
Les dix chercheuses : primatologue, biologiste, anthropologue, généticienne, géologue, ethnobotaniste, paléontologue, préhistorienne et écologue, évoquées dans l’exposition Savanturières qui s’est tenue au Jardin des plantes de Paris d’octobre 2025 à avril 2026, vont à l’encontre du cliché selon lequel le scientifique aventurier (savanturier) serait forcément un homme. Cette exposition a voulu retracer leurs passions, leurs parcours, leurs terrains d’exploration et leurs découvertes, sans omettre les équipes souvent féminines qui les accompagnent dans de fructueuses collaborations.
Les textes de l’article ont essentiellement pour sources l’exposition Savanturières qui s’est tenue au Jardin des Plantes d’octobre 2025 à avril 2026 et le livre Savanturières. Une histoire naturelle au féminin publié en 2025 par le Muséum national d’Histoire naturelle.
Les photos ©humanitelles
- Introduction
- Paléontologue : à la recherche des grands reptiles marins. La quête de Nathalie Bardet
- Préhistorienne : déconstruire le regard sur les premiers humains. Le grand dessein de Marylène Patou-Mathis
- L’anthropologie culturelle : entre sociétés humaines et environnement
- Biologiste marine : dans les forêts d’algues rouges. La passion de Line Le Gall
- Biologiste marine : dans les secrets des grandes profondeurs. Comprendre, transmettre et sauvegarder : les piliers du travail de Nadia Ameziane
- L’anthropologie biologique : vive la diversité
- Géologue : des profondeurs de la Terre à la surface de Mars. Pour Violaine Sautter, les roches ont un langage
Introduction
Dans l’imaginaire collectif, le scientifique aventurier demeure un homme, même si les femmes occupent aussi ces terrains éloignés et parfois risqués. Une étude de mars 2021 menée par le Muséum national d’Histoire naturelle sur ses effectifs a démontré que les équipes de chercheurs étaient formées de 59% d’hommes, et que 56% d’entre eux terminaient et soutenaient leur thèse contre 44% de femmes.
Si les chercheuses dont il est question dans cet article n’ont pas eu, selon leurs dires, de difficultés à mener leurs études et à se lancer dans une carrière, elles sont toutes d’accord sur la nécessité de repenser globalement le fonctionnement de la recherche à la lumière des questions de genre.
Moins carriéristes, moins préparées à bien se vendre et à bien vendre un projet, moins politiques, candidates à une promotion quand elles sont absolument certaines de réussir, en but à l’absence de parité, au doute sur la qualité de leurs interventions ou au scepticisme de leurs collègues masculins quand elles battent en brèche des clichés sexistes, les femmes doivent déployer deux fois plus d’efforts pour être considérées.
Ce combat n’est guère facilité par le statut de mère qui rend leur progression plus lente sur le plan universitaire et rend délicate leur absence pour effectuer des recherches sur le terrain. En proie au sexisme – la réussite au concours du CNRS grâce au pantalon moulant porté à l’oral – aux difficultés d’évoluer dans un monde qui « n’était pas prêt à accueillir les femmes » – les toilettes inadaptées – s’est posée la question de la considération et de la légitimité.
La domination masculine dans les sciences est pluricentenaire, et les chercheuses actuelles ont à cœur de rendre hommage aux pionnières issues, à quelques exceptions près, de milieux aisées et pour qui, pour beaucoup d’entre elles, avoir un père ou un mari scientifique représentait une entrée dans ces milieux. Et si la géologie ou la paléontologie restent des spécialités encore très masculines, la primatologie mise sur la douceur, la patience, le soin aux autres, qualités prétendument féminines. Il en est de même pour l’étude des algues en botanique qui est revenue aux femmes de marins pêcheurs ou aux épouses de botanistes.
Et si les choses évoluent, la préhistorienne Maryline Patou-Mathis estime que « la première barrière, encore aujourd’hui, se trouve dans la tête des femmes, qui, pour certaines, ont intégré l’idée que la science, au-delà d’un certain niveau, ce n’est plus pour elles. »
Les travaux des chercheuses prennent souvent en considération la dimension de genre, afin d’appréhender le monde et l’analyser en prenant en compte le concept de « connaissance située ». Cette démarche s’érige contre une prétendue « objectivité scientifique », qui ne reflète qu’une position de domination, et contre le relativisme. Démarche qu’Hélène Artaud résume de la façon suivante : « On ne peut pas comprendre ce qui se passe chez les autres si on ne sait pas d’abord de quoi l’on hérite. »
Paléontologue : à la recherche des grands reptiles marins. La quête de Nathalie Bardet

Enfant, Nathalie Bardet découvre dans une encyclopédie la fresque de l’Âge des reptiles. Dans la propriété familiale des Alpes-Maritimes, elle déniche ses premiers fossiles. Après s’être inscrite en géologie à l’université de Nice, elle monte à Paris pour un troisième cycle de paléontologie à l’université Pierre-et-Marie-Curie. Elle soutient sa thèse en 1992. Elle entre au CNRS en 1994 où elle devient directrice de recherche dans l’équipe du Centre de recherche en Paléontologie de Paris.
Tous les paléontologues n’étudient pas les dinosaures ! Parce qu’à la même époque vivaient d’autres grands géants : des reptiles marins, tout aussi impressionnants et passionnants… Quelles adaptations à la vie aquatique faisaient leur succès pendant plus de 180 millions d’années, c’est précisement la quête de Nathalie Bardet. Il lui a fallu fouiller les sédiments des anciens océans, pour retrouver ces fossiles. C’est d’abord en Syrie, puis au Maroc que Nathalie Bardet va sur le terrain. C’est au Maroc qu’elle effectue ses plus belles découvertes : Thalassotitan atrox, mosasaure de dix mètres de long, mégaprédateur de l’écosystème , et Ocepechelon bouyai, tortue marine de trois mètres de long, dotée d’un étonnant museau tubulaire qui lui servait à aspirer ses proies. Ses multiples études sur les reptiles marins dans les exploitations de phosphates du Maroc et du Proche-Orient sont la signature de sa trajectoire de chercheuse.
Peu à peu, à force de comparaisons, elle détermine la diversité de leurs régimes alimentaires : dents fines et pointues qui percent, dents basses et bulbeuses qui écrasent, et dents à grandes carènes qui coupent. Cette classification lui permet d’identifier proies et prédateurs, et de déterminer l’écosystème global où ces reptiles vivaient. « Cette biodiversité passée, on peut la comparer à celle d’aujourd’hui et comprendre pourquoi il y a eu disparition des mosasaures, à la fin du crétacé ».


Liste des publications de Nathalie Bardet (Articles, Communications dans des congrès, Posters de conférences, Ouvrages, Chapitres d’ouvrages)
Archive ouverte HAL
La paléontologie au féminin : les pionnières du XIXe siècle
Peggy Vincent, Chargée de recherche CNRS, Centre de recherche en paléontologie, MNHN, Paris ; Alex Lena, Dr en philosophie et histoire des sciences, université Lyon 1 ; Nathalie Bardet, Directrice de recherche au CNRS, Centre de recherche en paléontologie, MNHN, Paris
ESPÈCES, n° 45, Septembre à Novembre 2022, pp. 34-41
Audio. La paléontologie fait de vieux os !
La Science, CQFD, France Culture, 15 novembre 2022, 58′
Audio. Qui peuplait les mers au temps des dinosaures ?
RFI, 18 octobre 2021, 48’30
Audio. La mer au temps des dinosaures
La Terre au carré, France Inter, 14 octobre 2021, 53′
Vidéo. La mer au temps des dinosaures – Conseil de Lecture #5 + Interview exclusive de l’équipe !
Paléo-J, Youtube, 9 avril 2022, 29’51
Vidéo. Le retour à l’eau
Paléontologie Paris, Youtube, 9 février 2022, 8’13
La galerie de paléontologie : plongée dans les abysses de la vie
La galerie de paléontologie, ce sont 7000 fossiles, 316 squelettes complets, dont le plus ancien est daté de 460 millions d’années, jusqu’aux animaux contemporains des premiers humains.
Les collections présentées au public se doivent d’être conservées, protégées, restaurées, nettoyées. Alors une équipe intervient chaque matin et les jours de fermeture pour les dépoussiérer et veiller au bon état des spécimens.
Quant aux chercheurs paléontologues, leur travail passe d’abord par du dégagement, sur le terrain ou au laboratoire, pour extraire les fossiles de leur gangue. Plus tard, afin de rendre leurs découvertes plus vivantes, ils travaillent en étroite collaboration avec des dessinatrices, qui reconstituent les faunes du passé selon leurs indications.

