les codes-barres de lumière de Cecilia Payne
12:03 Les étoiles qui clignotent de Henrietta Leavitt
25:48 La partie de Lego stellaire de Margaret Burbidge
37:01 Le fantôme cosmique de Vera Rubin
Les étoiles pulsantes. Henrietta Swan Leavitt

Le nom d’un astronome qui a bouleversé l’ordre des cieux : Henrietta Leavitt. Une femme, sans qui il serait impossible d’estimer de façon précise la taille de notre Galaxie, la Voie Lactée, et la position du soleil dans celle-ci. Nous nous imaginerions toujours au centre d’une Galaxie unique emplissant tout l’Univers. Sans elle, pas de découverte de la trace de l’expansion de l’univers, même si on ne l’a pas laissée exploiter sa découverte jusqu’au bout.
Henrietta Swan Leavitt est née le 4 juillet 1868 à Lancaster dans le Massachusetts. Son père Georges Roswell Leavitt, qui a donné à sa fille le prénom de sa mère Henrietta Swan Hendrick, est un pasteur congrégationaliste de notoriété nationale. Cette famille de sept enfants est très puritaine, et malgré cela Henrietta fera des études scientifiques. En 1888, elle suit des études universitaires au Radcliffe College, le « Harvard féminin ». En 1892, elle se rend à un cours d’astronomie. Elle se passionne pour cette science et choisit de rester à Radcliffe un an de plus pour élargir ses connaissances.
En 1895, elle est admise comme assistant volontaire à l’observatoire de Harvard, elle fait partie du « harem » de Pickering. Elle s’illustre dans le domaine de la photométrie, la mesure de la luminosité des étoiles. C’est un domaine en pleine mutation. En effet, les observations visuelles sont remplacées par des observations photographiques. La plaque photographique, rendant possible des observations plus précises, représente donc un bond en avant dans l’étude des étoiles à la luminosité changeante, les étoiles variables. Henrietta Leavitt dépistera plus de 2400 étoiles variables, à savoir la moitié de toutes celles connues à l’époque.
Au grand désespoir de Pickering, elle est rappelée dans sa famille. Il tente de la convaincre de revenir. Elle lui propose de travailler chez elle. Il s’obstine, s’engage à lui assurer un meilleur salaire, et lui accorde de transporter le matériel chez elle. En 1902, elle satisfait la demande de Pickering et rallie l’équipe du personnel permanent, rémunérée 30 cents de l’heure. Pour lui exprimer sa gratitude, il l’affecte à la tête du département de photométrie stellaire.
En 1908, elle publie un catalogue reprenant les 1777 variables qu’elle a découvertes dans les Nuages de Magellan. Elle fait référence pour la première fois à sa grande découverte, la relation période-luminosité des céphéides.
En 1912, elle explicite cette relation dans un nouveau catalogue. Pour Henry Russel, elle examine de manière précise la courbe de luminosité d’Algol, une étoile variable à éclipses. Elle effectue également des expériences ayant pour objectif d’évaluer avec exactitude la couleur des étoiles les moins brillantes, et elle élabore des techniques permettant d’instaurer un lien précis entre magnitudes photographiques et visuelles. Par ailleurs, on la sollicite pour dresser une liste de « standards », « c’est-à-dire d’étoiles de magnitude connue avec grande précision qui doivent servir à calibrer toutes les autres observations ». Sa table de standards, adoptée internationalement, demeurera la référence jusqu’à l’apparition de nouvelles technologies d’enregistrement.
Elle fait preuve d’une certaine modernité et engage ses étudiantes les plus douées à continuer leur carrière. Bien que tenue pour « probablement la plus brillante des femmes de Harvard », elle ne jouit pas de la même reconnaissance que Fleming et Cannon.
En 1925, le professeur Mittag-Leffler de l’Académie des Sciences de Suède souhaite la sélectionner pour le prix Nobel de 1926, pour récompenser sa découverte de la relation période-luminosité. Elle est décédée depuis quatre ans, le 12 décembre 1921…
Si la loi de Kepler ou les lois de Newton portent bien le nom de leur découvreur, la loi de Leavitt, si fondamentale pour l’astronomie moderne, est connue sous le nom de « relation période-luminosité ».