Préhistorienne : déconstruire le regard sur les premiers humains. Le grand dessein de Marylène Patou-Mathis

En Dordogne, Marylène Patou-Mathis visite des grottes préhistoriques où elle assiste à un chantier de fouilles, une révélation ! Elle étudie d’abord la géologie puis la paléontologie et s’intéresse aux dinosaures et aux premiers mammifères. C’est en préparant son DEA en 1981, puis sa thèse soutenue en 1984 qu’elle « rencontre l’homme de Néandertal ». Elle entre au CNRS en 1989. Elle est Directrice de recherche émérite au CNRS dans l’Unité Mixte de Recherche « Histoire naturelle des humanités préhistoriques ».
Réhabiliter Néandertal et redonner aux femmes une place dans l’histoire des sociétés préhistoriques, tels sont deux des grands desseins de Marylène Patou-Mathis, qui ont fait d’elle une préhistorienne iconoclaste.
Lorsqu’elle débute son travail de recherche, les Néandertaliens étaient considérés comme inférieurs à l’Homo sapiens. Elle a montré la complexité de leurs comportements techniques, sociaux et symboliques. « Néandertal s’est éteint non pas parce qu’il était moins résistant ou moins intelligent que Sapiens mais principalement en raison d’un problème démographique« , précise-t-elle. « Il n’y a pas de société inférieure ou supérieure, chacune apporte des réponses aux problèmes qu’elle rencontre, selon ses besoins et son environnement ».
Dans le même esprit, la préhistorienne s’est récemment attachée à déconstruire le regard sur les femmes dans les sociétés préhistoriques : un a priori issu du système patriarcal occidental qui a transposé le supposé rôle domestique des femmes modernes à la préhistoire, sans preuves archéologiques. Selon elle, « Nous savons peu de choses sur la répartition sexuée des tâches ». Marylène Patou-Mathis est une infatigable défenseuse de la diversité et de la complexité, contre la hiérarchisation et l’essentialisation !

Marylène Patou-Mathis
Wikipédia
Liste des publications de Marylène Patou-Mathis (jusqu’à 2022)
Histoire Naturelle des Humanités Préhistoriques
Marylène PATOU-MATHIS. Préhistorienne
Hominidés.com
Bibliographie – Ouvrages et direction d’ouvrage in Marylène PATOU-MATHIS. Préhistorienne
Hominidés.com
Nous étions si proches. Les relations humain-animal de la préhistoire à nos jours
Marylène Patou-Mathis
Allary Editions, 2026
L’homme préhistorique est aussi une femme
Marylène Patou-Mathis
Allary Editions, 2020
Madame de Néandertal, journal intime
Pascale Leroy ; Marylène Patou-Mathis
Editions NIL, 2014
Vidéo. Les relations humain-animal
La préhistorienne Marylène Patou-Mathis nous parle des relations entre les humains et les animaux, l’histoire d’un éloignement inquiétant.
28 minutes, 18 mars 2026
Audio. Marylène Patou-Mathis : « La Préhistoire est plurielle, ce sont des sociétés préhistoriques »
Le Grand Portrait, France Inter, 11 février 2026, 19′
Vidéo. L’invisibilité des femmes dans l’histoire de l’évolution humaine – Marylène Patou-Mathis
Université de Poitiers, Youtube, 9 février 2024, 1 30′ 09
Vidéo. Colloque 1SV – Les Données – Shelly Masi & Marylène Patou Mathis
Quelle histoire naturelle de la violence ? Apports de la primatologie et de la préhistoire
Laboratoire Droit et Changement Social, Youtube, 12 mai 2023, 25′
Vidéo. Colloque 1SV – Discussion : Les données
Laboratoire Droit et Changement Social, Youtube, 12 mai 2023, 31’38
Vidéo. Les femmes qui dérangent – : « Les femmes préhistoriques : regards d’hier savoirs d’aujourd’hui»
Conférence de Marylène Patou-Mathis
Mundaneum, Youtube, 17 février 2023, 1 22′ 14
Vidéo. Qui étaient vraiment les femmes préhistoriques ? – Marylène PATOU-MATHIS
MSH Alpes, Youtube, 2 mai 2022, 46’16
Vidéo. Le rôle des femmes préhistoriques : nouveau regard
Cité des sciences et de l’industrie, Youtube, 1er avril 2022, 1 30′ 22
Vidéo. Femmes préhistoriques : sortir d’une vision patriarcale
Musée de l’Homme, Youtube, 10 février 2022, 1 28′ 50
Vidéo. #204 L’Homme préhistorique était aussi une femme avec Marylène Patou-Mathis
VLAN!, Youtube, 18 janvier 2022 1 03′ 03
Vidéo. Épisode #19 – Marylène Patou-Mathis – FEMMES PRÉHISTORIQUES : DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE
GANG OF WITCHES, Youtube, 24 juin 2021, 1 14′ 22
Marylène Patou-Mathis : « Les femmes préhistoriques ne passaient pas leur temps à balayer la grotte »
France Inter, 7 avril 2021
La femme préhistorique n’était ni chétive, ni passive
Adrienne Rey
Slate, 28 février 2021
Le rôle des femmes à la préhistoire : chasseuses, peintres, guerrières…
TV5MONDE, 14 novembre 2020
Qui a dit que les femmes préhistoriques étaient cantonnées à la cueillette et à la maternité ? Des hommes ! répond l’historienne Marylène Patou-Mathis. Des archéologues du 19e siècle, dont l’analyse genrée ne résiste pas au verdict des nouvelles technologies. Pour la chercheuse, nos ancêtres du paléolithique auraient beaucoup à nous apprendre en matière d’égalité des genres.
Sortir la femme préhistorique de l’ombre
Marylène Patou-Mathis
Le Monde diplomatique, octobre 2020 (Abonné.e.s)
L’homme préhistorique est aussi une femme. Une histoire de l’invisibilité des femmes
Marylène Patou-Mathis
Allary Editions, octobre 2020
Vidéo. Conférence « Origines de la violence et de la guerre » : 1ère partie : La violence sans la guerre
Conférence de la Confluence des Savoirs (Lyon) par Marylène Patou-Mathis , 5 avril 2016
Confluence des Savoirs, Youtube, 17 avril 2019, 1 48′ 30
Vidéo. Origine de la Violence et de la guerre : 2ème partie : Les causes de l’apparition de la guerre
Conférence de la Confluence des Savoirs (Lyon) par Marylène Patou-Mathis , 5 avril 2016
Confluence des Savoirs, Youtube, 17 avril 2019, 14’52
Vidéo. Homme ou bête ? – Néanderthal, une autre humanité, n°2
Rencontre avec Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS, responsable de l’unité d’archéozoologie du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), 2009
Cité des sciences et de l’industrie, Youtube, 7 avril 2020, 1 48′ 30
Vidéo. Quelle place parmi les hominidés ? – Néanderthal, une autre humanité, n°1
Rencontre avec Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS, responsable de l’unité d’archéozoologie du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), octobre 2009
Cité des sciences et de l’industrie, Youtube, 7 avril 2020, 1 40′ 21
Audio. 10 octobre 1985, Marylène Patou-Mathis part à la rencontre des San, derniers chasseurs-cueilleurs du Botswana
Une journée particulière, France Inter, 12 mai 2019, 55′
Trois découvertes sur Néandertal
Camille Renard
France Culture, 27 mars 2018
Vidéo. Qui étaient les néandertaliens ? (1/2)
Cycle de conférences animé par Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, directrice de recherches au CNRS, Département Préhistoire, Muséum
Musée de l’Homme, Youtube, 23 juillet 2016, 1 40′ 52
Vidéo. Les Néandertaliens ont-ils disparu ? (2/2)
Cycle de conférences animé par Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, directrice de recherches au CNRS, Département Préhistoire, Muséum
Musée de l’Homme, Youtube, 23 juillet 2016, 1 31′ 05
Contribution à l’étude des mammifères des couches supérieures de la grotte du Lazaret (Nice, A.-M.) : méthodes et résultats paléontologiques et palethnographiques
Thèse de Marylène Patou
Université Pierre et Marie Curie, 1984
Les collections de préhistoire : révéler les humanités passées
Outils en silex, os ou ivoire, statuettes et figurines, matières picturales, restes alimentaires ou encore relevés d’art rupestre, parures, armes et objets d’art, toutes ces collections constituent des témoignages culturels essentiels des sociétés et des environnements préhistoriques.
L’équipe de conservation se charge de préserver ces précieuses traces, et sans relâche en assure l’inventaire, la description, le dépoussiérage, la numérisation, le reconditionnement et le stockage. Jusqu’à parfois plonger dans de mystérieuses archives de retours de missions fort anciennes. Il faut alors pister chaque indice, de la date du journal qui emballait les échantillons jusqu’aux étiquettes de transport du carton ou même de la calligraphie des éventuelles notes de terrain, pour enfin redonner toute leur grandeur à ces pièces oubliées.

L’anthropologie culturelle : entre sociétés humaines et environnement
L’anthropologie culturelle, telle qu’elle est actuellement développée au Musée de l’Homme, propose une analyse factuelle et un regard critique sur l’évolution des rapports qu’entretiennent les sociétés humaines vis à vis des matières et des matériaux présents dans leur environnement. Elle inclut ainsi des champs transversaux tels que l’ethnobotanique et l’ethnoentomologie.
Les collections matérielles constituent l’outil principal de ce projet. Elles accueillent essentiellement des pièces des XXème et XXIème siècles, sans limite géographique, qui témoignent des capacités d’adaptation et de création des individus, hommes ou femmes, dans un monde en mutation constante.