Henrietta Swan Leavitt
Wikipédia
Henrietta Leavitt
She is an astronomer
Henrietta Swan Leavitt
Encyclopedia.com
Henrietta Swan Leavitt
MacTutor History of Mathematics archive, Universidad de Saint Andrews
Henrietta Swan Leavitt
Women Astronomical Computers at the Harvard College Observatory, The Harvard Plate Stacks
Henrietta Swan Leavitt, petite main des astronomes sur la voie de l’expansion de l’Univers
The Conversation, 31 décembre 2024
Henrietta Leavitt, des étoiles variables à la mesure de l’Univers
Sylvie Logean
Le Temps, 29 décembre 2023 (Abonné.e.s)
Miss Henrietta Leavitt et les calculatrices de l’observatoire de Harvard en contexte international. « Les femmes en astronomie au début du XXe siècle »
Guy Boistel – Docteur HDR en histoire des sciences et des techniques, responsable du groupe d’histoire de l’astronomie du centre François Viète, Nantes-Université
CNRS, 10 juillet 2023, 25 p.
Vidéo. Henrietta Leavitt : la femme qui a découvert comment mesurer l’univers !
la fille dans la lune, Youtube, 24 mai 2022, 5’05
Vidéo. Comment mesurer l’Univers avec des étoiles qui clignotent
Le Monde, 10 août 2019, 14’26
Chercheuses d’étoiles (2/4). Notre série documentaire vous explique comment l’astronome Henrietta Leavitt a permis de mesurer des distances de plusieurs millions d’années-lumière dans l’Univers.
Vidéo. Henrietta Leavitt : la femme qui mesura l’univers
Incroyables Histoires, Youtube, 1’34
15 Henrietta Swan Leavitt (1868–1921)
Daniel R. Altschuler, Fernando J. Ballesteros
In The Women of the Moon : Tales of Science, Love, Sorrow, and Courage, July 2019, pp. 157–166 (Abonné.e.s)
El diario secreto de Henrietta Leavitt : ‘Pastel de Universo’
Mujeres con ciencia, En la red, 16 de agosto de 2014 (último video de la serie)
El diario secreto de Henrietta Leavitt es un videoblog creado por la unidad de divulgación del Instituto de Astrofísica de Andalucía sobre la astrónoma Henrietta Leavitt (1868-1921)
Henrietta Swan Leavitt, mucho más que una computadora de estrellas
La Aventura de la Ciencia, 2 de junio de 2014
La desconocida que reveló el Universo
Miguel A. Delgado, escritor y periodista
Mujeres con ciencia, 28 décembre 2012
Les usines stellaires. Margaret Burbidge

Nous devons une découverte capitale à Margaret Burbidge, son époux et ses amis : l’origine des éléments et la raison de leur présence dans notre environnement, à savoir les étoiles qui les ont patiemment assemblés, ensemençant l’univers.
Eleanor Margaret Peachey est née le 12 août 1919. Sa mère Marjorie Peachey fait preuve de grandes qualités intellectuelles, au grand dam de son père qui veut qu’elle s’en tienne aux valeurs « féminines ». Un des professeurs de Marjorie encourage la jeune fille à passer l’examen d’entrée au Manchester School of Technology. Elle le réussit et son père n’a plus son mot à dire. A l’université, elle choisit la chimie, domaine qui lui permet de rencontrer celui qui deviendra le père de Margaret, Stanley John Peachey, son professeur de chimie organique.
Très intelligente, Margaret se retrouve très jeune en contact avec l’astronomie. Elle ambitionne de rejoindre l’University College London (UCL) pour poursuivre des études scientifiques. Il y existe une filière en astronomie. Elle obtient son diplôme en 1939 et un poste de calculatrice suggéré par un de ses professeurs, Christopher Clive Langton, poste qu’elle quitte après un jour de travail. Ce même professeur la rappelle en urgence. En effet, les hommes ont rejoint l’armée et l’observatoire de l’université de Londres se retrouve sans aucun employé. Elle s’occupe de toute la logistique et dispose à son gré de la lunette de 24 pouces et son spectromètre. C’est dans ce contexte qu’elle entame une thèse dont le sujet est l’étude d’étoiles chaudes particulières (les « Be »). Elle la soutiendra en 1943.