Ethnobotaniste : des plantes et des peuples. La passion de Marie Fleury

Le choix de Marie Fleury d’entreprendre des études en pharmacie s’explique par son intérêt précoce pour les plantes médicinales. Elle renoue avec sa passion en troisième année grâce à un cours sur les drogues végétales. Passion qui la mènera d’une thèse sur la médecine ayurvédique à une autre sur l’ethnobotanique aluku soutenue en 1991. Son DEA en botanique tropicale à Paris VI la conduit en Guyane. Durant plus de quinze ans elle dirigera l’antenne que le Muséum possède sur ce territoire. Elle a également été membre du conseil consultatif des peuples amérindiens et businenge (CCPAB) pendant six ans et puis membre suppléante au Grand Conseil Coutumier. Elle est maître de conférence dans l’unité Patrimoine locaux, Environnement et Globalisation.
La nature, les fleuves, la forêt et les liens qui les unissent aux humains : un résumé des passions de Marie Fleury.
Avec en poche une thèse en pharmacie sur la médecine ayurvédique, un Master en ethnologie et des études en botanique tropicale, Marie Fleury s’est intéressée aux relations Homme-environnement sur le Haut-Maroni en Guyane. Ses recherches portent sur l’usage et la représentation du monde végétal, en particulier dans le domaine alimentaire et médicinal. Ce travail l’occupe encore près de quarante ans après son premier séjour sur place, tant la connaissance que les Aluku ont des végétaux est complexe, fine et précise.
Après une thèse sur l’ethnobotanique aluku, elle a commencé à travailler avec les Amérindiens wayana dans une perspective comparatiste. Ses recherches l’amenèrent ensuite vers l’histoire de leur installation en Guyane, en lien avec leur cosmogonie, leur art et leur environnement bioculturel.
Afin de sauvegarder les connaissances traditionnelles, elle rédige, en accord avec les populations concernées, des ouvrages accessibles à tous, répertoriant les usages des plantes qui constituent un patrimoine à sauvegarder. Le premier, réalisé avec les Wayana, est paru en 2007. Elle procède de même avec les remèdes Businenge en 2017, Hmong en 2019, créoles en 2020. Elle a aussi initié des ateliers de transmission de savoir-faire sur l’art traditionnel qui constitue, selon elle, un véritable patrimoine de l’humanité. Elle a créé en 2002 l’association Gadepam (Association pour le Développement et l’Étude des Plantes Aromatiques et Médicinales en Guyane) qui réunit un réseau de 700 artisans dans un circuit d’économie sociale et solidaire.


Liste de publications de Marie Fleury (Articles, Communication dans un congrès, Posters de conférences, Ouvrages, Chapitres d’ouvrages)
Archive ouverte HAL
Liste de publications de Marie Fleury (Articles, Document multimédia, Parties d’ouvrages, Mémoire)
Catalogue en ligne de Koni. La Bibliothèque numérique du parc amazonien de Guyane
Vidéo. Filières d’avenir outre-mer : artisanat et savoir-faire
BILLOT Shirley (Fondatrice de Kadalys) ; CHAN YONE Cédric (Directeur général de la CMA-NC) ; FLEURY Marie (Présidente de l’association Gadepam); LE GALL Laure (Directrice de la communication CMA-NC) ; SALOMON Henri (Président de la CMA Martinique et membre du Bureau de CMA France)
Délégation sénatoriale aux outre-mer, 26 mars 2026
Sur les traces des anciens villages wayana, dans le sud de la Guyane
Emma Chevaillier, Audrey Virassamy
Guyane la 1ère, 22 août 2025
Audio. L’invité du 7h | Marie Fleury
Radio-Télé Péyi Guyane, Youtube, 26 février 2025, 26’32
De la Mère à la Terre : les femmes d’Outre-mer, gardiennes des savoirs
Aurélie Croiziers de Lacvivier
Nomade Aventure, 24 février 2025
Vidéo. Séquence 3 – Les calebasses et le travail du bois – Marie Fleury
Tela Botanica, Youtube, 21 mai 2024, 9’17
Vidéo. Séquence 4 – Le coton et les plantes dans l’artisanat – Marie Fleury
Tela Botanica, Youtube, 21 mai 2024, 5’45
Vidéo. Marie Fleury : Le maroni est au bord de l’extinction, orpaillage illégal, eau empoisonnée, suicide…
Radio Mayouri, Youtube, 10 mars 2024, 28’25
Marie Fleury : « Les plantes voyagent avec les hommes au gré des migrations » (3/5)
Marion Durand
Outremers 360°, 5 juillet 2023
Vidéo. Kalimata, 2007
Marie Fleury, Youtube, 19 juin 2023, 25’12
Vidéo. Webinaire « Les plantes médicinales des Outre-mer au service de la santé », 15 novembre 2020
Marie Fleury, Youtube, 5 janvier 2021, 2 17′ 20
Vidéo. Présentation du livre « Remèdes créoles de madame Louison » au jardin bois de rose, 12 décembre 2020
Marie Fleury, Youtube, 4 janvier 2021, 29’16
Vidéo. LIVE #4 – Entretien avec Marie Fleury, Ethnobonatiste [Guyane Immunité]
Bio Stratège, Youtube, 3 août 2020, 59’34
Marie Fleury présidente du conseil scientifique du Parc amazonien de Guyane invitée de Mayouri info
Catherine Lama
Guyane la 1ère, 11 avril 2019
Vidéo. Invi Thé Café : Marie Fleury, présidente du conseil scientifique du Parc Amazonien de Guyane
Guyane la 1ère, 11 avril 2019, 9’35
Marie Fleury met à l’honneur les remèdes businenge
Pierre-Ange Paradis
Guyane la 1ère, 17 septembre 2017
Vidéo. Marie Fleury présidente de Gadepam au Guyane soir
Guyane la 1ère, 7 novembre 2016
L’herbier : quatre siècles de récoltes botaniques sur tous les continents
L’Herbier du Muséum ce sont plus de huit millions de spécimens, soigneusement conservés depuis le 17ème siècle. Champignons, lichens, algues, mousses, fougères, plantes à fleurs, conifères, graines, fruits, bois, pollens, plantes médicinales… Cette collection représente leur diversité dans le monde entier. Chaque année, environ dix mille spécimens enrichissent les collections grâce aux missions scientifiques de terrain des botanistes et aux dons d’autres herbiers.
Les plantes vasculaires (plantes à fleurs et conifères) sont sous la responsabilité de 14 chargés de conservation qui gèrent chacun près de 400 000 spécimens. A leurs côtés, 16 techniciens travaillent quotidiennement dans ces collections.
La collection d’ethnobotanique est porteuse de précieux savoirs locaux : herbiers de plantes domestiquées, relevés de terrain, graines, fibres et farines… Tous témoignent de la diversité des pratiques et des interactions des sociétés humaines avec leur environnement.

Écologue : sauvegarder la biodiversité. La vocation d’Emmanuelle Porcher

Jeune, Emmanuelle Porcher se voit vétérinaire ou dans les haras nationaux. C’est rue d’Ulm qu’elle découvre le monde de la recherche, et surtout l’utilisation de la modélisation mathématique pour comprendre le vivant et ses changements sur le long terme. En 1999, au début de sa thèse à l’université Paris-Sud XI, elle a l’opportunité de travailler sur les plantes. Dans le cadre d’un postdoctorat, elle part aux États-Unis où elle travaille sur l’évolution de l’autofécondation des plantes à fleurs. Elle est recrutée au Muséum en 2006. En 2020, elle devient Directrice du Centre d’écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) au Muséum, unité pionnière dans l’essor des sciences citoyennes et participatives, à l’échelle nationale et internationale, pour la conservation de la biodiversité.
Utiliser la modélisation mathématique pour comprendre le vivant et ses changements dans le temps et dans l’espace : c’est la passion d’Emmanuelle Porcher.
Elle travaille d’abord sur la conservation de la diversité génétique des plantes, puis elle cherche à définir leurs modifications selon les pressions de sélection. Elle s’oriente ensuite vers les relations entre plantes et pollinisateurs. Ce ne sont pas seulement les abeilles, les mouches, coléoptères, papillons, oiseaux et même les escargots assurent aussi cette fonction. La transformation que connaît la flore est liée à la disparition des pollinisateurs, qui va de pair avec la diminution d’espèces végétales qui en sont très dépendantes, soit la très grande majorité des plantes sauvages.
Ses recherches l’amènent à démontrer que l’agriculture industrielle déstabilise le fonctionnement des écosystèmes avec des conséquences sur l’ensemble du vivant. A l’inverse, les pratiques agro-écologiques, la polyculture, les bocages, la préservation des haies, des bois et des mares œuvrent pour sauvegarder la biodiversité. Un changement de paradigme qui, de l’aveu de l’écologue, sera difficile mais payant sur le long terme.


Liste des publications d‘Emmanuelle Porcher (Articles, Communication dans un congrès, Ouvrages, Chapitres d’ouvrages, Autres publications scientifiques, Pré-publication, Document de travail, Rapports)
Archive ouverte HAL
Vidéo. Pollinisation, un équilibre en péril. Avec Réaumur, l’abbé Pluche et Fabre
Bibliothèque nationale de France (BnF), 2 décembre 2025, 1 31′ 02
Vidéo. Emmanuelle Porcher – Pollinisation des plantes : un équilibre en péril
Nantes Université, Youtube, 8 octobre 2025, 1 10′ 28
Audio. Un monde sans abeille
La Terre au carré, France Inter, 18 septembre 2024, 32′
Audio. Emmanuelle Porcher du Musée National d’Histoire Naturelle au festival Nature la Chevêche
Ici, 22 mars 2024, 2′
Vidéo. Quelle conservation des interactions plantes/pollinisateurs ?
Collège de France, 8 mars 2024, 1 08′ 05
Vidéo. La pollinisation en milieu agricole
Collège de France, 1er mars 2024, 1 04′ 15
Vidéo. Quels changements en cours des plantes et de leurs interactions avec les pollinisateurs ?
Collège de France, 23 février 2024, 1 05′ 46
Vidéo. Quels changements en cours des pollinisateurs ?
Collège de France, 16 février 2024, 1 07′ 21
Vidéo. Quelles données pour décrire et comprendre les changements de biodiversité ?
Collège de France, 9 février 2024, 1 02′ 24
Vidéo. Réseaux d’interactions plantes-pollinisateurs et efficacité de la pollinisation
Collège de France, 2 février 2024, 1 01′ 01
Vidéo. Coévolution entre les plantes à fleurs et leurs pollinisateurs
Collège de France, 26 janvier 2024, 1 02′ 31
Vidéo. La reproduction des plantes à fleurs (Angiospermes)
Collège de France, 19 janvier 2024, 1 05′ 52
Vidéo. Les interactions plantes-pollinisateurs, une vitrine de la crise de la biodiversité
Collège de France, 18 janvier 2024, 1 06′ 51
Audio. Printemps : à fleur de sciences : Déclin des insectes : la pollinisation a le bourdon
La Science, CQFD, France Culture, 17 janvier 2024, 58′
Sciences participatives : mesurer ensemble l’impact des activités humaines sur la flore
Le Centre d’écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) s’articule autour d’une thématique centrale de recherches sur la conservation de la biodiversité avec deux plateformes de partage de science citoyenne : Vigie-Nature (mise en place et animation des suivis nationaux standardisés d’espèces animales et végétales communes selon des protocoles de collecte de données simples et rigoureux, à destination d’observateurs volontaires), et le Centre de Recherche sur la Biologie des Oiseaux CRPBO (45 000 oiseaux bagués avec un réseau thématique de 750 personnes au niveau régional, national et international).
L’observatoire de la flore française, Vigie-Flore, permet une fructueuse collaboration entre chercheurs et botanistes bénévoles. Il s’agit de mesurer les changements d’abondance des espèces végétales les plus communes sur tout le territoire : villes, champs et forêts.
Après dix années de recueil de données, il s’avère que de plus en plus d’espèces deviennent tolérantes à des températures élevées, mais ces modifications ne sont pas assez rapides par rapport au changement climatique.
Autre constatation, les pollinisateurs disparaissent en parallèle avec la diminution des plantes sauvages qui en sont très dépendantes. Moins de pollinisateurs, c’est moins de ressources pour les oiseaux. Moins d’oiseaux, c’est moins de contrôle sur des espèces nuisibles pour les cultures alors que les réseaux d’interactions complexes sont naturellement efficaces. Si l’un des partenaires disparaît, tout le fonctionnement est déstabilisé.
Pour participer : www.vigienature.fr


Anthropologue maritime : déconstruire l’imaginaire occidental de la mer. Le cœur des travaux d’Hélène Artaud

Les œuvres de Melville et Conrad ont orienté les recherches d‘Hélène Artaud. Après une formation littéraire et une incursion en philosophie, cursus dont elle déplore le manque d’empirisme, Hélène Artaud entre à l’École des hautes études en sciences sociales. Elle débute une thèse d’anthropologie en 2008. Après un postdoctorat en 2011 à l’université Columbia de New York, elle intègre le Muséum en 2013. Elle y est Professeure dans l’unité Patrimoine locaux, Environnement et Globalisation. Elle est également rédactrice en chef de la collection « Natures en Sociétés », aux publications scientifiques du MNHN et partie prenante du programme « Terres australes françaises : au carrefour des imaginaires ». Hélène Artaud est responsable de la thématique consistant à situer les TAAF dans l’ »intertextualité » des imaginaires insulaires, en accordant notamment une attention toute particulière à la mise en image du lointain.
À la croisée de l’anthropologie de la nature, de l’histoire environnementale et des études post-coloniales, ses travaux analysent la manière dont les imaginaires océaniques se construisent, circulent, s’hybrident ou s’essentialisent. La vie et les travaux de l’anthropologue Hélène Artaud forment une sorte de grande route maritime entre les océans. De son enfance à la Réunion à son terrain sur la côte mauritanienne, puis à ses recherches sur les peuples océaniens, son objectif est de faire apparaître les soubassements historiques, sensibles et affectifs de la relation des sociétés humaines à l’océan.
Elle remet en question l’idée selon laquelle toute maîtrise de la mer serait proportionnelle aux instruments techniques dont on dispose pour la soumettre. « Le rapport à la mer n’est pas universel, contrairement à ce que l’on a pu croire« .
Hélène Artaud montre comment les pêcheurs Imraguen se situent grâce à des éléments éphémères : la couleur de l’eau, les différentes sonorités produites par le roulement des cailloux, la présence des cormorans, les odeurs des vasières. « Il faut déconstruire la pensée mais aussi le corps pour percevoir la mer comme ils la perçoivent« . Elle se rend compte que ces hommes ne sont pas des pasteurs contraints par la famine se tournant épisodiquement vers le rivage et les poissons, comme les anthropologues l’ont longtemps cru, mais bien des pêcheurs accomplis, avec une connaissance fine et ancestrale de la mer, transmise par des chants et des poésies.
Redouter l’océan semble n’être qu’un point de vue occidental, à l’opposé de la sensibilité confiante et poétique d’autres peuples marins.


Liste des publications d‘Hélène Artaud (Articles, Communication dans un congrès, Ouvrages, Chapitres d’ouvrages, Pré-publication, Document de travail, Rapports, HDR)
Archive ouverte HAL
Audio. Comment notre imaginaire colonial de l’océan a fossilisé
Va savoir, France Culture, 9 juin 2025, 3′
Audio. Les sirènes existent-elles ?
Curieux de sciences, 7 mai 2025
Bayard, Muséum national d’Histoire naturelle, 9′
Vidéo. Anthropologie maritime, une introduction
Hélène Artaud présente le champ de l’anthropologie maritime dont la vocation est d’étudier la nature et la diversité des relations entre les populations humaines et les espaces maritimes.
UVED, Youtube, 28 novembre 2024, 8’27
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 1/7 – Origine des 4 ontologies | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 3’40
Hélène Artaud, enseignant-chercheur en Ethnoécologie au Muséum National d’Histoire Naturelle, décrit la diversité culturelle humaine selon 4 ontologies principales, issues du travail de Descola : L’animisme, le naturalisme, le totémisme et l’analogisme.
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 2/7 – Pourquoi comprendre les ontologies? | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 1’18
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 3/7 – L’animisme | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 2’02
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 4/7 – Le naturalisme | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 1’52
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 5/7 – Le totémisme | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 1’59
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 6/7 – L’analogisme | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 1’37
Vidéo. Ontologies : Diversité culturelle 7/7 – Identification des sociétés aux ontologies | MNHN
Papillon curieux 2050, Youtube, 28 novembre 2024, 1’27
Quelques réflexions autour des liens entre océan, arts et sciences. À propos d’un colloque au Muséum national d’Histoire naturelle
Thoughts on the links between oceans, arts, and science. About a symposium at the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
Hélène Artaud, Anthropologie sociale, MNHN, UMR PALOC, Paris, France
Natures Sciences Sociétés, n° 32, 1, 2024, pp. 69-75
Audio. #15- « Nous Flottons! » – Rencontre des mondes Atlantique et Pacifique, avec Hélène Artaud
Aline de Saint-Aubert
Wave Radio Hossegor, 19 juin 2023, 28’38
Audio. De l’atlantique au pacifique et retour
La Suite dans les idées, France Culture, 8 avril 2023, 49′
Audio. Immersion
Chroniques littorales, France Inter, 7 avril 2023, 4′
« Immersion », d’Hélène Artaud : comment les peuples océaniens ont changé le regard occidental sur le monde
Nicolas Weill
Le Monde, 30 mars 2023 (Abonné.e.s)
Audio. Avec «Immersion», Hélène Artaud interroge nos rapports aux océans
Frédérique Genot
RFI, 12 mars 2023, 7’22
Immersion. Rencontre des mondes atlantique et pacifique – Hélène Artaud
[Note de lecture]
lundimatin#373, 6 mars 2023
Écouter la mer, plutôt que la dominer : la leçon des Océaniens
Maxime Lerolle
Reporterre, 3 mars 2023, mis à jour le 18 avril 2024
De l’étrange à l’intime, comment notre perception des animaux marins s’est transformée
Hélène Artaud, Maître de conférences, en anthropologie sociale, UMR 208 Paloc, MNHN, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)
The Conversation, 2 mars 2023
Hélène Artaud : « En Océanie, la mer relie plutôt qu’elle ne sépare »
Rémi Noyon
L’Obs, 25 février 2023
Audio. Quelle(s) philosophie (s) à partir de l’océan ?
Caroline Lachowsky
RFI, 21 novembre 2022, 48’30
Biologiste marine : dans les forêts d’algues rouges. La passion de Line Le Gall