A la fin de la guerre, les hommes rejoignent leurs postes. Elle doit se satisfaire d’un emploi de second assistant. Pénalisée par les limitations du matériel londonien et le retour de la pollution lumineuse, elle a besoin d’un télescope plus grand. Elle repère par hasard une annonce pour les bourses Carnegie attachées à l’observatoire du Mont Wilson. Elle envoie sa candidature et s’entend répondre qu’une femme, n’étant pas autorisée à procéder à des observations, ne peut recevoir de bourse !
Sidérée par ce refus, elle décide de suivre des cours de troisième cycle à l’UCL en 1947. C’est là qu’elle rencontre son futur mari, un jeune physicien, Geoffrey Burbidge. Elle continue sa recherche d’un grand télescope et obtient du temps d’observation à l’observatoire de Haute-Provence. Le jeune couple rejoint Paris pour faire une étude approfondie des données collectées, et c’est là que Geoffrey Burbidge rencontre un autre astronome anglais, Fred Hoyle, avec lequel le couple devient ami.
Margaret et Geoffrey mettent le cap vers les Etats-Unis. A cette époque, Margaret se préoccupe des étoiles chaudes d’autres galaxies, et elle tâche aussi de reprendre théoriquement les atmosphères stellaires. Elle décrète en outre de déterminer l’abondance des éléments chimiques à la surface des étoiles.
La théorie selon laquelle les éléments chimiques seraient nés d’une explosion originelle ne convainc pas les époux Burbidge. Leur ami Hoyle, violemment opposé au « Big-Bang », pense que les éléments découlent plutôt des étoiles. Margaret et Geoffrey prendront quatre ans pour expliciter ces éléments.
Rentrés en Angleterre, ils choisissent l’emploi qu’on leur propose à Cambridge. Margaret utilise les équipements pour analyser ses données. Elle définit ainsi l’abondance des différents éléments chimiques dans un premier échantillon d’étoiles. Elle s’aperçoit très vite qu’il faut faire appel à un bombardement par des neutrons pour expliquer la surabondance de certains éléments. Séduit par William Fowler donnant une conférence sur le sujet, Geoffrey lui pose la question : « pourquoi ne pas travailler sur quelque chose de vraiment important pour l’astrophysique ? ». Il songe bien sûr à la création des éléments chimiques. Ils se retrouvent à quatre, Hoyle étant associé à leurs réflexions, pour s’efforcer de débusquer le fonctionnement des usines stellaires.
En 1954, sur une suggestion de Fowler, le couple emménage en Californie où Geoffrey décroche la bourse Carnegie, que l’on a refusée à Margaret quelques années plus tôt… Il est théoricien et bien incapable de conduire les observations. C’est donc Margaret qui les effectue sous l’œil réprobateur du directeur pour qui la présence d’une femme pose problème. La situation deviendra ingérable quand Margaret ne pourra plus cacher sa grossesse. Elle profitera de la naissance de sa fille pour parfaire « De la synthèse des éléments dans les étoiles (Synthesis of the elements in stars) de Margaret Burbidge, Geoffrey Burbidge, William Fowler et Fred Hoyle, article plus connu sous le sigle familier (B2FH). Leur théorie est que les éléments se seraient progressivement formés au sein des étoiles.
La parution de cet opus révolutionne l’astrophysique. Mais les Burbidge s’intéressent à un autre sujet. Margaret entreprend l’étude les galaxies. Elle fait partie des pionnières ayant mesuré leur vitesse de rotation et déduit leur masse en recourant à la spectroscopie dans le domaine visible. Elle initiera Vera Rubin. Elle recherche dès lors des objets d’un genre nouveau : les quasars. En 1967, Geoffrey et elle font paraître le premier livre complet ayant trait aux quasars. Au niveau théorique, notons que ce sont les nombres du quatuor B2FHqui proposent en 1964 une source d’énergie possible pour les quasars : l’effondrement de matière vers un trou noir massif, un concept qui fait désormais l’unanimité.
En 1971, l’American Astronomical Society lui alloue le prix Cannon, qu’elle refuse au motif que ce prix est discriminatoire et que les femmes, assez rarement présentes en astronomie, sont toutes à même de l’obtenir un jour.