Avant de suivre les cours de Chantal Billard, spécialiste des cycles des végétaux marins à l’université de Caen, Line Le Gall se prédestinait à la biologie animale. Elle décide de se spécialiser dans les algues. Après être passée par Orsay et la Sorbonne, elle revient à Caen pour sa thèse soutenue en 2002. Elle travaille sur une espèce d’algues servant à nourrir les ormeaux. Au début des années 2000, elle obtient un postdoctorat à Fredericton, au Canada, dans un laboratoire de pointe en matière de biodiversité des algues. Elle termine l’inventaire de biodiversité d’un certain nombre de groupe d’algues de ce pays et rentre en France où elle devient directrice des explorations du Muséum. Elle est amenée à diriger et coordonner les programmes d’expéditions, généralement les équipes de plongée. Dans le cadre du PEPR ATLASea dont l’objectif est de produire un atlas de génomes de référence pour 4500 espèces marines françaises, elle orchestre le projet ciblé DIVE-SEA consistant à collecter et conserver ces espèces dans les collections d’histoire naturelle. Depuis janvier 2026, elle est à la tête de la station biologique de Roscoff.
Des gigantesques forêts sous-marines canadiennes aux « hot spot » de biodiversité des côtes françaises, Line Le Gall se passionne pour les grandes algues marines et leur rôle crucial dans l’équilibre global des écosystèmes.
Sa carrière l’a conduite à étudier la dynamique spatio-temporelle des algues, grâce à des campagnes océanographiques et des plongées autour du globe.
Elle explique la présence de groupes diversifiés dans certaines régions et non dans d’autres par plusieurs phénomènes : les courants, la spéciation due aux niches écologiques mais aussi le réchauffement climatique. « L’océan mondial se réchauffe de 0,1 degré par décennie et les canicules sous-marines son de plus en plus fréquentes ». Enfin, la pollution perturbe aussi l’écosystème global. « On ne les trouve que sur les littoraux rocheux, elles ne tiennent donc qu’à un fil ténu et discontinu » insiste la biologiste. Devenue directrice des explorations du Muséum, la chercheuse s’intéresse désormais aux aspects ethnologiques et anthropologiques des algues, notamment à la manière dont on les consomme, dont on les utilise, et à la façon dont se transmettent les savoir-faire autour de ces végétaux, axe qui n’est pas étranger à ses préoccupations écologiques.

Liste de publications de Line Le Gall
ISYEB, L’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité
Liste de publications de Line Le Gall
Muséum National d’Histoire Naturelle
« La créativité amène le succès » : la chercheuse Line Le Gall reprend la direction de la station biologique de Roscoff
Le marin, 11 février 2026
« Éveiller, émerveiller les générations futures aux aires marines méconnues », c’est la mission de Line Le Gall, nouvelle directrice de la Station biologique de Roscoff
Sophie Guillerm
Télégramme, 31 janvier 2026 (Abonné.e.s)
Audio. Le Peuple Des Algues : Line Le Gall – Ep3/10
Bruit vert, Youtube, 15 septembre 2025, 12’23
DIVE-Sea. DES EXPLORATIONS AUX GÉNOMES MARINS – Le volet de terrain du programme ATLASea, Dossier de presse
Muséum national d’Histoire naturelle
ATLASea, un atlas des génomes humains
ATLASea : un atlas de génomes marins
FRB, Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, 10 décembre 2024
Vidéo. Les pêcheurs d’ADN
CNRS, Le journal, 22 novembre 2024, 7’36
Constituer le grand atlas des génomes marins
Vahé Ter Minassian
Le Monde, 7 octobre 2024 (Abonné.e.s)
Vidéo. L’Atlas génétique des espèces marines
France 24, 5 juillet 2024, 4’45
DIVE-Sea : plongée dans les mystères des génomes marins
Charlotte David
Mer et Marine, 5 juillet 2024
« C’est un peu de la magie » : comment des scientifiques veulent collecter plus de 4 500 espèces marines pour séquencer leur génome
Boris Hallier
France Info, 29 juin 2024
DIVE-Sea, le programme de collecte d’organismes marins, démarre à la Station marine de Dinard
Muséum national d’Histoire naturelle, 21 juin 2024
Audio. Dive-Sea
Chroniques littorales France Inter, 14 mai 2024, 4′
Vidéo. PEPR ATLASEA – Line Le Gall nous parle du projet DIVE-Sea
Ministère Enseignement supérieur et Recherche, Youtube, 10 avril 2024, 2’32
Vidéo. ISYEB – Séminaire Line Le Gall Projet AtlaSea (13 juin 2023)
Youtube, 29 juin 2023, 55’08
Audio. Pourquoi les algues marines sont-elles importantes ? – Pour que nature vive
Avec Line Le Gall, enseignant-chercheur, directrice des explorations au Muséum national d’Histoire naturelle.
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 29 juin 2023, 11’53
Percer les secrets des génomes marins
Mehdi Harmi
CNRS, Le Journal, 26 septembre 2023
Biodiversité marine : le CNRS lance un programme de recherche aux applications prometteuses
Les Echos, 17 mars 2023 (Abonné.e.s)
Audio. L’exploration scientifique aujourd’hui – Pour que nature vive
Avec Line Le Gall, enseignant-chercheur, directrice des explorations au Muséum national d’Histoire naturelle.
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 25 octobre 2022, 25’17
Dix questions à Line Le Gall
François Vandenbosch
Sea(e)scpae, 6 mars 2021
Vidéo. Chercheuses, chercheurs – Line Le Gall
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 3 décembre 2020, 2’08
Biodiversité : la mer a encore de nombreux secrets à nous livrer
Line Le Gall, Maître de conférences, spécialiste de la diversité des algues, plongeur scientifique, organisation de grandes expéditions, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)
The Conversation, 1er octobre 2020
Biologiste marine : dans les secrets des grandes profondeurs. Comprendre, transmettre et sauvegarder : les piliers du travail de Nadia Ameziane

Nadia Ameziane a découvert les rivages assez tard. Pendant son master de géologie et de minéralogie à l’université Claude Bernard à Lyon, elle suit un cours sur les écosystèmes marins dirigé par Michel Roux. C’est sous son influence qu’elle commence à s’intéresser aux crinoïdes pédonculés. Elle obtient son doctorat en 1989. Elle est recrutée en tant que spécialiste des échinodermes en 1991 au Muséum. Elle est nommée cheffe de la station marine de Concarneau en 2013. Elle y exerce maintenant en tant que professeure.
Comprendre, transmettre et sauvegarder : ce sont les piliers du travail de Nadia Ameziane. Comprendre le développement des crinoïdes pédonculés, animaux aux allures de lys qui vivent dans les abysses. Elle s’intéresse plus particulièrement à la taxonomie, la phylogénie, la phylogéographie, les stratégies adaptatives et leurs mécanismes. Ses études couplent les approches morphologique, moléculaire, ontogénique et écologique (intégration des facteurs biotiques et abiotiques). Pour cela, elle a navigué sur tous les océans et plongé en sous-marin !
Un autre aspect de ses recherches concerne l’écorégionalisation de la faune benthique. Les zones chantiers privilégiées sont l’Indo-Ouest-Pacifique, l’Antarctique et l’Atlantique Nord.
Transmettre son émerveillement pour le monde sous-marin à travers la Station marine de Concarneau, site qu’elle a dirigé pendant plus de dix ans, c’est pour elle une mission essentielle afin d’inciter les visiteurs à « prendre soin de ces écosystèmes dont nous faisons partie« . Elle a été ainsi la première femme cheffe d’une station de marine. Sous son impulsion, la station s’est ouverte à des domaines comme l’étude des oiseaux marins, des larves de poissons, la biologie de la conservation, l’impact de l’éolien, les sciences participatives autour des planctons et des laisses de mer. Sauvegarder, c’est aussi accompagner les pêcheurs lors de phénomènes inattendus, comme la présence accrue d’étoiles de mer dans les casiers : « Jusqu’à présent, on les éliminait alors qu’elles possèdent des molécules capables de stimuler la croissance des plantes; L’idée était de montrer que les déchets des uns peuvent devenir les ressources des autres, favoriser un système circulaire, et ainsi préserver la diversité de la faune et de la flore« .
Préserver la mer c’est aussi préserver l’humanité.