Elle sera la première femme à devenir directrice de l’observatoire de Greenwich malgré l’hostilité de la vieille garde. Elle est aussi le premier directeur à ne pas recevoir le titre d’« astronome royal » accordé à l’un de ses collègues. Elle engage une véritable bataille pour faire installer le plus grand télescope anglais vers des cieux plus propices à l’observation. Elle réussira. Il déménagera à la Palma, aux Canaries. Elle rentre aux États-Unis où elle devient, de 1979 à 1988, directrice du Centre pour l’Astrophysique et les Sciences spatiales. Elle reçoit de nombreux prix, dont la médaille Bruce en 1982, octroyée à une femme pour la première fois. Elle meurt en avril 2020.
Son mari a avoué lui-même « s’intéresser à l’astronomie parce qu’il a épousé une astronome » et que « le véritable moteur du couple Burbidge, c’est elle ! »
Margaret Burbidge
Wikipédia
E. Margaret Burbidge
Encyclopedia.com
Vidéo. The woman who solved the mystery of heavy elements !
Youtube, 19 décembre 2024, 20’34
Vidéo. Women in Astronomy – Margaret Burbidge
Introduction to Astronomy, Youtube, 4 septembre 2024, 3’51
Eleanor Margaret Burbidge. 12 August 1919 – 5 April 2020
The Royal Society Publishing, 25 Aug 2021
Vidéo. A Celebration of Margaret Burbidge
AAS, Youtube, 10 juillet 2020, 1 57′ 21
Margaret Burbidge obituary
Stuart Clark
The Guardian, Wed 22 Apr 2020
Margaret Burbidge, la astrofísica que demostró que estamos hechos de polvo de estrellas
Rocío P. Benavente, periodista
Mujeres con ciencia, 16 avril 2020
Mort de Margaret Burbidge, mère de la nucléosynthèse stellaire
Laurent Sacco, Journaliste scientifique
Futura, 9 avril 2020
Vidéo.Comment les étoiles créent la matière en jouant aux Lego
Donald Walther
Le Monde, 18 août 2019
Chercheuses d’étoiles (3/4). Cet épisode de notre série documentaire vous raconte comment l’astrophysicienne Margaret Burbidge et ses collègues ont découvert, en 1957, les origines de la matière. Indice : ça se passe dans le ciel.
Vidéo. Margaret E. Burbidge, San Diego Women’s Hall of Fame, 2003
Center For Women’s History, Youtube, 2 août 2010, 2′
Vidéo. Les femmes de sciences : un long combat
CurieuxLive, Youtube, 47 »
Watcher of the Skies
Margaret Burbidge
Annual Review of Astronomy and Astrophysics, n° 32, 1994, pp. 1-36
La matière noire. Vera Rubin

Vera Rubin a osé « remettre en question certains dogmes cosmologiques : prédominance de la matière visible, homogénéité de l’Univers, inexistence de mouvements à grande échelle en plus de l’expansion. »
Vera Cooper est née le 23 juillet 1928 à Philadelphie en Pennsylvanie. Deuxième fille de Rose et Philip Cooper, ingénieur électricien, le virus de l’astronomie la gagne quand sa famille déménage à Washington. Elle envisage une carrière d’astronome, en cela soutenue par ses parents, sinon par les enseignants…
A 17 ans, elle obtient une bourse et est admise le Vassar College, université exclusivement féminine qui propose une filière en astronomie. En 1948, son diplôme en poche, elle épouse Robert Rubin, un physico-chimiste. Elle refuse une offre d’emploi de la prestigieuse université de Harvard car son mari travaille à l’université de Cornell… Elle rejoint le département d’astronomie composé de deux personnes. Elle y effectue un travail peu conventionnel : « Si l’on soustrait du mouvement des galaxies l’expansion de l’Univers, reste-t-il un mouvement résiduel ? » A l’époque, on a mesuré le « décalage vers le rouge » d’une centaine de galaxies. Elle les étudie et discerne une grande région « où les vitesses résiduelles sont positives et une autre où les vitesses sont négatives : des galaxies de même magnitude […] s’éloignent plus vite dans une direction du ciel que dans l’autre ! » Elle essaie de conforter ces résultats étonnants, compatibles avec le modèle d’un univers en rotation, au moyen de données supplémentaires. Mais les observateurs ne veulent pas lui transmettre leurs résultats et lui conseillent d’attendre. Ignorant ces recommandations, elle présente ses résultats à Haverford lors d’une rencontre annuelle des astronomes américains, fin décembre 1950. Obligée de repartir aussitôt, car mère d’un enfant de trois semaines, elle n’assiste pas à la controverse qu’elle suscite, ses résultats bouleversant les idées alors en vogue.
Elle décroche sa maîtrise en 1951 et s’apprête à préparer son doctorat à Princeton, sans songer que les femmes ne sont pas acceptées. Elle s’inscrit à Goergetown. Les conditions de préparation de son doctorat s’avèrent particulièrement difficiles. Chaque jour, après avoir couché ses deux enfants, elle travaille sur sa thèse de dix-neuf à deux heures du matin, dort quelques heures, puis se lève pour passer la journée avec eux. Elle n’a pas choisi la facilité pour son travail de recherche. Initié par Georges Gamow, ardent défenseur du Big Bang, qui, intrigué par le sujet de maîtrise de Vera, l’appelle et lui propose le sujet de thèse correspondant à la question suivante : « L’Univers est-il vraiment homogène et isotrope, avec des galaxies uniformément dispersées comme l’assurent alors les théories cosmologiques ? »
Elle découvre une réponse surprenante : L’univers n’est pas homogène, résultats qui, rejetés par l’élite bien-pensante dans un premier temps, seront confirmés et font depuis l’objet d’intenses recherches.
Elle obtient sa thèse en 1954. En 1963, elle part à la Jolla, en Californie, travailler avec les époux Burbidge. Ceux-ci écoutent ses idées sans les envisager au premier abord comme absurdes.
En 1965, elle devient la première femme à observer « en toute légalité » à l’observatoire du mont Palomar. Une révolution ! L’année 1965 est également celle où elle opte pour un emploi permanent. Les femmes n’étant pas admises dans les bureaux, Gamow et elle prennent l’habitude de se rencontrer dans la bibliothèque du département « magnétisme terrestre » (DTM). Séduite par le lieu, elle sollicite le directeur pour y décrocher un emploi. Basée au DTM, elle commence une étude des quasars, ces noyaux actifs de galaxies qui cachent un trou noir supermassif. Elle renonce. Trop de pression.
Elle revient sur le sujet de sa maîtrise. De nouvelles données corroborent ses conclusions de l’époque, sous l’œil goguenard des astronomes. Aujourd’hui l’étude de mouvements à grande échelle (large scale streaming ) est un champ spécifique de la cosmologie.
Découragée par cette opposition, elle se saisit d’une autre question : « pourquoi les galaxies spirales présentent-elles des variations de luminosité et de structure ? » Ces galaxies sont divisées en trois types. Vera, pensant ces différences liées à leur rotation, s’ingénie à calculer la vitesse de celle-ci à la périphérie, alors que tout le monde s’intéresse à la rotation au voisinage du centre galactique.
En 1970, avec son collègue et ami Kent Ford, elle aborde M31, la galaxie d’Andromède. Ils arrivent aux résultats suivants : la vitesse des objets périphériques est tout aussi élevée que celle des objets plus proches du centre et, ce, quel que soit la galaxie. Selon elle, il doit exister dans les galaxies de la matière non lumineuse (donc « noire ») qu’il faut prendre en considération dans le calcul des vitesses de rotation.
Au cours des années, elle poursuit l’étude des galaxies et de leurs mouvements. En 1992, elle fait paraître un nouveau résultat surprenant. Elle a étudié la galaxie NGC4550 et a noté que son spectre était anormal. La moitié des étoiles de cette galaxie tourne dans un sens et le reste dans l’autre !
Ce genre de comportement peut s’expliquer si l’on considère que les galaxies se construisent progressivement, en avalant des morceaux plus petits. Les astronomes devront repenser le mécanisme des galaxies.
Vera est la deuxième femme, après Caroline Herschel, à avoir reçu la médaille d’or de la très british Royal Astronomical Society. Elle est l’une des rares astronomes à avoir su jongler entre vies professionnelle et familiale.