Liste des publications de Nadia Améziane
ISYEB, L’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité
Vidéo. Planète conférences – Biodiversité marine et biomimétisme
Université Bretagne Sud, Youtube, 15 janvier 2026, 1 14′ 10
Temps fort, Eau, Mer, Océan. « LE DESIGN, INSPIRÉ DE LA BIODIVERSITÉ MARINE, COMME OUTIL DE TRANSITION »
Nadia Améziane, Biologiste marine, taxonomiste, professeure. Première femme à avoir dirigé la Station marine du Muséum d’Histoire naturelle de Concarneau
MATERIA INCOGNITA, avril 2025
Vidéo. Workshop : l’eau – Paris Design Week
Maison&Objet, Youtube, 25 octobre 2024, 42’36
Nadia Améziane : « être une femme n’a jamais été un frein »
Marion Durand
Océans connectés, 28 juin 2024
Vidéo. De l’assiette à la pharmacologie : un océan de ressources
ArmorScience-Conférences, Youtube, 16 janvier 2024, 31’18
« La recherche me manquait », confie l’ancienne cheffe de la Station marine de Concarneau
Guirec Flécher
Le Télégramme, 6 janvier 2024
Audio. Comment le public peut-il participer à la connaissance et à la protection de l’océan ? | Pour que nature vive
Avec Nadia Améziane, cheffe de la station de Biologie marine de Concarneau et professeure au Muséum national d’Histoire naturelle
Muséum national d’Histoire naturelle, 2 novembre 2023, 12′
PORTRAIT. Nadia Améziane, cheffe passionnée de la station marine de Concarneau
Jean-Marie Cunin
Ouest France, 8 juin 2023 (Abonné.e.s)
Vidéo. Collaboration entre Big Bang Project et la Station marine de Concarneau sur le biomimétisme marin
Campus mondial de la mer, Youtube, 29 juin 2023, 3’58
Audio. [PODCAST] Biodiversité en danger
Le Labo des savoirs, Youtube, 23 juin 2023, 58’55
Vidéo. Changement global : quelles conséquences pour la biodiversité marine ?
Muséum Nantes, Youtube, 1er juin 2023, 2’03
Audio. Nadia Améziane. Gens de mer #3
Saison 1, Ep. 3
le chasse marée, 23 janvier 2023, 19’02
Vidéo. Jean-Denis Vigne et Nadia Améziane – La Terre, le vivant, les humains…
librairie Mollat, Youtube, 14 octobre 2022, 55′
Vidéo. Biodiversité marine et bioinspiration / Nadia Améziane
UVED, Youtube, 5 mai 2022, 1 00′ 09
Vidéo. Forum Ocean (3 mars), Session 2: Table ronde 4, la bioinspiration marine
Institut de l’Océan Alliance Sorbonne Université, Youtube, 20 mars 2022, 1 04′ 16
Vidéo. L’Océan, la planète et nous, by NewCorp Conseil Biomim’expo pour OneOceanSummit
Biomim’expo TV, Youtube, 11 février 2022, 1 27′ 22
Vidéo. Océan, science et société : de la connaissance à l’engagement citoyen
Océanopolis, Youtube, 9 février 2022, 2 00′ 55
Les récifs coralliens avec Sandrine JOB, biologiste marin – CORTEX, Nouvelle-Calédonie ; Les mangroves avec Ebénézer HOUNDJINOU, coordonnateur – ONG CoRDE, Bénin ; L’arctique avec Nadia AMEZIANE, Professeure – MNHN, France
La zone côtière avec Frédérique CHLOUS-DUCHARME, Directrice de département – MNHN, France
Vidéo. Congrès Sciences Aquatiques SPM 2021 Session 4
Archipel Développement, Youtube, 22 octobre 2021, 5 08′ 45
28:00 Nadia Ameziane – Aquaculture
Vidéo. Congrès Sciences Aquatiques SPM 2021 Session 3
Archipel Développement, Youtube, 22 octobre 2021, 3 23′ 44
2:32:54 Nadia Ameziane – Sciences participatives & Éducation
Vidéo. La bio-inspiration marine : quelques exemples
UVED, Youtube, 4 octobre 2021, 7′ 43
Vidéo. Aires éducatives (marines et terrestres) : retours d’expérience / Nadia Améziane et Nathalie Delliou
UVED, Youtube, 4 octobre 2021, 55’20
Vidéo. Les Aires marines éducatives
UVED, Youtube, 4 octobre 2021, 55’20
Vidéo. EP5 – Nadia Améziane au marinarium de Concarneau
Sailing Hirondelle, Youtube, 1er octobre 2021, 22’52
Une expédition en Antarctique à la découverte d’une biodiversité unique
Nadia Améziane, systématique des échinodermes, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) ; Marc Eléaume, Maître de Conférence du Muséum national d’Histoire naturelle, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)
The Conversation, 10 mai 2021
PORTRAIT. À la pointe de la biodiversité, Nadia Améziane dirige la Station marine de Concarneau
Catherine Gentric
Ouest France, 27 décembre 2020 (Abonné.e.s)
Vidéo. Introduction au biomimétisme « Quand le vivant nous inspire”
Le Temps des Sciences, Youtube, 21 octobre 2020, 1 03′ 14
Vidéo. Nadia Ameziane, directrice de la station de biologie de Concarneau en Finistère
Tout commence en Finistère, Youtube, 6 août 2019, 3’16
« Sans créativité, le monde va dans le mur. »
Propos recueillis par Alice Vettoretti
espace des sciences, 1er février 2018, n° 359
Vidéo. L’océan Austral : hotspot de biodiversité marine ? – Conférence de Nadia Améziane
Océanopolis, Youtube, 4 octobre 2016, 53’43
Vidéo. La faune antarctique est en train de changer (les fonds marins et leurs écosystèmes)
Nadia Améziane-Cominardi
Canal-U, MNHN., 1er janvier 2015, 3’19
Vidéo. Antarctique, une explosion de vie – La faune benthique antarctique
MkF editions, Youtube, 17 avril 2013, 1’40
Vidéo. Antarctique, une explosion de vie – Les échinodermes
MkF editions, Youtube, 17 avril 2013, 1’38
L’anthropologie biologique : vive la diversité
Les collections d’anthropologie biologique du Muséum sont parmi les plus importantes au monde par leur diversité, et constituent un matériel unique pour des recherches comparatives. Avec environ 30 000 pièces et lots, ces collections sont célèbres pour leurs grands fossiles originaux du paléolithique européen, dont les Hommes de Cro-Magnon et de nombreux néandertaliens, mais aussi pour leurs moulages phrénologiques et ethnologiques ou encore leurs momies. Tous ces restes humains sont conservés dans une éthique respectueuse.
Les équipes de conservation travaillent sans relâche pour assurer le maintien de ces collections dans des conditions idéales : il faut dépoussiérer et conditionner au mieux les spécimens en réserve, mais aussi s’assurer de la sécurité des pièces exposées au public dans les galeries du Musée de l’Homme.


Généticienne. Le théâtre écologique des gènes. Les recherches d’Evelyne Heyer

Evelyne Heyer soutient sa thèse en 1991, dont le sujet est l’étude des données généalogiques et génétiques des populations du Haut-Jura. Afin d’approfondir ses recherches, elle rejoint l’université de Montréal. Elle obtient un poste à l’université du Québec. Après dix ans passés au Canada, elle revient en France et intègre le CNRS. Elle devient professeure à l’université Paris-Cité puis au Muséum. Directrice du laboratoire d’éco-anthropologie et ethnobiologie associé au CNRS et responsable du département Génétique des populations humaines, elle fut également conseillère scientifique du film Les Premiers européens. Elle produit la série « L’Odyssée des humains » dans « Le Fil sciences » sur France Culture. Depuis 2019, elle est membre du conseil scientifique de la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).
Les travaux d’Evelyne Heyer portent sur l’évolution génétique de notre espèce et sa diversité autour de trois axes : retracer l’histoire des populations, évaluer l’importance de la sélection naturelle dans notre évolution, et comprendre les interactions entre évolution biologique et culture. Du Haut Jura à l’Asie centrale, de la Sibérie à l’Afrique centrale, elle cherche sans relâche à comprendre les liens entre langage, mode de vie et données génétiques. Quand en 2011, elle commence son enquête sur les populations dites « pygmées » en Afrique centrale parallèlement à son étude sur la Sibérie, elle se trouve confrontée à des données génétiques très grossières. Mais le séquençage du génome humain lui permet de reconstituer l’histoire totalement inconnue des populations pygmées.
La langue, la religion ou l’alimentation marquent plus ou moins fortement l’appartenance à un groupe ethnique. Evelyne Heyer tente de mettre en évidence les corrélations entre ces distances culturelles et leur expression génétique.
En 2005 elle devient professeur au Muséum nationale d’Histoire Naturelle et s’implique fortement dans le projet de rénovation du Musée de l’Homme, dont elle est le commissaire scientifique général. La chercheuse passe plus de dix ans à refondre le parcours de visite et la muséographie du musée, site du Muséum, ce qui lui permet d’affiner son travail autour du racisme et de battre en brèche les visions essentialistes issues du 19ème siècle qui liaient la couleur de peau à des critères comportementaux ou psychologiques : « En réalité, il y a quasiment aussi peu de différences génétiques entre un Breton et un Papou de Nouvelle Guinée qu’entre deux Bretons ! ». Le Musée de l’Homme rénové a ouvert ses portes en octobre 2015. Elle est commissaire scientifique de la première grande exposition temporaire du nouveau Musée de l’Homme : « Nous et les Autres – des préjugés au racisme ».