Vera Rubin
Wikipédia
Vera Cooper Rubin
Encyclopedia.com
¿Quién era Vera Rubin?
Vera C. Rubin Observatory
Vidéo.Les incroyables images du télescope Vera Rubin !
ARTE, Youtube, 1er juillet 2025, 2 40′ 11
Vidéo. Vera Rubin et la découverte de la matière noire
la fille dans la lune, Youtube, 29 mars 2022, 6’31
Vera Rubin, l’astronome qui a imaginé la matière noire
Jean-Baptiste Feldmann
CIELMANIA : le blog de Jean-Baptiste FELDMANN, photographe du ciel, 23 juillet 2021
idéo. Vera Rubin, matière grise presque visible | Femmes & sciences
Le Blob, Youtube, 3 avril 2021, 3’20
Vidéo. Vera Rubin et la matière noire
StringTheoryFR, Youtube, 59 »
Vidéo. Matière noire : qui est ce fantôme qui hante le cosmos ?
Le Monde, 24 août 2019, 15’11
Chercheuses d’étoiles (4/4). Notre série documentaire vous explique comment l’astronome Vera Rubin a bouleversé nos certitudes sur les lois de la gravitation en supposant l’existence d’une matière invisible.
Vera Rubin obituary
Frank Close
The Guardian, Sun 1 Jan 2017
Les phares de l’espace. Susan Jocelyn Bell

Dans le domaine radio, le ciel n’est pas étoilé, cependant une étoile anormale y a été trouvée : le pulsar. Cet objet émet des « bips » radio réguliers repérés par Jocelyn Bell.
Jocelyn Bell est née le 15 juillet 1943 à Belfast en Irlande du Nord. Le père de Jocelyn, architecte, a construit le planétarium de l’observatoire d’Armagh. Très tôt elle veut devenir astronome. Ayant raté l’examen donnant accès aux études secondaires, elle part étudier en Angleterre à la Mount School of York de 1956 à 1961. Cette école néglige les sciences, ce qui n’empêche pas Jocelyn d’entrer à l’université de Glasgow pour étudier la physique. Elle décroche son diplôme de physicienne en 1965 et accède à une place de doctorante au sein de la communauté de radioastronomie de Cambridge, alors en pleine effervescence. En effet, Margaret Clark a juste fini de faire la découverte de la scintillation interplanétaire : « à cause des fluctuations de densité du milieu interstellaire et du vent solaire, l’intensité apparente d’une source radio observée depuis la Terre varie. Plus il y a de matière interposée et plus le scintillement est important. Ce phénomène est familier dans le domaine visible : les étoiles voisines de l’horizon scintillent à cause de la turbulence atmosphérique. Les planètes, par contre, ne scintillent pas, car leur taille apparente est plus importante ». Le même phénomène est observable dans le domaine radio. Le radioastronome Antony Hewish estime que si on détecte une source radio qui scintille trop, il y a de fortes chances qu’on ait affaire à un quasar. Il imagine une antenne et détermine un protocole d’observations à exécuter. Il charge sa nouvelle doctorante de 24 ans, Jocelyn, de la réalisation pratique. Elle construit en deux ans une antenne monumentale qui « ne permet d’enregistrer que l’émission radio des sources qui, entraînées dans la ronde céleste par la rotation de la Terre, défilent dans son champ de vue ». Jocelyn endosse seule la charge de la marche du télescope et de l’analyse des données (des mètres de papier imprimés quotidiennement). Un jour, elle perçoit un signal étrange, différent à la fois d’un phénomène d’interférence et du scintillement. En cherchant dans les kilomètres de papiers, elle retrouve d’autres observations, plus anciennes, de sa « saleté » comme elle la nomme, toujours située à un endroit identique du ciel. Pendant des semaines, cette source ne se manifeste plus. Mais en novembre 1967, elle se met à nouveau à émettre. Elle parvient à enregistrer son signal émis à plus grande vitesse qu’habituellement. La « saleté » s’avère formée d’une suite d’impulsions régulièrement espacées et séparées de 1,3 seconde.
Pour Hewish, il ne peut s’agir que d’une interférence humaine. Ils interrogent leurs collègues, mais, parmi eux, aucun ne paraît responsable de cette émission étrange.
Paul Scott et Robin Collins, deux astronomes, invitent Hewish et Bell à venir observer le ciel avec un autre télescope. Rien ne se produit à l’heure prévue. Jocelyn craque, mais Robin Collins, resté près de l’imprimante, voit la source arriver en retard.
Ce signal en apparence artificiel ne provient pas de notre Terre. Proviendrait-il d’une autre « Terre » ? Très en colère, Jocelyn Bell se résigne à baptiser la source LGM-1 (Little Green Men). Mais un soir, elle aperçoit une autre « saleté » dans une toute autre partie du ciel. La source passe dans le champ de l’antenne : de nouveau, des pulsations apparaissent. Inimaginable que deux civilisations extraterrestres cherchent à entrer en contact avec nous de concert et de manière similaire. Le signal doit alors être de cause naturelle !
Un article annonçant la découverte paraît dans la revue Nature. Hewish en et le premier auteur, tandis qu’elle est deuxième.
En 1968, elle se marie avec un employé du gouvernement, Marin Burnell. Elle trouve un emploi à l’université de Southampton, où l’on s’intéresse à l’astronomie des rayons gamma. Elle déploie un nouveau télescope gamma dont elle assure aussi le calibrage.
Cinq ans plus tard en 1974, elle s’installe au Mullard Space Science Laboratory à Londres, où elle analyse les données du satellite Ariel-5 qui détecte les rayons X. Elle travaille à mi-temps, car les après-midi sont réservés à l’éducation de son fils.
De 1982 à 1991, elle continue ses recherches en astronomie infrarouge et radio. Elle est une experte reconnue du domaine et obtient la responsabilité du télescope James Maxwell à Hawaï. Cette éternelle errance et ces innombrables changements de sujet de recherche ne favorisent guère son parcours professionnel, et elle éprouve des difficultés à obtenir un poste permanent. En 1991, elle exerce en tant que professeur à temps plein à l’Open University de Milton Keynes. Elle y reste dix ans, puis passe une année à Princeton en qualité de professeur invité. En 2001, elle rejoint pour trois ans, le département d’astronomie de l’université de Bath. Elle en devient le doyen de la faculté des sciences. Elle est professeur invité à l’université d’Oxford et rectrice de l’université de Dundee depuis 2018.
En 1973, Jocelyn et son patron reçoivent le prix Michelson pour la découverte des « pulsars ». L’année suivante, le prix Nobel de physique est attribué uniquement à Hewish. Il s’agit du premier Nobel décerné pour l’astronomie d’observation. Le fait de n’avoir octroyé ce prix qu’à lui seul soulève une controverse. Cela jouera sans doute un rôle dans l’abandon par Margaret Burbidge de son poste de directeur de l’observatoire de Greenwich. Hewish assure que Jocelyn n’a agi que sur son ordre. Certes, mais sa tâche était de repérer des quasars et non de trouver un pulsar – et c’est bien elle qui les a découverts. Elle recevra néanmoins de nombreuses récompenses.
Jocelyn Bell
Wikipédia
Susan Jocelyn Bell (1943-)
Encyclopedia.com
Vidéo. Jocelyn Bell et la découverte qui a changé l’astrophysique (455)
Dr Karl, Youtube, 8 décembre 2025, 31’43
Vidéo. Interview de Jocelyn Bell – Observatoire Jocelyn Bell de Toulouse
UPS in Space, Youtube, 29 septembre 2023, 5’02
Audio. Épisode 2 : Jocelyn Bell – balado nobELLES
Espace pour la vie Montréal, Youtube, 7 juin 2023, 37’17
Vidéo. I Changed Astronomy Forever. He Won the Nobel Prize for It.