Évelyne Heyer
Wikipédia
Liste des publications d’Evelyne Heyer
Éco-anthropologie (EA)
Audio. La disparition de Néandertal : un cold case préhistorique
Le Fil sciences, France Culture, 25 mars 2026, 3′
Audio. Grands ou petits, d’où cela vient-il ?
Le Fil sciences, France Culture, 18 mars 2026, 3′
Audio. Préhistoire : les premiers médecins existaient-ils ?
Le Fil sciences, France Culture, 11 mars 2026, 3′
Audio. Femmes préhistoriques : le vrai mammouth, ce sont nos préjugés
Le Fil sciences, France Culture, 4 mars 2026, 3′
Audio. Les grands-mères, ces « superhéroïnes » de l’évolution
Le Fil sciences, France Culture, 25 février 2026, 3′
Audio. Homo sapiens, ce que manger dit de nous (5 épisodes de 3′)
Le Fil sciences, France Culture, 2025-2026
De la Préhistoire à nos jours, Évelyne Heyer, biologiste et anthropologue génétique, explore l’évolution de l’alimentation humaine : omnivorie, agriculture, domestication et adaptations génétiques (lait, amidon, alcool), jusqu’au cannibalisme.
Audio. Série : Retour vers la Préhistoire. Épisode 1/8. Avec Lucy, aux origines de l’humanité
L’Expérience, France Culture, 30 septembre 2025, 15′
Audio. Série : Retour vers la Préhistoire. Épisode 3/8. Néandertal, le cousin européen
L’Expérience, France Culture, 30 septembre 2025, 15′
Audio. Série : Retour vers la Préhistoire. Épisode 7/8. Les espèces fantômes, écho du passé invisible
L’Expérience, France Culture, 30 septembre 2025, 15′
Audio. Série : Retour vers la Préhistoire. Épisode 8/8. Homo sapiens, l’unique survivant
L’Expérience, France Culture, 30 septembre 2025, 15′
La vie secrète des gènes
Evelyne Heyer, avec la collaboration de Xavier Müller. Illustrations : Alice Mazel
Flammarion, Champs – Champs sciences, octobre 2024, 256 p.
Gènes, culture et évolution : nouvel éclairage sur l’aventure humaine
Matthieu Stricot
CNRS, Le Journal, 9 janvier 2023
Audio. L’odyssée des gènes | Pour que nature vive
Avec Evelyne Heyer, , biologiste et professeure au Muséum national d’Histoire naturelle
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 25 octobre 2022, 23’44
L’Odyssée des gènes
Evelyne Heyer, avec la collaboration de Xavier Müller
Flammarion, Champs – Champs sciences, octobre 2022, 384 p.
Vidéo. L’Homo sapiens – Évelyne Heyer – Portrait d’espèce
Cité anthropocène, Youtube, 16 février 2022, 50’16
Vidéo. Agitez vos neurones ! | Les études ADN récréatives
Musée de l’Homme, Youtube, 4 octobre 2021, 1 40′ 05
Audio. Evelyne Heyer : les gènes, une machine à remonter le temps
La Grande table Idées, France Culture, 13 octobre 2020, 32′
« On vient vraiment tous d’Afrique ? » Des préjugés au racisme : les réponses à vos questions
Evelyne Heyer, Carole Reynaud-Paligot
Flammarion, Champs – Champs actuel, février 2019
Vidéo. Des races et des Hommes : le point de vue de la génétique
Musée de l’Homme, Youtube, 23 mai 2017, 57’52
Vous avez dit racisme ?
Evelyne Heyer, Professeur en anthropologie génétique, Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) ; Carole Reynaud-Paligot, Historienne, Paris 1, Maison des Sciences de l’Homme-Paris-Nord, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
The Conversation, 30 mars 2017
Vidéo. Races : pour en finir avec les fantasmes racistes !
Musée de l’Homme, Youtube, 25 juillet 2016, 1 11′ 47
Vidéo. Diversité génétique et diversité culturelle
Musée de l’Homme, Youtube, 25 juillet 2016, 56’33
Vidéo. L’émergence de notre espèce, la rencontre avec Néandertal (1/3)
Musée de l’Homme, Youtube, 22 juillet 2016, 1 11′ 24
Vidéo. Le peuplement de la planète et la diversité de notre espèce (2/3)
Musée de l’Homme, Youtube, 22 juillet 2016, 55′ 49
Primatologue : des gorilles si humains. La passion d’enfant de Shelly Masi

« Tombée amoureuse » des gorilles des montagnes à l’âge de huit ans après avoir visionné un documentaire, elle débute, à la fin de ses études secondaires, un cycle de biologie et d’écologie de biologie et d’écologie animale à la Sapienza, l’université de Rome. Elle part d’Italie pour se rendre en République centrafricaine après qu’un professeur ait évoqué une de ses étudiantes travaillant sur les gorilles des plaines de l’Ouest. Elle démarre une thèse entre la Sapienza et le Max Planck Institute à Leipzig, soutenue en 2007. Revenue en Allemagne, elle répond à un appel de Sabina Krief, primatologue spécialiste des chimpanzés. Elle obtient de cette façon un postdoctorat à Paris durant lequel elle compare les modes de vie des grilles avec celui des chimpanzés sauvages. Shelly Masi est maître de conférences dans l’unité d’éco-anthropologie du Muséum.
Elle est accueillie en République centrafricaine par la charge d’un grand mâle « dos argenté » : « Les dos argentés ce sont les boss, il faut les respecter car ils nous attaquent pour protéger leurs familles ». De moins téméraires auraient rebroussé chemin ! Pour elle c’est le début d’une merveilleuse aventure. La population locale des Aka lui apprend à suivre les gorilles afin de les habituer peu à peu à sa présence.
Ses recherches se tournent alors vers la saisonnalité de leur régime alimentaire, entre frugivore et herbivore. Puis elle s’intéresse au rôle des femelles dans la hiérarchie et la coordination du groupe. Enfin son travail porte aussi sur la transmission sociale ou génétique des comportements entre les générations.
Conscience de la mort, outils, langage, Shelly Masi glisse peu à peu vers l’étude de l’inné et de l’acquis. Comme chez l’humain, le partage entre nature et culture reste une éternelle question…


Shelly Masi
Wikipédia
Liste de publications de Shelly Masi
Éco-anthropologie (EA)
Liste de publications de Shelly Masi
Google Scholar
Bienvenue à Dzanga-Sangha
Suivre les gorilles de Centrafrique
Muséum national d’Histoire naturelle
Audio. Série : Elles font la science. Shelly Masi, la “queen kong”
La Science, CQFD, France Culture, 3 février 2026 (Première diffusion le 25 juin 2025), 58′
Audio. Série : Écologie : des voix internationales pour la planète. Shelly Masi : une primatologue au cœur de la jungle
De cause à effets, le magazine de l’environnement, France Culture, 16 décembre 2025, 58′
Audio. Grande invitée : Shelly Masi primatologue et autrice de Queen Kong sur les gorilles de lʹOuest
RTS, 31 octobre 2025, 32′
Audio. Comment les gorilles de l’Ouest votent et pourquoi les femelles prennent le pouvoir ? Avec Shelly Masi
Le temps d’un bivouac, France Inter, 17 juillet 2025, 54′
Shelly Masi, primatologue : « Dans la jungle, on avance comme une danseuse »
Claire Chartier
Le Pélerin, 18 juin 2025
Audio. La primatologue Shelly Masi raconte sa vie parmi les gorilles, une « société démocratique »
Le monde d’Élodie, France Info, 15 mai 2025, 20′
Audio. Série : Le carnaval des animaux. Épisode 7/8. Queen Kong, la loi de la jungle au féminin
La Terre au carré : intervenez ! France Inter, 13 mai 2025, 32′
Queen Kong
Shelly Masi
Albin Michel, mai 2025, 288 p.
Les gorilles de l’Ouest se concertent avant un déplacement
Entretien avec Shelly Masi, primatologue au Muséum
Muséum national d’Histoire naturelle, 7 novembre 2024
Audio. Koko le gorille qui parle : ce que les singes ont à nous dire
Sciences chrono, France Culture, 9 septembre 2023, 29′
Vidéo. Colloque 1SV – Les Données – Shelly Masi & Marylène Patou Mathis
Quelle histoire naturelle de la violence ? Apports de la primatologie et de la préhistoire
Laboratoire Droit et Changement Social, Youtube, 12 mai 2023, 25′
Vidéo. Colloque 1SV – Discussion : Les données
Laboratoire Droit et Changement Social, Youtube, 12 mai 2023, 31’38
Audio. Qui sont vraiment les gorilles ?
Caroline Lachowsky
RFI, 31 octobre 2022, 48’30
Vidéo. 6e Tribune du Muséum : Histoire naturelle de la violence
Florence Aubenas, grand reporter au journal Le Monde ; Laurent Bègue-Shankland, spécialiste de psychologie sociale, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme, Université Grenoble Alpes ; Charles-Édouard de Suremain, anthropologue au Muséum national d’Histoire naturelle ; Shelly Masi, primatologue au Muséum national d’Histoire naturelle ; Pierre-Antoine Gillard, hang drum
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 16 décembre 2021, 2 05′ 39
Vidéo. Sur les traces de nos cousins les gorilles de l’Ouest
Centre Sciences, Youtube, 15 décembre 2020, 1 26′ 32
A gorilla shot and killed before my eyes: a primatologist’s plea to save great apes
Shelly Masi, Primatologue, Maitre de Conférence du Muséum National d’Histoire naturelle au Musée de l’Homme et Vice-President de la Société Francophone de Primatologie (SFDP), Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)
The Conversation, 31 janvier 2017
Vidéo. Shelly Masi, primatologue | Les acteurs du musée-laboratoire
Musée de l’Homme, Youtube, 25 juillet 2016, 1’52
Seule, face au très agressif gorille des plaines
Véronique Radier
L’Obs, 22 mars 2015
Shelly Masi, la femme qui épie les gorilles
Philippe Richard
Ouest France, 12 février 2015
Le laboratoire de génétique moléculaire : expertiser la diversité génétique
Ce laboratoire a pour mission de répondre aux demandes des chercheurs qui souhaitent analyser la diversité génétique et génomique des primates, qu’ils soient ou non humains.
C’est là que les prélèvements de crottes de gorilles réalisés par Shelley Masi sont analysés lorsqu’elle revient de République Centrafricaine. Ces analyses génétiques lui permettent par exemple de comprendre les relations de parenté entre individus de divers groupes et les distances de dispersion de chacun.

Géologue : des profondeurs de la Terre à la surface de Mars. Pour Violaine Sautter, les roches ont un langage

C’est le géographe Jean Malaurie qui oriente Violaine Sautter vers la géologie. Après des études à Paris-VI, elle commence une thèse au Muséum national d’Histoire naturelle dont l’approche scientifique est « large et décloisonnée ». Dans un premier temps, elle se spécialise dans les roches profondes métamorphiques. Puis elle effectue un post doctorat à l’université d’Edimbourg dans un laboratoire de pétrologie expérimentale. Cinq ans après avoir intégré le laboratoire de géodynamique interne à Orsay, en tant que chercheuse du CNRS, elle obtient la médaille de bronze pour avoir étudié les minéraux des grandes profondeurs du manteau terrestre et leur vitesse de remontée en surface. Ensuite, Violaine Sautter se tourne vers les étoiles et se lance dans l’étude des météorites martiennes, jusqu’à être choisie pour faire partie de l’équipe internationale de la mission Curiosity. Violaine Sautter est directrice de recherche au CNRS, membre de l’institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie du Muséum.
Pour Violaine Sautter, les roches ont un langage. « Les atomes sont les lettres de l’alphabet, les minéraux, les verbes et la roche, la phrase. Et ce que les pierres racontent, c’est l’histoire des mouvements des continents et de la vie de la Terre qui se structure en permanence« .
Tout d’abord Violaine Sautter a étudié les roches métamorphiques qui racontent des histoires de bouleversements sous l’effet de grands mouvements tectoniques, puis d’une lente érosion.
Après avoir étudié les minéraux des grandes profondeurs du manteau terrestre et leur vitesse de remontée en surface, Violaine Sautter s’est intéressée aux météorites martiennes, dont elle est aujourd’hui l’une des meilleures spécialistes reconnue sur le plan international. Le niveau d’expertise que la scientifique a acquis dans ce domaine l’a conduite à participer à la mission d’exploration Mars Science Laboratory, supervisée par la Nasa. Elle travaille en effet sur le laser français ChemCam du robot Curiosity, qui permet une analyse chimique à distance des roches et des sols. En traitant les données envoyées vers la Terre par ce robot qui arpente la surface de Mars depuis près de quatre ans, Violaine Sautter a notamment mis en évidence les traces d’une croûte continentale très ancienne. Sa patiente observation la mène à reconnaître des granits parmi ces échantillons. « C’était la preuve qu’il y avait eu des continents sur Mars, alors que jusqu’alors, les sondes qui survolaient la planète n’avaient détecté que du basalte noir, ce qui donnait à penser qu’il n’y avait eu que des croûtes de type océanique sur Mars ».
Une découverte pour laquelle elle obtient la médaille d’argent du CNRS.

Violaine Sautter
Wikipédia
Liste de publications de Violaine Sautter
IdRef, Identifiants et référentiels pour l’enseignement supérieur et la recherche
Liste de publications de Violaine Sautter
Google Scholar
Vidéo. Violaine Sautter – Quatre années de déambulations martiennes à bord du robot Curiosity
Science Action Normandie – L’Atrium, Youtube, 17 octobre 2025, 1 58′ 06
Vidéo. MiniConf 36 – Violaine Sautter – Delos et ses pierres
Société Géologique de France, Youtube, 24 janvier 2025, 35’03
Vidéo. Déambulations du cœur de la Terre à la surface de Mars
Conférence – Violaine Sautter – 17/01/2023
Beaux-Arts de Marseille, Youtube, 8 mars 2024, 1 02′ 13
Audio. Voyages au centre de la Terre : quoi de neuf depuis Jules Verne ?
La Terre au carré : intervenez ! France Inter, 12 octobre 2023, 54′
Vidéo. L’origine des pierres précieuses | Le grenat
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 22 juillet 2021, 2’56
Audio. La journée particulière de Violaine Sautter, géologue terrestre et extraterrestre
Une journée particulière, France Inter, 28 février 2021, 53′
Audio. Violaine Sautter, géologue : « La planète Mars, ce sont les archives perdues de la Terre »
Une journée particulière, France Inter, 9 février 2020, 54′
Odyssée martienne : mode d’emploi
Violaine Sautter, chercheuse en géologie planétaire
1 hebdo, 18 décembre 2019, n° 277 (Abonné.e.s)
Vidéo. De la vie sur Mars il y a 4 milliards d’années ? Conférence
La Vigie de l’eau, Youtube, 1er août 2018, 32’31
Vidéo. Mars les archives perdues de la Terre | Violaine Sautter | TEDxBelfort
TEDx Talks, Youtube, 7 décembre 2017, 14’15
Audio. Violaine Sautter et Laurent Aussel
La planète des sciences, France Inter, 26 février 2017, 55′
Vidéo. Curiosity a la recherche du passé de la terre
Festival d’Astronomie de Fleurance, Youtube, 8 février 2017, 1 13′ 11
Vidéo. Trois années de déambulations martiennes à bord du robot Curiosity
Conférence de Violaine Sautter organisée par le Bureau des Longitudes en partenariat avec le Département des Géosciences
Savoirs ENS, 2 mars 2016, 56’14
Vidéo. Mars : Les archives de la terre
Exposé de Violaine Sautter, dans le cadre des « Ernest », cycle de conférences à l’Ecole normale supérieure
Savoirs ENS, 29 avril 2014, 16’11
Audio. Violaine Sautter : une chercheuse dans le secret des roches
La Marche des sciences, France Culture, 7 novembre 2013, 56′
Diamants. Au cœur de la Terre, au cœur des Étoiles, au cœur du Pouvoir
Hubert Bari et Violaine Sautter (Sous la dir. de)
Adam Biro, mai 2001, 351 p.
Les collections de roches : documenter l’histoire de la Terre et du système solaire
Depuis les origines du Muséum en 1626, les collections de roches et de minéraux ne cessent de s’enrichir grâce à l’apport des minéraux historiques, des grandes expéditions scientifiques des 18ème et 19ème siècles, des joyaux de la couronne de France, des météorites, des roches magmatiques, des lames minces, et plus récemment des carottes océaniques : récoltées lors de campagnes océanographiques, elles sont des archives naturelles de l’histoire de la Terre. La collection de roches volcaniques comprend, entre autres, les témoignages de l’éruption de 1902 de la Montagne Pelée en Martinique.
Cette collection globale « Terre et Univers », riche d’environ un million de spécimens, est un précieux support pour la recherche scientifique.


Vidéo. Savanturières – la série
Muséum national d’Histoire naturelle, Youtube, 11 février 2026, 1’44
Sur le site humanitelles
Les Aventurières : plongeon dans « Les Grands Dossiers » de l’été de la revue « Sciences humaines »
humanitelles, août 2024
Laisser un commentaire