New York Times Opinion, Youtube, 30 juillet 2021, 16’16
Vidéo. Almost Famous : The Silent Pulse of the Universe
Ben Proudfoot
The New-York Times, July 27, 2021
Jocelyn Bell Burnell, découvreuse des pulsars
Françoise Combes et Florence Durret
Reflets de la Physique, n° 64, 2020, pp. 30-32
Jocelyn Bell, la grande dame des petites étoiles
Etienne Meyer-Vacherand
Le Temps, 7 août 2020
Vidéo. Jocelyn Bell Burnell Special Public Lecture : The Discovery of Pulsars
Perimeter Institute for Theoretical Physics, Youtube, 26 octobre 2018, 1 17′ 26
Vidéo. Jocelyn Bell Burnell et la découverte des pulsars
la fille dans la lune, Youtube, 25 octobre 2018, 9′
Five women who missed out on the Nobel prize
Anna Paul
The Guardian, Sun 7 Oct 2018
Jocelyn Bell Burnell enfin récompensée pour l’extraordinaire découverte des pulsars
Nadia Drake
National Geographic, 12 septembre 2018
Privée de Nobel en 1974, l’astrophysicienne Jocelyn Bell Burnell enfin reconnue
Le Monde, 8 septembre 2018
Jocelyn Bell : “La ciencia y la religión son compatibles si no te dicen qué tienes que creer”
Entrevista realizada por Javier San Martín e Izaskun Lekuona
Mujeres con ciencia, 17 février 2016
Jocelyn Bell Burnell : Expanding celestial horizons
Jacqui Farnham
Originally published in the ebook A Passion for Science: Stories of Discovery and Invention, décembre 2015
El universo de Jocelyn Bell Burnell
Maia Garcia Vergniory, Doctora en Física
Mujeres con Ciencia, 3 décembre 2014
Jocelyn Bell Burnell
Emine Saner
The Guardian, Tue 8 Mar 2011
Quelques liens sur la place des femmes en astronomie
Place des femmes en astronomie
Wikipédia
Liste de femmes astronomes
Wikipédia
Vidéo. Quand les femmes étaient interdites d’astronomie
Yaël Nazé
Escales sous les étoiles, Youtube, 23 décembre 2025, 1’16
Vidéo. Rencontre avec Yaël Nazé – Étoiles extrêmes, vie dans l’univers et esprit critique
Questions de science, Youtube, 24 février 2025, 27’59
Vidéo. 5 Femmes qui ont Révolutionné l’Astronomie
Questions de science, Youtube, 25 septembre 2024, 8’19
‘She was right and they were wrong’: the female astronomers hidden by science’s male elite
Robin McKie
The Guardian, Sun 1 Sep 2024
L’apport des femmes astronomes
Laboratoire d’astrophysique de Marseille, Mise à jour, 8 mars 2024
Vidéo. Séminaire n°35 : Comment parler d’astronomie aux enfants sans stéréotypes (de genre) ?
l’Observatoire de Paris, Youtube, 23 février 2024, 1 27′ 44
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8 mars. Olga Suarez : « Ces pionnières de l’astronomie méritent d’être (re)connues »
Anna Musso
L’Humanité, 7 mars 2023
Vidéo. Une Histoire des femmes astronomes invisibilisées
QuEstCeQueTEnDis, Youtube, 21 janvier 2023, 2 22′ 05
« Les pionnières de l’astronomie » : l’Observatoire de la Côte d’Azur met en lumière des femmes souvent oubliées
Marie Pujolas
franceinfo, 12 mars 2022
Séminaire n°20 : La présence des femmes en astronomie et astrophysique
l’Observatoire de Paris, Youtube, 11 février 2022, 54’26
Les inégalités de genre dans le milieu de l’astronomie : discussion avec l’astrophysicienne Emily Rickman
Celia Capella
Berthine, 24 avril 2020
Douze pionnières de l’astronomie
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Ciel & espace, 8 mars 2019
Vidéo. Les Femmes et l’astronomie
Conférence du 30 octobre 2015 par JJ. Hillairet au club Les Céphéides de Royan
viny17600, Youtube, 10 novembre 2015, 46’25
Les femmes astronomes et leurs grandes découvertes
Santifike
Science Ballade, 22 décembre 2014
Vidéo. L’astronomie au féminin
Avec Yaël Nazé
espace des sciences, 1er octobre 2013, 1 44′ 36
Vidéo. L’astronomie au féminin
Conférence donnée à l’IAP le 5 janvier 2010, par Yaël Nazé, astrophysicienne à l’Université de Liège, 1 39′ 53
Canal U
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